DU MARÉCHAL DE BERWICK
Il naquit le 21 d'août 1670 ; il étoitfils de Jacques, duc
1. La première édition de cette ébauche a clé publiés en 1778 dans les Mémoires du Maréchal de Berwick, avec la note suivante :
« Lorsque le maréchal de Berwick alla à Bordeaux en 171C pour commander en Guienne, il y connut Montesquieu. Quoique ce célèbre écrivain n'eut alors que vingt sept ans, et qu'il n'eut encore donné aucun de ses ouvrages, le maréchal sût discerner Montesquieu des autres hommes, et se lia avec lui d'une amitié solide qu'il conserva jusqu'à la mort. Sa famille hérita de ses sentiments pour le président. Pressée par ses amis de donner au public les mémoires du Maréchal, elle les communiqua à Montesquieu pour avoir son avis. Il pensa, après les avoir lus, qu'il falloit les donner tels qu'ils étoient, sans y rien changer, et tels qu'on les donne aujourd'hui (1778) ; il agréa môme de se charger de l'édition ; mais malheureusement la mort l'enleva avant que d'avoir rien exécuté. M. de Secondât, ayant trouvé parmi les papiers de son illustre père une esquisse d'éloge historique du maréchal de Berwick, a eu l'honnùteté de la remettre à la famille. Ce n'est que le projetd'un discours, un pur brouillon raturé, parsemé de blancs qu'il comptoit remplir. On le reconnoitra cependant pour la production de l'esprit et du cœur de Montesquieu, n (Avertissement des Mémoires du Maréchal de Berwick, 1778.)
Ce brouillon existe; il est dans le cabinet de M. Boution à Paris. M. Vian a relevé les variantes du manuscrit et du texte imprimé, et a eu la bonté do les mettre à ma diHjJOsition; je donne en note les plus intéressantes.
(l'York*, depuis roi d'Angleterre, et de la demoiselle Arabella Churchill ; et telle fut l'étoile de cette maison de Churchill, qu'il en sortit deux hommes dont l'un, dans le même temps, fut destiné à ébranler -, et l'autre à soutenir les deux plus grandes monarchies de l'Europe.
Dès l'âge de sept ans il fut envoyé en France pour y faire ses études et ses exercices ^ Le duc d'York étant parvenu à la couronne le 6 février 1685, il l'envoya 1 année suivante* en Hongrie; il se trouva au siège de Bude.
Il alla passer l'hiver en Angleterre, et le roi le créa duc de Berwick. Il retourna au printemps en Hongrie, où l'empereur lui donna une commission de colonel pour commander le régiment de cuirassiers de Taaff. Il fit la campagne de 1687, où le duc de Lorraine remporta la victoire de Mohatz, et à son retour à Vienne, l'empereur le fit sergent général de bataille ' .
Ainsi c'est sous le grand duc de Lorraine que le duc de Berwick commença à se former; et, depuis, sa vie fut en quelque façon toute militaire.
Il revint en Angleterre, et le roi lui donna le gouvernement de Portsmouth et de la province de Southampton. Il avoit déjà un régiment d'infanterie : on lui donna encore le régiment des gardes à cheval du comte d'Oxford. Ainsi ^ à l'âge de dix-sept ans il se trouva dans cette situation si flatteuse pour un homme qui a l'âme élevée, de voir le che-
1. VAR. Il naquit le 21 d'août 1G70, il étoit fils du duc d'York, etc.