‹ Œuvres complètes;Chapitre 7 sur 312 · Omnia transformat sese in miracula rcrum · texte numérisé non relu

Omnia transformat sese in miracula rcrum

Ijînemqup, horribilcmquo foram, fluviumquc liqucntum

ViRC. Georrj., IV, v. 441-4i'2.

i. Sod quanto ille ma^is formas se vertct in omncs, Tanto, natc, magis contendc tcnacia vincla.

ViRC, Georg., IV, v. 411-lli

s'être cachée pendant tant d'années, elle se montra tout à coup dans le siècle passé ; moment bien favorable pour les savants d'alors, qui virent ce que personne avant eux n'avoit vu. On fit dans ce siècle tant de découvertes, qu'on peut le regarder non-seulement comme le plus florissant, mais encore comme le premier âge de la philosophie, qui, dans les siècles précédents, n'étoit pas même dans son enfance : c'est alors qu'on mit au jour ces systèmes, qu'on développa ces principes, qu'on découvrit ces méthodes si fécondes et si générales. Nous ne travaillons plus que d'après ces grands philosophes ; il semble que les découvertes d'à présent ne soient qu'un hommage que nous leur rendons, et un humble aveu que nous tenons tout d'eux : nous sommes presque réduits à pleurer, comme Alexandre, de ce que nos pères ont tout fait, et n'ont rien laissé à notre gloire.

C'est ainsi que ceux qui découvrirent un nouveau monde dans le siècle passé, s'emparèrent des mines et des richesses qui y étoient conservées depuis si longtemps, et ne laissèrent à leurs successeurs que des forêts à découvnr, et des sauvages à reconnoître.

Cependant, messieurs, ne perdons point courage : que savons-nous ce qui nous est réservé? peut-être y a-t-il encore mille secrets cachés : quand les géographes sont parvenus au terme de leurs connoissances, ils placent dans leurs cartes des mers immenses et des climats sauvages ; mais peut-être que dans ces mers et dans ces climats il y a encore plus de richesses que nous n'en avons.

Qu'on se défasse surtout de ce préjugé, que la province n'est point en état de perfectionner les sciences, et que ce n'est que dans les capitales que les académies peuvent fleurir. Ce n'est pas du moins l'idée que nous en

ont donnée les poètes, qui semblent n'avoir placé les muses dans les lieux écartés et le silence des bois, que pour nous faire sentir que ces divinités tranquilles se plaisent rarement dans le bruit et le tumulte de la capitale d'un grand empire.

Ces grands hommes dont on veut nous empêcher de suivre les traces ont-ils d'autres yeux que nous * ? ont-ils d'autres terres à considérer ^ ? sont-ils dans des contrées plus heureuses ' ? ont-ils une lumière particulière pour les éclairer * ? la mer auroit-elle moins d'abîmes pour eux^? la nature enfin est-elle leur mère ou notre marâtre pour se dérober plutôt à nos recherches qu'aux leurs? Nous avons été souvent lassés par les difficultés'''; mais ce sont les difficultés mêmes qui doivent nous encourager. Nous devons être animés par l'exemple du protecteur qui préside ici''; nous en aurons bientôt un plus grand à suivre ; notre jeune monarque * favorise les muses, et elles auront soin de sa gloire.

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