EN MIL SEPT CENT VINGT-HUIT
Adieu, Gênes détestable, Adieu, séjour de Plutus.
1. Cette pièce avoit été donnée par M. de Montesquieu à un do ses amis, à condition de no la point faire voir, disant que c'ctoit une plaisanterie
Si le Ciel m'est favorable, Je ne vous reverrai plus.
Adieu, bourgeois, et noblesse^ Qui n'a pour toutes vertus Qu'une inutile richesse :
Je ne vous reverrai plus.
Adieu, superbes palais.
Où l'ennui, par préférence, A choisi sa résidence ; Je vous quitte pour jamais \
Là le magistrat querelle Et veut chasser les amants.
Et se plaint que sa chandelle Brûle depuis trop longtemps.
Le vieux noble, quel délice !
Voit son page à demi nud, Et jouit d'une avarice Qui lui fait montrer le cul.
faite dans un moment d'humeur; d'autant qu'il ne s'étoit jamais piqué d'être poëtc. Il la fit, étant embarqué pour partir de Gênes, où il disoit s'être beaucoup ennuyé, parce qu'il n'y avoit formé aucune liaison, ni trouvé aucun de ces empressements qu'on lui avoit marqués partout ailleurs en Italie. Il faut que les Génois se soient bien civilisés depuis, et aient beaucoup changé de méthode dans l'accueil qu'ils font aux étrangers; ou bien l'ennui fit que l'auteur voulut se divertir par cette petite satire, qui ne sauroit être prise pour une chose sérieuse ni comme un jugement de ce voyageur éclairé. {Lettres familières, Édition de Paris, 1767.)
Sur le passage de Montesquieu à Gênes, voyez la lettre à M""* X, dans la correspondance, lettre XII.