PREIUÈRE PARTIE. NOTICE II
poos. disent qiie rîDduslriqux n'est pas libre, puisqu'il ne traYaille que par crainte de la famine et du gibet , et qu'il se soulève du moment où l'autorité paraît faiblir. Il fallait donc Y pour se rallier à la térilés confesser que la Civilisation n'est pas compatible avec la liberté des industrieux, pas même avec la moindre des trois libertés (155) , et qu'elle place le peuple à l'antipode des droits de souveraineté , dont on lui fait ironiquement la concession.
80. Se rallier à la nature : on nous montre la nature dans l'homme sauvage qui jouit déjà du deuxième degré de liberté (composée divergente) , et de l'exercice des droits naturels en industrie : nous ne pouvons donc nous rallier à la nature que par l'invention d'un mécanisme social qui garantisse à nos industrieux l'équivalent de ces droits, et une dose de liberté au moins égale à celle du Sauvage. On voit que ces conséquences nous conduisent par mille voies différentes à la même conclusion : inventer un régime d'industrie attrayante, un mécanisme opposé à la méthode familiale ou anti-sociétaire, dite Civilisation.
Au surplus, que d'équivoques sur cette idée de ralliement à la nature ! Je pourrais déjà définir neuf natures différentes, par analogie aux neuf périodes du tableau 33 ; puis des natures mixtes, et aussi différentes des neuf autres, que les mœurs des Otabitiens, période 1 1^2, différaient de celles desÉdéniens ou nature de l^^*. échelon, et de celles des Anthropophages ou nature de 2®. échelon, vantée par les orateurs sous le nom de simple nature. Je n'ai garde d'engager le lecteur dans ces définitions fastidieuses de toutes les natures : continuons sur notre sujet.
90. Ne pas prendre les préjugés pour des principes; c'est le tort des Philosophes Obscurants (122), qui nient
184 PHOLécôMÈNES.
rexistence de moyens inconnus, la possibilité de décou^ Trir des mécanismes sociaux autres que la Civilisation, et la nécessité de les inventer si Ton veut procurer à l'homme cette liberté inadmissible dans l'état civilisé 157, où les riches mêmes en sont privés, à plus forte raison les pauvres.
iOo, Observer les choses qu'on veut connaître , et non pas les imaginer. Au mépris de ce principe , ils n'ont ni observé, ni classé les trois modes de liberté 154 et les droits naturels au travail (164). Us ont imaginé en compensation une liberté dérisoire , un droit de souveraineté accordé à gens qui n'ont ni pain , ni vêtements : risum teneatis,
H^. Ne pas prendre pour raisonnement F abus des mots. Peut-on en faire un abus plus indécent que de nous vanter les libertés des peuples, dans cette Civilisation qui, sous tous les régimes , sous les clubistes mêmes , s'étaye d'une milice terrifiée par les châtiments, et employée à museler le peuple affamé? On ne voit dans ce mécanisme qu'une contrainte composée, c'est-à-dire contrainte du soldat qui à son tour contraint le peuple.
Nos sophistes découvrent dans ce ricochet d'oppression une souveraineté du peuple. Après un tel abus de mots, n^est-on pas bien fondé à leur donner le surnom d^enfileurs de mots, bâtissant sur quelques verbiages des constitutions libérales dont les ressorts nominaux sont la h'berté , l'égalité , la fraternité , et dont les ressorts effectifs sont la contrainte , les sbires et les gibets ? Voilà sur ce qui touche à la liberté un phisant abus de mots pris pour des raisonnements.
12<>. Oublier ce qu'on a af pris et refaire F entendement humain. Je viens de prouver qu'on ne saurait mieux faire
PREMIÈRB PARtIE. MTICE II. i85
que d'oublier tout ce qui nous a été enseigné sur la liberté et les droits imaginaires de rhomme; qu'il faut enfin appliquer Tesprit humain à l'étude des droits réels , ou droits au travail ; et de la liberté réelle , ou composée convergente (156).
Au reste, j'invite Condillac , auteur de ce docte précepte , à le Taire goûter , s^tl se peut , aux Philosophes Obscurants , qui , en nous promettant les libertés et les perfectibilités , ne nous donnent que les sept fléaux lymbiques sous toutes les constitutions.
>< Y Croire que tout est lié dans le système de l'univers : quel lien peut-on voir, sous le rapport delà liberté, entre les parties de cet Univers où l'homme est le plus esclave de tous les êtres? tandis qu'on voit des sociétés pleinement libres, parmi les insectes comme parmi les astres « celles de l'homme, au contraire, ont si peu de liberté, que le peuple civilisé et barbare n'a pas la faculté de rétrograder et de reformer la horde sauvage qui est vœu de tous les salariés.
Sous le rapport des droits , quel lien , quel rapport peut-on voir entre l'homme et l'animal? Celui-ci bien vêtu, bien armé , a le droit de prendre sa subsistance où il la trouve; tandis que l'homme réduit à la famine', et voyant tous les biens étalés sous ses yeux , n'est pas même autorisé à réclamer le premier de ses droits , le droit au travail dont il obtiendrait une chétive subsistance ; et pourtant depuis 3000 ans il compose des théories sur la liberté.
X A Spéculer sur l'unité de système : spéculons donc sur un régime qui puisse opérer la fusion de nos quatre sociétés, leur assurer la liberté, et le droit au travail dont jouissent les Sauvages. Quelle unité péut-on voir
186 PftOLiGOH&KBa.
parmi le genre humain, tant qu'il farme quatre sociétés ineoDciCableSy-et dont la seule libre est en même temps la seule qui soit en of^osilion avec la destinëe, ou indus*trie agricole et manufacturière ?
J'ai achevé la revue des douze principes. Il m'a paru à propos de les reproduire et les appliquer à unproUéme très^renQiarqi^e,ence qu'il a occupé lescontroversistes de tous les siècles. On vient de voir, qu'en se ralliant à diaeun de ces douie préceptes, on serait entré dans les véritables routes de la liberté combinée avec l'industrie ; ctf tous militent pour la recherche d'une société industrielle autre que les trois actuellement existantes.
Conformément à la règle indiquée (note 148) , j'ai dû smdtiplier ici les redites et prouver, douze fois de suite , que la liberté et la: Civilisation sont inçofnpatibles; que les droits de> l'homme concédés par nos sophistes sont déri^res, tant qu'on ne nous assure, pas le principal , le droit' au travail, comprenapt (164) les quatre droits cardinaux encore méconnus après tant de siècles d'ergotisœe sur Jes.droits de l'homme (i).
])QitH>n y étonner, maintenant, que l'esprit humain soit en arrière de découvertes, quand on le voit négliger ft plaisir toutes tes règles qu'il s'est prescrites à luimftjne? S'ètonnera-t^on que, sur* la liberté comme sur tout ce qui touche au b<mhetir social , il soit resté dans une complète ignorance ?
(i) Je n'ignore pas qu'il est impossible d'admellre en Civilisation l'exercice de ces quatre droits ; mais on pouvait au moins les reconnaître, poser en 'principe la nécessite d'un équivalent consenti individuellement , et en conclure ^ la recherche dVne société autre que la Civilisation, qui ne peut nir accorder les droiu natoreU» ni Ibumir au pi«ivre un équivalent (i69).
PREMiiRB PAIITJS. NOTICE U. 187
Récapitulons brièvemeot sur celte digression : en Toici les conclusions à graver en lettres d'or.
Point de liberté sur- composée (156) sahs le minimum;
Point de minimum sans l'attraction industrielle (16 et 172);
Point d*attractwn industrielle dans le travaU morcelé ou cioilisé ; elle ne peut naître que dans les Séries passionnelles :
Donc le Minimum étayé de t Attraction tnduêtrielle , est voie exclusive de liberté, condition sine quà non.
Pour entrer dans cette voie , U faut sortir de la dviUsation; elle a douze issues (142) ; optons pour la plus faeUe, pour l'Association.
Argument à méditer ! il dit beaucoup de choses en peu de mots.
J'ai démontré que y sur la question la plus ancienne , la plus controversée , Tesprit humain est en plein égarement : redoublons la preuve , et analysons pareille impéritie dans les systèmes commerciaux qui sont la controverse la plus récente» On verra que leurs auteurs seraient de même arrivés à plusieurs issues de Civilisation^ s'ils eussent observé quelques-uns des douze principes recommandés par eux-mêmes.
Après cette double conviction tirée des erreurs sur la liberté et le commerce , on sera en état de mesurer retendue de l'égarement o4 nous ont entraînés les méthodes philosophiques.
MÉDIÀNTE.
Aux Disciples pusillanimes ou présomptueux.
DiT£Rs lecteurs défiaiKs et poiatiUeuz auront déjà réclamé sur ta préférence que je donne dans ipes tables aux nombres 7 et la, et sur d^autres minuties, néologie forcée, etc.: rassurons ces timides soldaU.
Je n^ai garde d'épouser les préventions des sophistes qui se sont passionnés exclusivement pour tel ou tel nombre: loin de là^ jVxpliquerai, quand il en sera temps (section des séries mesurées), les emplois naturels de chaque nombre. On verra que , selon Tanalogie unirerselle , il faut
En fonction d^amiiié, classer par 5 et 10 *,
— d^amour, n par 8 et \^\
— d'ambition, n par 7 et i4; ' — - de famillisme , 'A par 4 ^^ 8.
On déterminera de même des emplois dominants pour d^autrcs nombres : mais vouloir dés à présent connaître ces rapporU, ce serait exiger, au début, des notions qui ne peuvent trouver place qu^aux a*, et 3*. tomes.
J^avais promis ( 164 } , un éclaircissement provisoire sur cts harmonies des nombres;' mais après Ta voir ébauché , je Pai jugé hors de la portée de mes lecteurs, qui sont tous com/n^/iça/it^ , et j*ai dû le diâférer : j^en insérerai quelques fragments dans la grande note 6 ( extroduction }. Quant à présent, le lecteur n^est pas encore apte à cette initiation»
Sur ce sujet comme sur d'autres, on fera beaucoup mieux de se laisser guider par le pilote , que de le harceler et se répandre en critique» prénfiitufées et minutieuses. Il £aut se garder de la faute commise par les compagnons de Colomb, qui auraient voulu, à peine sortis du port, toucher au nouveau monde*, et qui, trois jours ayant d^ aborder, outrageaient leur chef, Pacousant de les conduire dans des abîmes.
Beaucoup de disciples tomberont dans ce vice : j^en ai vu concevoir des terreurs paniques sur un fétu de néologie , comme pas^ sionneldiU lieu de passionné qui ferait équivoque. D^autres s'^efiarouchent d^une application régulière, comme gamme passionnelle, qui est le nom indiqué parTanalogie. Les passions étant distribuées par.ia comme les sons musicaux, eti ayant dans leurs développements une parfaite analogie ayec les claviers , octaves et tons musi-
PR£1u£r£ partie. lUblANTE. 189
eaux, j« ne pois empruoier, pour décrire ces «ffeU, de termes pins techniques , plus préeis , que ceux déjà admis en théorie mufticale.
£a conséquence, les mots ^mme, ocUve , clavier et autres de 1» langue musicale, seront adaptés au système distributif des passions et des caractères ; et nous dirons : une modulation en tonique d'^a^ mitié majeure ou d'amour mineur , comme une modulation en ut jnajeur ou en ré mineur» A défaut, je serais obligé de me créer une nomenclature, un langage spécial, comme on en voit dans chaque science et chaque art : re serait une surcharge pour la mémoire du lecteur , et de plus un procès avec les anli-néologues.
J^éviterai ces inconvénienu par des .emprunts sur les seienoesfixes, mathématiques, physique ^ musique, etc., et même sur le langage romantique et mystique , oà je puise les noms de lymbe obscure , lymbe gnomique, lymbe crépusculaire, etc. Cela déplaii^ il à quelques lecteurs pointilleux ? je les invite à lire une jolie fable ds La Fontaine, le Meunier^ son Fila et VAne. Ils y verront qu^ou n^en finirait jamais, si on voulaitse plier à toutes les fantaisies de la critique.
Pour les convaincre quMl tCy a rien d'arbitraire dans mes nomeu' clatures, mes nombres adoptifs, mes analogies, devisons un instant sur quelqu'une de ces expressions qui semblent choquâmes^, comme le nom de Lrmbea Obscures , donné génériquement aux trois sociétés d'industrie morcelée et mensongère ( tableau 33 )•
On donne le nom de lymbes au réduit ténébreux où résidèrent pendant 3,ooo ans les âmes de nos premiers pères , en attendant que le Rédempteur vint les délivrer et les conduire au séjour de lumière éternelle. Ces lymbes sont un emblème de nos trois sociétés indns^ trielles , où le genre humain , quoique destiné à un immense bon-* htior , languit provisoirement dans les ténèbres sociales , et devait y languir jusqu'à ce qu'un messie social vint lui dévoiler le calcul des Séries passionnelles, voie d'avènement à l'opulence et à l'harmonie.
Pourquoi, dira-t-on, ne pas les avoir nommées lymbes industrielles, plutôt que lymbes obscures? Je conçois que ce nom doive effrayer Jocrisse, qui dira : ça doit été Bien nouëre ste lymbe obeure» Je leur donne.cette épithète générique, parce qu'elle comprend les trois sortes de ténèbres où le monde social est plongé :
t . Obscurité mécanique, par ignorance do procédé sociétaire \ 3. Obscurité dogmatique , par le cercle vicieux des sciences
incertaines; 3. Obscurité passionnelle, par contre-marche ou essor subf versif (36) des doose passions*;
X Obscurité anti-^unitaire , par ignorance des rapporu de l'Homme avec Dieu et l'Univers.
190 fftoiiooajwfis.
LVpUhéte tihseures qoi eodopread i^^néricpieBfnt «e* trois obscurités et la pifotale, est donc bien pins régvliére qoe le nom de iymhts indu9trieii&9 , qai ne dësignant qa^nne des trois obscurités, n^est quVpithéte spéciale et non générique.
Je n*ai pas étendu le titre A^ obscure (donné pajre 34), à la Ijmbe saciyage où gnOmiqae^ parce que les SaoTsges sont de ?raib <3rBO^ ines sociaox , qoi bien que privés dMnstroction) etétranf^ers à nos kimiéres politiques et morales , sont plus clairvojranu que nous vu le problème du bonheur et des voies de la nature : ce sont des Gnomes d^inslinct , jouissant d^une pleine clarté dans le régies social que nous ju^^eons ténébreux : je soutiendrai cette thèse en traitant de Vtfshelle parallèle des attractions sociales»
La société 6" , Garantisme ^ étant demî-sociétatre , eai une lymbe crépusculaire, un avant-coureur de la lumière sociale on. mécanisme des séries^ dont la 7'. période forme Paorore, et dont la 1'*. n'était qu'une diffraction. Dans le tableau 33, j'ai rejeté lesnooasde i;nomique et crépusculaire qui auraient efiàronehé les débutants, et je m'ensuis tenu aux noms de soos'^inbiguë et snr-ambiguë^ il eût fallu , pour la régularité, cumuler ces deux noms et dire : a*. Ljmbe gnomique sons^mbiguë , 6". Lymbe crépusculaire sur-ambiguë»
On s'engagerait dans un détail interminable , s'il fallait , sur chaque dénomination , sur chaque tableau , rassurer ces disciples chancelants, qui ne savent pas accorder provisoirement la dose de confiance nécessaire , ni concevoir que l'iniûation doit aller par degrés; que tel document désiré dès le premier volume , doit t pour la méthode, être différé jusqu'aux a**., 3'. ou 4*-
Par exemple, relativement aux emplois de nombres, ei aux oauses qui me font préférer dans mes tableaux, tel ou tel nombre , je ne peux pas satisfaire pleinement avant d'avoir défiai les 1 1 passions radicaies ou passions d'octave , dont cinq senêitives et 7 animiqnes* Je serai donc gêné dans les deux premiers tomes pour expliquer les harmonies des nombres : cependant , dès qu'on sera arrivé à la section des Séries mesurées , a**» tome ^ on comprendra pourquoi les nom^ bres 7 et ta sont essentiellement- nombres d'unité, nombres sacrés comme ceux de la trinité et de la tétrade oà quatrinité, dont 7 et la sont la somme et le multiple.
3 et 4 sont nombres simples sacrés ; 7 et 1 a sont nombres composés sacrés \ ce sera une thèse li démontrer.
Quant aux nomenclatures, je ne pois mieux faire qoe d'emprunter les termes admis dans les sciences fixes ou autres , josqo'an moment où la théorie de rAttraction , plusocorédiiéé, jouira du éxoix
PREMliERB PARTIE. nfolANTE. 191
dont jooiMent les intres soiences ; et même les foaettoiu tri?Ules, qai toaies oot le droit de se composer un ?oeabn1tîre de tenaet techniques*
Mais d^où yient chez les lecteurs français , tant d'efiiroi et de défiance au sujet de quelques formules insolites? Une dëcouTCrte Ta décider du sort du ^eare .humain ; il faudrait dans son examen s^affraacfair des petitesses du siècle, ne s^attacber qu^a Pobjet imporunt, qu^à la justesse des démonstrations. À quoi s'attachent nos Francis, dans celte aiCiire ? i des chicanes Tétillenses sur la néolof^ie obligée. SUl faut les en croire , le calcul de PAssociation ?a tomber pour une lettre ajoutée a un mot , comme dans passionnel au lieu de passionné : c*en est assez pour alarmer de chauds partisans. D'oâ yient que le Français si brave au combat, est si puMllanime en génie spé-* colatif ? Ceux qui font des tableaux de compensations , peuvent y placer ce plaisant contraste d^une nation qui, à Pexcés d'audace belli<pieuse, joint l'excès de feiblesse en étude de la nature , en tp« préciation des déoouvertes.
Je ne demande pas de crédulité; mais qu'on évite au moins la pusillanimité, et qu'on se rappelle que la théorie d'Association n'a pas besoin de tons les suffrages. Il n'importe qu'elle effi-aje quel-* ques pygmées \ il suffira d'un homme pour la fondation : ce n'est pas parmi les esprits minutieux que nous derrous le chercher, maia parmi les caraotéres largement tracés : ceux-là ne seront pas choqués de trouver dans ma méthode quelque originalité; ce sera pour eux un heureux augure : ils savent que le génie inventif ne germa jamais chea ces hommes serviles qui , lorsqu'on les détourne des sentiers battus se croient, comme les compagnons de Colomb , entraînés dans les abîmes.
Il faut.donc.se garder de prendre ici pour sagesse, la défiance outrée, la manie d'ergoter contre l'auteur* Il en est de la prudence eo^me de la vertu , dont un adage dit :
a Faut d'Ia vertu , pas trop n'en faut :
■n L'excès partout est un défaut, m On peut dire aussi delà défiance : pas trop rC en faut. Plus mes méthodes et mes principes diffèrent de ceux des philosophes , plus on doit en augurer un succès qu'ils n'ont pas su obtenir , et une découverte qui ne pouvait se trouver que dans les sciences encore intactes ; ce sont :
les théories de l'Association industrielle,
— de l'Attraction passionnée , 4 — : des douse Garanties ,
— . ><l 4e l'Analogie onirerselle.
Idâ ^AOLécOllÈMES.
^ DéfioDS^nous d^ pygméefi<[ui n^ayant pu s^onvrir aucai&e de cei nouvelles routes , veulent dt^primer «elui qui leur fraye les chemina : ce sont des soldais suspects qu^il faul repousser des rangs : pauci^ sed boni. Nous n'avons que faire du suffrage yariable de la multitude , pjiisqu^ii nous suffira d^un seul homme pour la fondation*
J^invile donc les lecteurs sages à réserver leurs objections pour le final du 2*. tome où je les passerai en revue , et où je deviserai sur les complëmenis à donner et les. matières à traiter dans les tomes suivants. Jusque-là on aurait tort d'exiger des communications qu^il me parait nécessaire de différer , comme celles relatives aux harmonies des nombres 7 et 12 dont Texceilence est facile a pressentir , diaprés la préférence que Dieu leur a donnée dans les harmonies unitaires , comme les sons de la musique et les rayons delà lumière.
Au résumé : sur quelque sujet que portent oes critiques prématurées, opposons d^abord aux Aristarques Targument sans réplique: sauront-ils avec leurs sciences tripleîr le produit réel de Tindustrie, élever à 3 000 fr. le revenu d'un domaine qui nVn rend que 1000? Non , répondent-ils : eh bien, quMls écoutent celu( qui va résoudre ce grand problème : sa méthode sera assex bonne pourvu quVUe conduise à tripler le revenu réel ( page l ) de tout le monde , et élever le genre humain à T unité universelle*
Sur un problème de si haut intérêt, sera-ce trop d^un volume de prolégomènes ? On pardonne à la philosophie 4oOi<>oo tomes de doctrines erronées , et Ton me contestera un tome de réfutation , nécessaire à Tintelligence de la nouvelle science !
u. Nous ne voyons pas , disent les critiques , où tendent ces longs m préambules*, vous promettez une théorie sur T Association ; donrt nez-la. n
Je ne dois pas la donner en moda simple ç il faut, selon le mode composé^ que la théorie positive soit étayée de la négative; de même qu^on donne en arithmétique la contre-opération ou preuve qui procède en sens inverse. On vient de voir sur les questions de Liberté et on va voit encore sur celles de Commerce, que le tort constant des modernes est d^envisager toute la nature et la politique en mode simple ; ce vice a faussé et paralysé leurs plus beaux génies* Je dois donc éviter le simplisme que je leur reproche sans cesse ; et pour donner une théorie composite , il/aut procéder d^abord par la néga* tive , analyser les erreurs qui ont prolongé le règne du mal : il sera temps ensuite d^expliquer les voies du bien , la théorie positive.
Si des lecteurs présomptueux veulent précipiter la marche et négliger cette précaution du mode négatif, je dois réprimer leur impa^ t'.cnce. Ils [sont comparables à cette jeune troupe qui, à la bauiile
PREMIER^ PÀIlSn^. ]|£lU[AlfTE. ^95
d*léf^ a?imuâi ûj^ bmif ducanoii , yonlaii chargée y et dUgii à TEm* perenr ^ en wariti U c^i ëifiU hoi^rahle a digoe de jeoiuçs FraqçaU» Sonapajrle (çs goiufoaAda,, dis9Q); : tt QueU «ont ces ëtourdis qui -n (M^eçit crîer ^ arapi? iU. n^QDt poin^t de barbe au meoton : qu^iU 9 a^efl4çA^ l^< ^ç4çes. d« cel^i qv « coiqmapdé daos quarante V batailles, in
VetL dis «citaat aux novices qui vealeot régenter le pilole: à les en croire, cVtait asses de quelq^ues p^ges d^oUoduction *« les voilà su^^piçpient pripa^es et aussi ezperU que PauUur même : ils ont dérobe sa science en lisant le titre ou la Cable des cji^pilres ; ils décideront qu^il faut sans délai passer au traité positif ^ que la partie pégative (Prolégomènes) est un hors-d^ccuvre, une superfétation ; rintroijtuction suffisait & des esprits philosophiques , nourris de perfectibilités. Voilà les Français : ils connaissent une science nouvelle ayi(^t de ravoir étudiée ; ce sont eux qui doivent renseigner à Pau- ^ur onéme.
J^atte^ds c^ doçtears aux chapitres 8 et 9 ( Phases de Civilisation , Caractères du Commerce ) i là , ils pourront juger de leur infi^a^cç^
Quelle, différence de ce^ disciples modernes avec ceux de Tantiquité ! Aristote , avant de. se croire u^ maître , assista viogt ans 9ux leço|is de Platon* £t vous , lecteurs impatients , tous écoliers, tons imberbes sur le calcul de P Association et des destinées ; vous qui ^f ex besoin d^étre dégrossis et préparés par un ample volume de théocie négfOivei OM ^'^/«« 4e pryugésy vous voudriez, dés le premier jour, tr;|npher sur une science qui m^a coûté y.ingi-deux ans de rjecl^rçhef ! Quelle est donc celte philosophie moderne qui inspire aoz noyice^ tant de présomption , tandis que Pancienne les formait à la mpdestie, et que les disciples de Pythagore se soumettaient à des épreuves de plusieurs, années av^nt dVire admis à Pinitiation!
Si je déférais an vœu des impatients, ils seraient arrêtés à chaque pas dans Pétude de PAttraction, où il est d^autaut plus facile de s^égarer, qu^elle semble au premier abord une amusette plutôt qu^une théorie sérieuse. Le préjugé leur suggérerait à tout instant des arguments saugrenus, dont un sera relaté et réfuté à Pappendice dn chapitre 9*.
Pour prévenir ces divagations , il faut ( 8a ) dissiper les fausses lumières, et amener le lecteur à rougir de sa crédulité aux doctrines civilisées.
Je vais , dés le chapitre suivant , jeter le gant à la plus accréditée , celle dn libre commerce, et prouver quVlle devait exciter la risée
194 prol£6oii£nes.
de quiconque aurait eu de saines idées sur lea contre-poids politiques , les garanties sociales et l^ëqnilibre industriel*
Préalablement, j^ai dû remontrer ici les pusillanimes et les -présomptueux, classes qu^on p^ut accoler , car les extrêmes se toudieni. Si ces caractères dominent en France , ils ne dominent pas en tous pays \ or , j^écris pour les Européens , et non pour les seuls Français.
Je dois donc adopter un plan européen^ et rigoureusement métbodi^ne , une instruction composée , C*est-à-dire négative en prolégomènes ayant d^étre positive en traité»
Ceux qui ne souscriraient pas à cet eoseignement composé , doivent fermer le livre : je ne quête pas les suffrages de la multitude ; je me borne à chercber, parmi quatre mille candidats , un homme plus clairvoyant que son siècle : ce n'est pas chez le commun des lecteurs qu'on trouvera des âmes grandioses, capables de pressentir Texistence du code passionnel divin , et de se soumettre aux étudqi nécessaires à Tinilialion : une telle sagesse ne se rencontrera que chex les âmes de forte trempe , çhes un petit nombre d^élus \ cVst à eux que s^adresse la i'*. partie des prolégomènes, dédiée aux penseurs. La 2*., moins scientifique, traitant d^ntérêt et de plaisir, sera mieux adaptée au goût de la multitude.
Continuons, dans celle-ci , Tattaque du simplisme^ véritable épidémie qui a gangrené tous les savants et lesxonquérants de la Civilisation : il a fait manquer à Bfewton la découverte du système de la nature, et à Bonaparte la conquête du monde. Si Tun, dans ses calculs , avait joint PAttraclion passionnelle à la matérielle ; si Pautre avait joint la conquête passionnelle à la matérielle , tous deux seraient arrivés au but (i4^)) >ux issues de Civilisation. Mais quand les savants mêmes n^ont jamais spéculé quVn mode simple, comment les conquérants auraient-ils imaginé de sVleyer plus haut?
PHEUÈRB PAftTlE. NOTICE II. 19S