‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 54 sur 91 · L'Egoïsme général · texte numérisé non relu

L'Egoïsme général

TranûtioD bi-composée, directe et ioTene, en nmple et en eempofé.

^ ) l> La Maîtrise proportionnelle.

f ^ La Concurrence réductive.

M I ^ Le Monopole intégral simple*

( < Le Monopole intégral composé.

SSO FROLÉGOHÈIIES.

Ce tableau des36 cnfiiesd«.ceawieree est susceptible de nombreuses ai^iiieiilalMMis; je le porterai? à 60, daûs un traité de réforme ou greffe du commerce.

Ce ne sera qu'aux Ihte&luiiiuibes» trass, que je dé* finirai quelques-uns de ees nombreux caractères : provisoirement, nous pouvons , de l'inspection du tableau, déduire quelques généralités.

Parmi ces 36 caractères, plasi^rs ^ont déjà connus, entre autres Tagiotage , l'usure , h banqueroute*

Peut-on trouver dans les mille théories commerciales une seule définition de ces trois caractères , c'est-à-dire , un classement

de toutes les sortes de banqueroutiers?

de toutes les sortes dT usuriers?

de toutes les sortes d'agioteurs?

Non, et pour preuve je donnerai, aux InterMmmaires, un classement de la banqueroute en trente-»x espèces. Les autres caractères, comme usure, agiotage, exigeraient de même ce classement que nul auteur n'a donné.

Il suit de là, qu'après tant de Iralés sur le commerce, on n'a pas encore fait le premier pas en théorie , c'est«>àdire la définition. Singulière omission de la part de ces hommes qui donnent pour précepte de prooéder par les méthodes analytiques.

Après de pareilles inadvertances » on a boone grâce à se plaindre de voiles d'airain, de rigueurs de 11 nature, de limites insurmontables. C^est ainsi qu'yen a procédé dans toutes les braDches de MÎeneedoiii s oec«pe la Philosophie incertaine : on ne veut pas même analyser les sujets sur lesquels on fabriquées torrmts^ de volumes; et en définitive, on ea est à ne pas savoir de quoi on traite. Je viens de le ééoiontmr am sugeC de la liberté ,

PREMIÈRE iPARTIÈ. NOTICE II. 221*

dont cm n'a jamais analysé ni les trois modes» m lès sept caraftttres et leurs piyols ; et pottitant , que de volumes sur la Kberté, afvanC d'avoir fait dans cette étude le preiiner pas exigé selon la Philosophie même , (pii v^it qu'oir praeéde pffi* analyse et synthèse !

Tel défait être le premier travail des modernes lorsqu'ils eommenoèrest à s'oceuper du commerce ; puis après «ette dBsectkii analytique du monstre , leur lèche était de procéder à la contre-synthèse, c'est-4edire à la coostructtott d'un mécanisme oemmercial qui présentât une Ifarantie d*eitirpalion dés 36 caractères du commerce mensonger, nommé concurrence individuelle, au tableau {218) des 7 mélJbodes radicales.

X'étode régutîère du commerce aurait donc conduit , •eomme ceHede la liberté, à reconnattre qu'il faudrait des garài^es de toute espèce, dont on est dépourvu dans tou^ j tes h^ branches du mécanisme civilisé. En constatant ce besoin, on en aurait conclu à la recherche et l'invention d'un système de garanties générales, qui est la 6®. période. C'était l le potot où il bAUii amener l'esprit liuouktn; on devait le convaincre que la Civilisation n'est nullement le but où il tend , puisqu'il invoque partout les garantie qu'elle ne saurait donner.

L'analyse du commerce aurait conduit aussi à spéculer tnr l'exAeasion dès germes sociétaires (199) qu'on voit s'y défiekqpper par instinct économique des marchands. tJn travail sur le développement de ces germes , pouvait Miener des découvertes en association graduée ou 7^. période* Amai une étude méthodique du commerce pouvait nous ouvrir plusieurs carrières de progrés social (142).

Non-seulement on n'a acquis sur celte matière aucune

Sâ2 PROLÉGOMÈNES.

coonaissance exacte , ainsi que je viens de le prouver par les deux tables des méthodes el des caractères qui au* raient dû être le premier pas des analystes ; loin de tendre aux notions fixes, on a obscurci le sujet au point de con* fondre le commerce avec les fabriques dont il est Tennemi,

' et de subordonner les fabriques aux intérêts quelconques

< du conunerce. On vient de le voir au sujet d'une polè* mique de feuilleton : Terreur de théorie qui fut commise dans ce petit débat, se reproduit tous les jours dans de graves circonstances , où Ton sacrifie systématiquement

\ les manufactures aux machinations de l'agiotage et aux

J bévues des sophistes.

Tant que chacun s'accorde à prôner un vice , personne ne songe à en chercher l'antidote » et de Ià vient que notre siècle n'a pas pensé à tenter une réforme du système commercial mensonger : il ne s'est occupé qu*à harceler r Administration et la Religion, tandis que le remède au mal étttt dans la réforme de ce Commerce qu'on a su étayer du respect des princes mêmes : il est pourtant leur ennemi capital, en les poussant aux emprunts fiscaux, germes de révolution. Il est pour eux ce qu'est l'usurier pour le fils de fomille.

La Providence, qui a prévu que nos efforts de restauration seraient inutiles s'ils portai^t ombrage aux autorités, a dû placer les moyens d'issue de Civilisation daas des entreprises qui ne heurtassent aucune autorité; entre autres, dans la réforme des fourberies commerciales, dont les auteurs sont à juste titre hais de tout le monde. Cette classe aujourd'hui déifiée par couTenance politique , a été longtemps ridiculisée comme elle le méritait ; mais à la fin , le poids de l'or a emporté la balance , et les philosophes ont cru, en flagornant le trafic mensonger.

PREMIÈRB PARTIE. NOTICE II. â2o

faire an acte de résignation; ils n'ont fait qu'âne bassesse très-nuisible, tantàlasoeiëté qu'à leurpropre corporation.

En effet , la réforme du commerce étaii , je l'ai dëmonifé plus haut , une voie d'avènement à tous les progrès sociaux (442) ; et comme cette réforme, loin de contrecarrer l'autorité et la religion , servait toutes leurs vues , on ne conçoit pas pourquoi les philosophes^ et à défaut les autres classes de savants, ont craint de porter la cognée sur cet arbre de vice. Le commerce est le côté faible de la Civilisation, le point sur lequel il fallait attaquer: il est secrèlemeni haï des gouvernants et des peuples ; en aucun pays la classe des nobles ci des propriétaires ne voit de bon <eil ces parvenus qui, arrivés en sabots, étalent bientôt une fortune à millions. L'honnête propriétaire ne conçoit rien à ces moyens d'enrichissement subit : quelque soin qu'il donne & la gestion de ses domaines , il parviendra difficilement à ajouter quelques mille francs de rente à son revenu ; il est stupéfait des bénéfices de l'agioteur ; il voudrait exprimer son étonnement, ses soupçons sur cette étrange industrie ; mais il est arrêté par la classe des Economistes , qui lance l'anathème sur quiconque oserait suspecter le commerce immense et /'tmmense commerce. Telles sont les phrases à la mode : on a tout dit quand on a débité ce pathos de balance , contrepoids, garantie, équilibre du commerce immense et de rimmef^e commerce, des amis du commerce, pour le iien du commerce.

Divers gouvernements ont entrevu le piège et ont tenté d'y échapper. On a vu , à Vienne , le ministre comte de Waliis essayer contre l'agiotage des mesures cofircitives, comme la fermeture de la Bourse : il a été obligé de céder le terrain , et vraiment il se trompait. Ce n'est point par

fi24 PROLéGOMÈNES.

ia force qu'on pe«l lerrasser Tfaydiie «ereaolile : c'est un serpent qui eolorlillela Ciyîlisatim; « elle y^eut regimber, elle sera serrée plus étroilement. Il n'était qu'un moyen de résistance aux pirateries coramerciales ; c'était l'invention du procédé de négoce yéridiqne ; invention d'autant plus précieuse, qu'elle aurait ajouté au revenu âseal moitié en sus, tout en doublant le produit de l'inâustrie proëuctive; car la €®. société (Garantisme) dopnedéjà un produit double de celui de la Civilisation; et l'on entre en Garantisme du moment où on organise le commerce véridique opposé à la libre concurreidce, qui n'est qu'une collusion de fraude et de complication.

L'on a manqué cette brillante invention , par excès de déférence pour les sophistes , à qui on aurait du reprocher de flagorner bassement le commerce, au lieu de s'ingénier â en corriger Tes vices : mais conunant s'imposeraient-ils la tâche pénible de faire des inventions, tant qu'on les tiendra quittes pour des systèmes? Ils trouvent le mensonge établi et dominant ^enjelations commerciales; ils publient des volumes en l'honneur du libre mensonge ou libre concurrence : qui est-ce qui a tort dans cette jonglerie? C'est le siéde qui se paye 4e paretltes sornettes, et qui préfère les systèmes aux inventions qu'il lui serait si facile d'obtenir (57).

Le mode actuel de commerce , le mode mensonger, s'est établi fortuitement ; il n'est pas ouvrage de l'art , mais impulsion brute et simple , tendance de l'indîndu vendeur à tromper autant que possible pour son intérêt.

Jamais méthode ne mérita mieux le titre dç vice , et il est clair qu'il faudrait la contre-baiancer par quelque voie de garantie contre la fourberie individuelle : il faudrait y opposer l'intervention d'une agence garante de la vérité.

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