‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 77 sur 91 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III

bon nombre de questions , notamment les pivotaUs ou problèmes de rinunortalilè et de Tanalogie.

Une digression sur chacun de ces deux sujets , confirmera que nos lumières actuelles ne sont encore que l'épaisse nuit dont se plaignait Voltaire ; nuit dont on n*a su après lui que renforcer l'épaisseur, en Taffublant d'un manteau de perfectibilité , yrai mariage de l'orgueil avec l'ignorance.

Franchement, à quoi se réduisent les trophées sociaui conquis depuis Voltaire ? Faut-il en donner le sommaire ? Matérialisme, athéisme, commotions révolutionnaires , politique dévergondée, anti- religieuse (0, dépravation mercantile, monopole maritime, triplement d'impôts, décimation d'avenir, quadruple peste, dégradation climatèrique ; voilà en stricte analyse nos progrés sociaux les plus récents. Et lorsque la Civilisation s'enorgueillit de ce redoublement de sottise, n'est-on pas fondé à lui dire qu'elle n'est pas en état d'exercer une sage critique sur les inventions ultra-civilisées; qu'il faut préalablement la ramener à cette modestie qui , depuis Socrate jusqu'à Voltaire, distingua les Expectants, gens vraiment judicieux et honorables, en ce qu'au lieu de vanter leurs torrents de lumières et chanter la perfectibilité , ils s'avouaient honteux d'ignorer, espérant qu'un jour la lumière descendrait»

(i) Entre autres actes ou elle se manifeste, on peut citer la protection accordée de fait \ la traite des Nègres, malgré un simulacre d'interdit , et ies atrocités inouïes commises par les capitaines négriers dont aucun n*est puni. On citera aussi l'hésitation des princes chrétiens à punir la férocité ottomane , et la perversité des Juiis qui vendent les Chrétiens pour les faire crucifier, faire brûler les femmes et les enfants sous les pieds du père attaché à la croix. Ces horreurs, fiivorables k quelques mar" chands , sont favorbées pour ce motif soi-dide et infâme : ces horreurs sont légitimées dans M'Europe qui se dit chrétienne. L'esprit religieux transigerait- il sur ^areib outrages ?

304 pROLteoMiuies.

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THÈSE DE LIMMORTALITÉ BI-GOMPOSÉE,

o« DBS ATTlACTlOm niOrOaTIOlfIBU.18 41)1 DISTIIWIS USINTIBIXIS.

(Belire les «s pages 233 à S3S. )

Initial. Le but des prolégomènes étant de faire désirer la théorie du mécanisnae sociétaire, d*y intéresser et disposer le lecteur par tous les moyens, appâts de fortune, chances de pliaûsir, curiosité scientifique, etc., il convient d*e£Eleurer tour à tour les problèmes désespérants, dont il ne pourra obtenir la sohition que de la théorie sociétaire ou calcul de TAttraciion passionnée.

Le sort futur et passé des âmes est un de ces grands problèmes qu'éolaircira la théorie de TAttraction. Il n'est pas de question plus rebattue et pourtant plus neuve que celle de l'immortalité de Tâme; c'est le principal éeoeil des himtéres scientifiques. Nous avons sur ce point une conviction suffisante, fournie par la religion; mais les dogmes religieux n'étant pas de mon ressort , je ne puis disserter ici que sur la valeur des notions obtenues de la science. Examinons donc si elle nous a fourni quelques^ doctrines recevables sur le sort extra-mondain de nos âmes.

La théorie d'immortalité de l'ànle embrasse le passé comme l'avenir. Si l'ftme est immortelle an futur, elle l'a été au passé. Dieu ne créant rien de rien, n'a pu former nos âmes de rien. Si Ton croit qu'elles n'existaient pas avant les corps , on est bien près de croire qu'elles retourneront au néant d'où nos préjugés les font sortir.

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