HIERARCHIE DES QUATRE MOUVEMENTS
I Je devrais un chapitre sur cette matière ; mais comme elle serait peu à la portée du grand nombre des lecteurs, je me borne à en dire quelque chose dans la note ci-bas (2;. On pourra passer outre,
Mouvements cardinaux,
(l) L'Exemplaire Annoté rectifie cette division des branches du Mouremenl et en indique cinq au lieu de quatre, ainsi qu'il suit : [Mouvement Pivotai. — Le Social ou Passionnel.
L'Aromal *.
L'Instincluel.
L'Organique.
Le Matériel.
(î) Les quatre mouvements sont sujets à deux dépendances :
Première. Les lois des quatre Mouvements sont coordonnées aux mathématiques; sans celle dépendance il n'y aurait point d'harmonie dans la nature, et Dieu serait injuste. En effet :
La nature est composée de trois principes éternels, incréés et indestructibles :
1° Dieu ou l'Esprit, principe actif et moteur ;
[*] Le Mouvement aromat ou système de la distribution des arômes connus ou inconnus. ant tes hommes et les animaux, et formant les germes des Tcnts et épidémies, régissant !'•$ relations sexucllts des astres et fournissant les germes des espèces créées.] Voy. Traité ac l'Association, t. I, avant-propos, p. \x\j. ;
car la lecture de cette note n'est pas nécessaire pour l'intelligence de ce qui suivra, et ne peut intéresser que très peu de personnes.
2° La Matière, principe passif et mû ;
3° La Justice ou les Mathématiques, principe régulateur du Mouvement.
Pour établir l'harmonie entre les trois principes, il faut que Dieu, en mouvant et modifiant la matière, s'accorde avec les mathématiques ; sans cela il serait arbitraire à ses propres yeux comme aux nôtres, en ce qu'il ne concorderait pas avec une justice certaine et indépendante de lui. Mais si Dieu se soumet aux règles mathématiques qu'il ne peut pas changer, il trouve dans cet accord sa gloire et son intérêt : sa gloire, en ce qu'il peut démontrer aux hommes qu'il régit l'Univers équitablement et non arbitrairement, qu'il meut la matière d'après des lois non sujettes au changement ; son intérêt, en ce que l'accord avec les mathématiques lui fournil le moyeu d'obtenir, dans tout Mouvement, la plus grande quantité d'effets avec la moindre quantité de ressorts.
On sait déjà que les deux Mouvements, matériel et organique, sont en accord avec la géométrie, que tous les corps animés ou inanimés sont construits, mus et modifiés selon ses lois. Voilà donc deux des quatre Mou<* vements coordonnés à la justice naturelle et indépendante de Dieu.
Il restait à savoir que les deux autres Mouvements, l'animal et le social, qui sont des jeux de passions, suivent la même règle, et que les passions quelconques, même les plus odieuses, ne produisent chez l'homme ou l'animal que des effets géométriquement réglés par Dieu. Par exemple :
Les propriétés de V amitié sont calquées sur les propriétés du cercle;
Les propriétés de Y amour sont calquées sur celles de l'ellipse;
Les propriétés de la paternité sont calquées sur celles de la parabole ;
Les propriétés de Yambilion sont calquées sur celles de Vhyperbole ;
Et les propriétés collectives de ces quatre passions sont calquées sur celles de la cycloïde.
De sorte que chaque théorème de géométrie a servi de type à quelque passion des hommes ou des animaux; et cette passion conserve invariablement ses rapports avec le théorème qui régla sa création. Déjà l'on a vu dans la note A que les Séries passionnées ou Séries groupées ont pour type l'ordonnance et les propriétés des séries géométriques.
Deuxième dépendance. Le Mouvement social est type des trois autres; les Mouvements animal, organique et matériel, sont coordonnés au social, qui est le premier en ordre, c'est-à-dire que les propriétés d'un animal, d'un végétal, d'un minéral, et même d'un tourbillon d'astres, représentent quelque effet des passions humaines dans l'ordre social, et que