‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 9 sur 201 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

surde, au même degré, de dire que les Coutumes que Fourier regarde comme préférables au Mariage fixe sont immorales par cela seul qu'elles ne sont pas le Mariage fixe ; car si ces Coutumes sont de nature à introduire la Loyauté, la Vérité, la Justice, la Dignité, l'Ordre et la Liberté dans les Relations des Sexes; si elles sont de nature a en bannir les Trahisons, la Fausseté, la Violence, l'Oppression, la Grossièreté, l'Avilissement, le Désordre, etc., elles vont beaucoup mieux au But de la Morale que la Règle exclusive de la Monogamie forcée à perpétuité, laquelle laisse subsister tous ces Vices.

Telle est pourtant la tactique des adversaires de Fourier, tactique facile et faite, nous le reconnaissons, pour avoir un grand succès dans le public, parce que le Public a l'esprit peu philosophique, et que, quand il s'agit de choses nouvelles pour lui, il juge et condamne sur l'apparence, sans aller jamais au fond des choses. Mais ces faciles triomphes ne prouvent rien, absolument rien, si ce n'est la légèreté des triomphateurs et du public ; car les accusations que nous signalons et avec lesquelles on prouve Vimmoralité de la Doctrine de Fourier n'entrent pas même dans la question de la Moralité ou de l'Immoralité de cette Doctrine.

En effet, voici la question tout entière : les Méthodes, les Règles proposées par Fourier relativement à l'Union des Sexes et pour tel État de Société donné, sont-elles, oui ou non, capables de produire plus de Moralité effective dans ces Relations que n'en produit l'empire des Dispositions existantes?

Pour résoudre cette question et pour avoir le droit de diriger une critique quelconque contre les Méthodes proposées par Fourier, il faudrait :

Jo Prouver que l'on connaît bien l'État Social pour lequel Fourier propose des Coutumes nouvelles ;

2° Prouver que l'on connaît bien ces Coutumes, et que

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