‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 31 sur 98 · II S · texte numérisé non relu

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dont nos chroniques ont transmis l'histoire. Il n'y a guère que sept mille ans d'écoulés depuis la création des hommes, et depuis ce temps nous n'avons marché que de tourments en tourments.

On ne pourra juger de l'immensité de nos souffrances que lorsqu'on connaîtra l'excès de bonheur qui nous est réservé, et auquel nous allons passer sans délai par la découverte des lois du Mouvement. Nous allons entrer en deuxième phase , en combinaison ascendante.

Les deux phases d'incohérence, quoique très courtes, contiennent chacune sept périodes sociales : en tout 14 périodes d'incohérence.

Les deux phases de combinaison, quoique très longues, ne contiennent chacune que neuf périodes sociales : en tout 18 périodes de combinaison.

Total 32 périodes ou sociétés.

Total, trente-deux périodes ou sociétés possibles, sans compter les mixtes.

Voici un tableau de ces trente-deux périodes; il paraîtra fatigant de se le graver dans la mémoire ; mais peut-on acquérir aucune connaissance sans étude préalable, et pourquoi le calcul des Destinées n'aurait-il pas ses épines comme tout autre ?

Il importe de relire ce tableau, afin de n'être pas obligé d'y recourir chaque fois que je parlerai des phases et périodes diverses.

Ceux qui ne voudraient pas donner un quart d'heure à V étude des tables, à la comparaison des quatre phases et des trente-deux métamorphoses sociales, aux époques des dix-huit créations et de la couronne boréale, doivent fermer le livre plutôt que de continuer une lecture qui leur présenterait à chaque instant des obscurités, mais qui sera pleinement intelligible à ceux qui auront étudié ces tables du Mouvement social.

A l'inspection des tables , on est d'abord frappé de la petitesse de vues des philosophes, qui nous persuadent que la Civilisation est le terme ultérieur des Destins sociaux, tandis qu'elle n'est que la cinquième des trente-deux sociétés possibles, et l'une des plus malheure ses d'entre les dix périodes infortunées, qui sont les :

2% J«, 4% 5e, 6e en phase d'enfance ;

8fl PREMIÈRE PARTIE.

31 % 30% 20-', 28-, 27e en phase do caducité. Je les nomme périodes d'infortune, puisqu'il n'y a de bonheur que dans celles dont le mécanisme est formé en Séries groupées et non * h ménages isolés.

Les périodes 1 et 32, 7 et 2G, sont formées en Séries, mais d'une espèce bâtarde; les septième et vingt-sixième sont des embryons de Séries groupées, qui s'organiseraient dans le cas où le genre humain manquerait le calcul de l'Association et n'en découvrirait que des germes. Ces Séries bâtardes sont déjà fort heureuses; j'en donnerai quelques notions dans la seconde partie qui traitera du ménage progressif.

Le genre humain va s'élever à la huitième période sociale (Séries combinées simples), qui s'établira par tout le globe, et qui durera au moins quatre cents ans avant qu'on puisse passer à la neuvième. Celle-ci ne pourra s'organiser que par le secours des nouvelles créations et de la couronne boréale dont je parlerai plus loin.

Dans le cours de sa première phase, le Mouvement social présente l'image d'un homme qui recule devant un fossé pour mieux s'élancer et franchir; c'est ce que j'ai représenté sur le tableau par les mots reculement , élan et saut. C'est reculer que de tomber de la première période, qui est heureuse, à la quatrième, qui est la plus malheureuse; mais on y acquiert une force nouvelle, la grande industrie agricole et manufacturière, qui, en s'augmentant par les périodes d'élan 5, G, 7, donne enfin au genre humain les moyens de franchir le pas du Chaos à l'Harmonie.

Les trente-deux sociétés ne doivent pas être comptées pour seize, quoiqu'elles renaissent en ordre inverse dans les deux dernières phases; car dans leur renaissance elles éprouvent de grands changements : par exemple, la Civilisation, lorsqu'elle renaîtra, au déclin du monde, sera aussi calme qu'on la voit turbulente aujourd'hui, où le genre humain a toute la fougue de la jeunesse. L'arrière-Civilisation sera tempérée par la connaissance d'un bonheur perdu et par la douleur de ne pouvoir reformer les Séries progressives; leur mécanisme sera entravé, désorganisé et dissous par la dix-huitième et dernière création, qui sera malfaisante comme C3lle que nous voyons aujourd'hui.

La première phase ou enfance est la seule dont la durée ne soit pas fixe et dont le cours soit irrégulier; elle aurait du se borner à ",inq mille ans ; mais Dieu, en nous laissant le libre arbitre, ne

peut pas empêcher que certains globes ne se laissent égarer parles sciences incertaines et par les préjugés qu'elles répandent contre la nature et l'Attraction. Ces globes encroûtés de philosophie peuvent persister longtemps dans leur aveuglement, et se croirehabiles dans l'art social quand ils ne savent produire que les révolutions, l'indigence, la fourberie et lecarnage. Tant qu'on s'obstine dans cet orgueil, tant que la raison ne s'élève pas contre les faux savants, il ne faut pas s'étonner si le désordre se perpétue. Et peut-on voir un désordre plus affreux que celui qui règne sur ce globe? La moitié de la terre est envahie par les bêtes féroces ou sauvages, ce qui est la môme chose; quant à l'autre moitié, qui est mise en culture, on en voit les trois quarts occupés par les coupe-têtes ou Barbares, qui asservissent les cultivateurs et lesfemmes, et qui sont en tous sens l'opprobre de la raison. Il reste donc un huitième du globe dévolu aux fripons ou Civilisés, qui se vantent de perfectionnement, en élevant l'indigence et la corruption au plus haut degré. Pourrait-on trouver un désordre plus, odieux sur aucun globe? Et quand on voit les nations accueillir cette philosophie qui a produit un tel chaos politique, faut-il s'étonner si le genre humain est arriéré de plusieurs mille ans dans sa carrière sociale, s'il a passé sept mille ans dans l'enfance qui en devait à peine durer cinq mille, et s'il ne s'est élevé qu'à la. cinquième des sept périodes d'enfance sociale, sans parvenir seulement à la sixième, où il aurait déjà trouvé une ombre de bienêtre ?

Le Mouvement social aura une marche régulière dans les deux âges de combinaison ascendante et descendante qui vont commencer, et qui comprendront environ septante mille ans. Dans le cours de ce long âge de bonheur, les seize métamorphoses sociales ou changements de période seront déterminés par les nouvelles créations qui se succéderont régulièrement, et qui, donnant de nouveaux produits dans les trois règnes, causeront des modifications relatives dans les rapports sociaux. Mais ces changements ne seront que des variétés de jouissances et jamais des révolutions désastreuses, excepté le passage de la 24e à la 25e période, qui causera un d('clin rapide et annoncera la caducité du globe.

Au reste, si l'enfant de six à sept ans ne doit pas s'inquiéter des infirmités quilui surviendront aux approches delaquatre-vingtième année, comme lui nous ne devons songer qu'au bonheur qui s'approche, et dont le globe n'eut jamais un aussi pressant besoin.

NOTICE (*) SUR LA CRÉATION SURVERSIVE ANTERIEURE, AFFECTÉE A L'USAGE DE LA PREMlElïE PHASE, ET DE LA HUITIEME PÉRIODE QUI OUVRE LA DEUXIÈME PHASE.

Cette création dont nous voyons les produits est la première des dix-huit (2) qui doivent s'opérer successivement pendant la carrière sociale du genre humain.

Je ne parle ici que de la création des substances des trois règnes, et non pas de la création du globe même.

La terre employa environ quatre cent cinquante ans à engendrer les productions des trois règnes sur l'ancien continent. Les créations d'Amérique n'eurent lieu que postérieurement, et s'opérèrent sur un plan différent ; dans l'un ou l'autre continent elles causèrent de grands bouleversements. [ Celles d'Harmonie s'effectueront sans commotions. ]

C'est pour Dieu une jouissance que de créer, et il y va de son intérêt de la prolonger. Si les temps de conception, gestation et enfantement d'un homme, emploient une durée de neu! mois, Dieu dût employer un espace de temps proportionnel pour créer les trois règnes : la théorie évalue ce temps à la cent quatre-vingt douzième partie de Li carrière sociale, ce qui donne approximativement quatre cent cinquante ans pour la durée de la première création.

Toute création s'opère par la conjontion d'un fluide boréal, qui est mâle, avec un fluide austral, qui est femelle (3). Une planète est un être qui a deux âmes et deux sexes, et qui procrée comme l'animal ou végétal par la réunion de deux substances génératrices. Le procédé est le même dans toute la nature, à quelques variétés près, car les planètes ainsi que les végétaux réunissent les deux sexes dans un même individu.

(l) L'Exemplaire Annoté porte en marge : [\Ln 1807 je ne connaissais que très imparfaitement, la Théorie des Créations. Deux auront lieu au début de l'Harmonie cl donneront d'immenses richesses en tout règne.]

(*2) " Des vingt-six ".

(3) [L'astre peut copu 1er : 1° avec lui-même de pôles nord et sud, comme les végétaux; 2° avec un autre astre par versements tirés de pôles contrastés; 3° avec intermédiaire: la Tubéreuse est engendrée de trois arômes : Terre-Sud, Herschel-Nord et Soleil-Sud.]

Croire que la terre ne fera pas de nouvelles créations et se bornera à celles que nous voyons, ce serait croire qu'une femme qui a pu faire un enfant n'en pourra pas faire un deuxième, un troisième, un dixième. La terre fera de même des créations successives; mais les seize créations harmoniques s'opéreront avec autant de facilité que les deux subversives, lre et 18e, ont coûté et coûteront de fatigues.

Sur chaque globe les première et dernière créations sont réglées sur un plan opposé à celui des créations moyennes, et donnent pour résultat une affluence de productions nuisibles avec un très petit nombre d'utiles. Le contraire a lieu dans toutes les créations moyennes ou harmoniques; elles donnent une affluence de productions brillantes et utiles, puis un très petit nombre, un huitième d'inutiles, et point de nuisibles.

Aussi la première création dont nous voyons les produits a-t-elle donné une immense quantité de bêtes malfaisantes sur les terres et encore plus dans les mers. Ceux qui croient aux démons ne doivent-ils pas penser que l'enfer a présidé à cette création, quand ils voient sous la forme du tigre et du singe respirer Moloch et, Bélial? Eh! qu'est-ce que l'enfer dans sa furie pouvait inventer de pire q e le serpent à sonnettes, la punaise, les légions d'insectes et reptiles, les monstres marins, les poisons, la peste, la rage, la lèpre, la vénérienne, la goutte, et tant de venins morbifiques imaginés pour tourmenter l'homme et faire de ce globe un enfer anticipé?

J'ai indiqué dans une note précédente (à l'article Hiérarchie des quatre Mouvements) les causes de ce système malfaisant qui régla la première création ; j'ai dit « que les effets des trois Mouvements, animal, organique et matériel, doivent représenter les jeux des passions humaines dans l'ordre social. » Or, la première création devant former le tableau des sept périodes d'enfance humaine, à l'usage de qui elle est affectée, Dieu dans cette création a dû peindre par d'horribles productions les résultats épouvantables que devaient produire nos passions pendant ces sept périodes; et comme il devait régner quelques vertus dans le cours des première et septième périodes, Dieu a dû les peindre par quelques productions utiles et gracieuses, qui sont en bien petite quantité dans les trois règnes de cette création vraiment démoniaque. On verra plus loin quelles espèces de produits donneront les créations futures sur les terres et dans les mers; quant à présent, nous ne

•ÏO PREMIERE PARTIE.

savons pas môme faire usage du peu de bien qu'a fourni la première création , et je citerai pour preuve quatre quadrupèdes , la vigogne, le renne, le zèbre et le castor. Nous sommes privés des deux premiers par notre maladresse, notre malice et notre friponnerie; ces obstacles s'opposent à ce qu'on élève des troupeaux de rennes et de vigognes dans toutes les chaînes de hautes montagnes où ces animaux pourraient s'acclimater. D'autres vices sociaux nous privent du castor non moins précieux par sa laine que la vigogne, et du zèbre non moins précieux que le cheval par sa vélocité, sa vigueur et sa beauté. Il règne dans nos étables et dans nos coutumes sociales une rudesse, une mésintelligence qui ne permettent pas les entreprises nécessaires pour apprivoiser ces animaux. On verra dès la huitième période, et l'on verrait même dès la septième, les zèbres et couagas vivre dans l'état domestique, comme aujourd'hui les chevaux et les ânes; on verra les castors construire leurs édifices et former leur république au sein des cantons les plus habités; on yerra les troupeaux de vigognes aussi communs dans les montagnes que les troupeaux de moutons; et combien d'autres animaux, tels que l'autruche, le daim, la gerboise, etc., viendront se rallier à l'homme dès qu'ils trouveront près de lui les appâts qui doivent les fixer, appâts que l'Ordre civilisé ne permet aucunement de leur procurer ! Ainsi cette création déjà bien pauvre et malfaisante est doublement pauvre pour nous qui, par mésintelligence sociale, nous privons de la majeure partie des biens que les trois règnes pourraient nous offrir.

Les nouvelles créations ne peuvent pas commencer avant que le genre humain ait organisé la huitième période sociale; jusquelà, tant que dureraient les sept premières sociétés, on ne verrait jamais commencer la deuxième création.

Cependant la terre est violemment agitée du bosoin de créer; on s'en aperçoit à la fréquence des aurores boréales, qui sont un symptôme du rut de la planète, une effusion inutile de fluide prolifique; il ne peut former sa conjonction avec le fluide " des autres planètes, " tant que le genre humain n'aura pas fait les travaux préparatoires ; ces travaux ne sauraient être exécutés que par la huitième société qui va s'organiser. Il faudra d'abord porter le genre humain au petit complet de deux milliards, ce qui exigera au moins un siècle, parce que les femmes sont bien moins fécondes dans l'Ordre combiné que dans la Civilisation, où la vie de ménage leur fait procréer des légions d'enfants ; la misère en

dévore un tiers, un autre tiers est emporté par les nombreuses maladies que l'Ordre incohérent fait naître chez les enfants. Il vaudrait bien mieux en produire moins et les conserver ; c'est ce qui est impossible aux civilisés, aussi ne peuvent-ils pas mettre le globe en culture; et malgré leur effrayante pullulation, ils ne suffisent qu'à entretenir le terrain qu'ils occupent.

Lorsque les deux milliards d'habitants auront exploité le globe jusqu'au soixante-cinquième degré, on verra naître la couronne boréale, dont je parlerai plus loin, et qui donnera la chaleur et 1» lumière aux régions glaciales arctiques. Ces nouvelles terres offertes à l'industrie permettront de porter le genre humain au grandcomplet de trois millards. Alors les deux continents seront mis ei> culture, et il n'y aura plus d'obstacle aux créations harmoniques, dont la première (d) commencera environ quatre siècles après l'établissement de l'Ordre combiné.

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