THEORIE MIXTE, 01 ÉTUDE SPÉCULATIVE DE L'ASSOCIATION
PRE-AMBVLE.
KiPPEL Al) PLAN ET AU BLT DE l'OUVRAGE,
(j'est assez de débats avec les aigles du monde savant : descendons maintenant dans la moyenne région, habitée par les hommes qui n'ont pas de prétention à l'Académie, et qui se bornent à juger selon les lumières du sens commun ; c'est à eux que s'adresse la 2"»». partie. Je l'ai dégagée, à dessein, de raisonnements scientifiques; je l'ai restreinte à des calculs familiers et séduisants , qui seront à portée des femmes comme des honrmies.
J'ai annoncé, à l'avant-propos , que dès la 2'ne. partie je joindrais le merveilleux au raisonnement. Cette alliance va rendre les tableaux plus intéressants , et je dois préluder par apostropher les romanciers , (|ui, dispensés de preuves et libres de bâtir sur l'idée d'Association, lies rMteaux en Espagne, n'en ont pas eu la pensée. C'eût été un coup
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2 CIS-LEGOMENES.
de partie que d'attirer l'attention sur ce point. Peu importait qu'on eût commencé par des visions, mille incidents auraient conduit par degrés à des calculs. Tant de gens se plaisent à rêver le bonheur : comment se fait-il que, dans le nombre des illusions et féeries dont on repait leurs esprits, personne n'ait jamais mis enjeu l'idée d'une grande association domestique, ni spéculé sur les bénéfices et les agréments qui en fourraient naître?
Ce sujet, même à le considérer comme utopie (rêve d'harmonie lociale en pays fabuleux ), n'en valait-il pas tant d'autres dont on meuble nos romans politiques? On va voir qu'il eût été bien autrement fécond , et que les romanciers en auraient pu faire, dès le premier instant, une chimère en vogue; chimère qui aurait bien vite acheminé à des tentatives d'épreuve. Pour cette fois, l'on serait arrivé à la sagesse par les chemins de la folie. Tous moyens sont bons quand ils conduisent au bien général, sans préjudicier à personne.
Spéculons sur ces perspectives, dont le tableau sera intelligible aux enfants mêmes, et passionnera d'avance pour la théorie positive d'Association contenue au 2^. tome.
On a vu ( avaut-propos } qu'il serait imprudent de produu-e cet*e théorie avant d'en avoir excité vivement le désir; que l'opération reposant sur des calculs de gastronomie et d'amusements combinés, pourrait sembler au premier abord indigne de confiance. Le lecteur s'épargnera ces doutes , en s'exerçant, dans cette 2™^, partie, sur l'analyse des prodiges que doit enfanter le régime sociétaire. Il en conclura qu'une théorie de plaisirs industriels peut bien conduire au but où n'ont pas abouti nos subtiles théories de i^aiancc. contre-jmds, garantie, f'^uilibre.
En réplique à ces illusions dominantes, il a bien fallu, dans la i". partie, débuter par île graves et profonds raisonnements; prouver qu'on n'est pas en peine de battre les sophistes avec leurs propres armes. Beaucoup de personnes ennemies du jargon scientifique auront glissé sur ces arguments dont fourmille la 1'^, partie; j'ai même dispensé I avant-propos j de cette étude les lecteurs de ô""'. classe. Quant à ceux de classe mixte ou 2'n«. qui en auront pris une légère notion , elle a du leur laisser des impressions qui les guideront dans l'étude de la 2"». partie où nous allons entrer.
D'abord, ils auront fort bien compris que tout va au plus mal eu ce monde , malgré qu'on vante sans cesse le perfectionnement de la raison. Mieux vaudrait avoir déraisonné , et avoir trouvé les voies de richesse et de bonheur dont la multitude civilisée est si éloignée.
Ils auront compris de même qu'il existe beaucoup de branches d'étude négligées et encore vierges, dont j'ai donné de nombreux ta-