‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 150 sur 298 · III · texte numérisé non relu

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comme les chenilles, il en restera à peine pour la subsistance des oiseaux , et l'on pourra , dans celte hypothèse, réduire le nombre des moineaux, qu'il serait dangereux de trop diminuer aujourd'hui par épargne du blé.

Tous ces calculs sont subordonnés à l'emploi des Séries pass. (II, 19), qui ont la propriété de régulariser toutes les fonctions industrielles, chasse, pêche ou autres, cl en limiter l'essor au degré suffisant à l'utilité générale.

Ceux qui auraient spéculé sur l'Association avant d'en connaître le ressort , la Série pass. , n'auraient pas pu raffiner ainsi sur l'équilibre de fonctions et de besoins : mais à défaut d'entrevoir tant d'avantages, on aurait entrevu les principaux , comme ceux de caves et greniers combinés.

De toutes les voies de bénéfice que présente l'Association , il n'en est pas de plus colossale que celle du puissanciel, ou multiple de ressorts qui ne sont pas de même catégorie, comme la manutention , la qualité et la quantité.

Je viens d'analyser une amélioration produisant le quintuple net, sur la seule chance de manutention et raffinage. Si, avec cette chance, on peut en faire intervenir deux autres, qualité et quantité, dont chacune donne seulement le double net, deux pour un, l'on aura le vingluple net en les multipliant les unes par les autres : savoir : BénéQce. Produit.

de manutention, 5 p. 1. ) \

de qualité, 2. )

Produit, 10.

de quantité, 2.

Démontrons la thèse, en continuant l'application au

produit de la vigne , bien plus compromise que le blé par

les intempéries et les vices de gestion.

10. Sur la qualité. Les lempéralures acluelles sont si viciées, si varriables, si outrées, qu'elles fatiguent la végétation au lieu de la seconder. L'été, appelé belle saison, n'ofFre qu'une succession de tous les excès qui peuvent contrarier le règne végétal , et chaque plante peut à peine, sur trois années, en rencontrer une favorable aux développements de qualité. C'est même trop espérer que de se promettre sur trois années de vin une récolte de garde et de bon aîoi : on aura plutôt deux années de détérioration, comme il arriva de 1816, qui ne donna que des raisins verts, et gâta les ceps à tel point qu'ils ne se rétablirent qu'en 1819. On en vit beaucoup, en 1817 et 1818, dont le bois fatigué ne pouvait pas élever son fruit au degré de maturité, malgré la sulïîsance de chaleur.

Si, au lieu de ces excès d'intempéries, l'on obtenait des climatures favorables, comme celles indiquées dans hi note A sur la culture intégrale composée, l'on pourrait compter sur un produit double en qualité , espérer trois bonnes années sur quatre; et à n'en supposer que deux sur trois, le bénéfice de qualité serait déjà double. En le combinant avec celui de manutention , estimé cinq (26), on aurait en résultat un produit décuple, comparativement à l'état actuel des récoltes.

20. Il reste à combiner le bénéfice de quantité avec les deux chances précédentes. Les données sont ici les mêmes que sur la qualité : tout est contrarié par les désordres climaténques. On a vu récemment et depuis l'an 1800 la vallée de Namur à Liège privée pendant sept années consécutives de sa récolte de vins. On a vu presque en même temps les vignes de Maçonnais et Beaujolais criulées pendant six ans , soit par la pyrale ( vermisseau ), soit par

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Jcs gelées , et ne donnant même dans les bonnes années que des quarts et des huitièmes de récolte, comme 4811, année de la belle comète.

Cette lésion, vraiment énorme sur les quantités qu'elle réduit au tiers, cesserait du moment où la restauration climatérique serait opérée selon les détails donnés note A (culture intégrale composée),

A supposer qu'on n'obtînt, année commune, que moitié en sus , le produit serait vingtuple , selon le tableau puissanciel (20), multiple de manutention, qualité et quantité.

La Civilisation contrariée en tous sens par les vices dimatériques et le défaut des moyens de gestion , n'ose pas envisager ces calculs d'amélioration sociétaire ; elle frémit lorsqu'on les lui présente : ils sont pour elle ce qu'est la lumière du soleil pour un œil malade. Elle préfère les consolations du Messager Boiteux (almanacli populaire), qui , lorsqu'on a été ravagé par les gelées , grêles, inondations et sécheresses, nous dit très-poétiquement :

Louons Dieu pour sa grande bonté, Dont il nous gratifie cette année.

D'autres se croient plus sensés que le Messager Boileux, en nous disant: c Aide -toi, le Ciel t'aidera, i (Conseil d'Escobars! Le Ciel n'aide pas toujours celui qui s'est aidé à force de travail. On a pu en juger par la misère de tant de cultivateurs qui, après s'être bien aidés en 1816, étaient réduits, en 1817, à vendre leurs champs pour acheter du pain.

Le Ciel exige de nous une aide composée et non pas simple. Il veut que nous nous aidions de bras et de génie, ol qu'aux efforts de travail nous ajoutions les efforts d'in-

SECONDIi l'ARTIi:. NOTICE IV. 29

venlion pour découvrir notre deslinée sociétaire, dont je viens de démontrer les bénéfices en générique et en puissanciel, et dont nos aides scientifiques esquivent l'étude, en disant : Ça serait trop beau. Restons-en au morcellement industriel, aux 7 fléaux lymbiques (II, 120), pour épargner aux philosophes la peine de découvrir le mécanisme d'Association agricole.

J'ai prouvé qu'elle peut, tout en nous délivrant de V intempérie el du travail morcelé , élever, année comuiune , la richesse au vingtupic effectif, sur certaines récoltes.

xVu lieu de ces calculs sur l'enrichissement réel, sur le vrai libéralisme, qui consiste à augmenter le bien-être des grands et des petits à la fois, on ne s'est exercé que sur des chimères de fausse liberté et de richesse imaginaire des nations, dont les villes jonchées d'indigents démentent si bien les belles théories d'économisme et de perfectionnement.

Loin que l'ordre actuel tende à l'économie, les fonctions improductives y augmentent journellement , et la masse des agents parasites peut être évaluée aux deux tiers de la population ; tout travail étant relativement improductif , quand il peut être épargné par le régime sociétaire. Je donnerai plus loin un tableau de ces nombreuses classes improductives : résumons sur la richesse réelle; classons -en les genres en positif, négatif el relatif, dont se formera la richesse effective de l'Association.

i<*. La richesse positive se composera du produit obtenu par industrie active. Nous avons en Civilisation une assez grande masse de richesse positive, mais dont on pourrait tirer un effectif double et triple ; tels sont les bois qui s'étouffent sans culture , tandis que chaque tige

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