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latin pour nous intéresser à une plante. Qu'un botaniste vienne vous débiter les mots barbares de Tragopogon, MesembryantJiemum , Tetrandria , Rhododendrum , il va vous dégoûter de la science à laquelle vous amorcera de prime-abord une explication d'allégorie sociale. Jugeonsen par quelques végétaux des plus méprisés, comme le buis et le gui.
Rien n'est moins intéressant que le buis, emblème de la pauvreté. Il habite les lieux arides et les terrains ingrats, comme l'indigent qui est réduit au plus chétif domicile, au local dédaigné de tout le monde. On voit les insectes s'attacher au buis, comme au pauvre qui n'a pas le moyen de s'en garantir. Tel que le misérable qui endure patiemment les privations et se fixe au moindre gîte, le buis brave les intempéries et s'attache fortement au mauvais sol où il est relégué. L'indigent n'a point de plaisirs : la nature a peint cet effet en privant la fleur de pétales, qui sont emblèmes du plaisir. Son fruit est une marmite renversée, image de la cuisine du pauvre, qui est réduite à rien; la nature a peint cet effet par le renversement du vase qui , en tout pays , est le fondement de la cuisine. Sa feuille est creusée en cuiller pour recueillir une goutte d'eau, comme la main du pauvre qui cherche à recueillir une obole de la compassion des passants. Son bois est serré et très-noueux, par allusion à la vie rude et à la gêne du misérable chez qui règne l'insalubrité, figurée par l'huile fétide qu'on retire du buis.
Le tableau du parasite n'est pas moins fidèle dans le gui, vivant des sucs d'autrui, se développant indifféremment en sens direct ou inverse, comme l'intrigant qui prend tous les masques. Le gui figure par sa feuille la
duplicité, et donne dans sa glu le piège où viennent se prendre les oiseaux, comme les sots se prennent aux ruses du parasite.
Ainsi tels objets, qui au premier aspect n'excitent que le dédain et la critique, s'embellissent par la fidélité des tableaux et la justesse hiéroglyphique. Sans celte application, la nature est inanimée, simple à nos yeux, dépourvue de lien spirituel avec nous, et le Créateur nous paraît en défaut dans ses sages dispositions. Pourquoi , dit la critique, n'avoir pas donné du parfum à de superbes fleurs, comme,
Tulipe, Renoncule, Hortensia.
Justice. Etiquette. Coquetterie ?
On verra plus loin que si ces fleurs étaient douées de parfum , efles seraient des peintures infidèles, indignes de la vérité qui doit régner dans les tableaux du grand peintre.
Mais quel rapport entre les analogies et un calcul sur l'Association agricole ? Ces deux sujets sont en rapport très-intime : la théorie d'Association étant fondée sur les propriétés des passions, il faudra démontrer par des emblèmes de tous règnes que les lois de l'organisation sociétaire sont écrites dans la nature, ainsi que les tableaux des passions vicieuses, ou essors que donne aux passions 1(3 régime civilisé. On distinguera donc les hiéroglyphes animaux, végétaux, minéraux et aromaux, en deux classes principales; celle de subversion qui, comme le buis et le gui, peint des effets de civilisation, de barbarie, de travail morcelé; puis la classe harmonique où sont représentées les dispositions de l'Harmonie sociétaire, et les caractères qu'elle donne au monde social.
Par exemple, si j'enseigne que , dans une Phalange,
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l'enfance active de 4 1/2 à 20 ans doit être distribuée en o tribus ou chœurs des deux sexes , tom. 4 et 5 ;
i 2'. Chérubins et chérubines , 4 1/2 a 6 1/2 ans.
• 3'. Séraphins et séraphines, 6 1/2 à 9.
i 4^ Lycéens et lycéennes. 9 à 12.
\ 5'. Gymnasiens et gymnasienncs, 12 a 15 1/2.
( 6". Jouvenceaux etjouvencelles, 15 1/2 à 20,
il faut rallier ce précepte à un tableau naturel : on le voit tracé dans la fleur de pensée , dont les cinq pétales bizarrement disposés figurent les relations des 5 tribus de l'enfance. Les trois plus âgées (n^. 4, 5, 6) exercent une autorité régentale sur les deux plus jeunes 2 et 3 ; aussi , par analogie, les trois pétales supérieurs ont-ils la couleur jaune, Paternité [Il , ^64), dont sont privés les 2 inférieurs. Cette leçon devra se répéter dans toutes les autres parties delà plante; dans les feuilles, semences, racines, habitudes et relations de genre ou d'espèces.
Chaque disposition indiquée pour l'ordonnance d'une Phalange sociétaire devra s'étayer de ces preuves analogiques tirées de tous les règnes. Par exemple, si je dis que la Phalange , quel qu'en soit le degré (II, 19), doit se diviser d'abord en 16 tribus d'âges, formant 32 chœurs, 16 masculins et 16 féminins, il faudra démontrer que cette distribution est écrite dans tous les règnes par le Créateur; s'étayer sur ce point de preuves matérielles, depuis les 32 dents et leur pivot, l'os hyoïde, jusqu'aux 32 planètes et leur pivot, le soleil; y ajouter cent autres preuves irrécusables, écrites dans le grand livre de la nature, et visiblement analogues à cette disposition.
Ceci devient bien profond , dira un critique , et vous oubliez que vous avez promis en titre une instruction pour )ps dames; que vous avez, de plus, pris l'engagement de
SECONDE PARTIE. PIVOT INVERSE. 2iil
leur parler de roses, de tourterelles. Sans doute : mais à la part des dames, je dois joindre la part des sophistes qui dissertent sur l'unité de l'univers, et faussent les esprits sur ce problème comme sur tous les autres.
Je vais passer aux leçons de compétence féminine, qui occuperont les deux articles Citer et Inter. Je les dégagerai à dessein du jargon scientifique relégué au 3^. article, et je réitère que toute femme, après avoir lu les l^"". et 2^., Citer et Inter, pourra déjà donner aux philosophes des leçons élémentaires sur l'unité de l'univers, en attendant la théorie où les dames brilleront tout autant que les beaux esprits.
Cette élude, neuve s'il en fut jamais, doit fixer l'attention sous double rapport : elle offre, l^. l'avantage de réduire toutes les sciences vagues en sciences fixes, ralliées à l'ordre général de la nature, et élayées de démonstrations matérielles qu'on puisera dans les quatre règnes.
20. L'avantage de faire dans l'âge adulte une diversion à la grande influence de l'amour; de présenter à la jeunesse de 16 à 20 ans une amorce scientifique assez puissante pour l'entraîner à l'étude , par l'appât même des caractères et propriétés de l'amour qu'elle verra dépeints dans les animaux, végétaux, minéraux et aromaux.
Sous ces deux rapports la science de l'analogie serait déjà ce qu'il y aurait de plus digne de l'attention générale ; mais son plus grand relief est d'expliquer le système d'unité de l'univers, objet de tant de vaines recherches parmi les corps savants.
L'unité de l'univers est interne et externe : l'interne comprend le globe matériel et passionnel. J'ai traité du matériel et de ses harmonies unitaires (note A, Inlrod.
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84). Je vais traiter du globe passionnel el de ses unités internes, dans les trois articles Citer, Inter et Ulter. Quant à l'unité externe ou cosmogonie (i), elle sera exposée abréviativement dans la grande note E , dont le plan se trouve à la fin de cet article.
CITEPi. — Mosaïque de tableaux en règne végétal.
Sans cesse on nous conseille de nous rallier à la nature : elle s'accorde avec nous dans le mépris que nous témoignons à l'ordre simple. Comme nous, elle dédaigne la fleur des champs et le fruit des bois; elle ne les crée que pour s'allier à notre industrie , s'embellir et se perleclionner par les travaux de l'homme, produire sous sa main des fleurs et des fruits composés et non pas simples .
il en est de même des éludes; elles doivent être cornposées et non pas simples. Il faut envisager dans le système de la nature le matériel et le spirituel, combiner l'un et l'autre; c'est ce que n'ont jamais fait les naturalistes. Leurs méthodes ne parlent qu'aux yeux et non à l'âme : ils n'ont jamais tenlé de rallier leur science aux
(i) Rien n'est plus commun aujourd'hui fjue les cosmogoniea ; loul faiseur de système se croit obligé , en conscience , de donner la sienne. Le siècle tend visiblement a pene'lrer ce grand mystère, sur lequel il a fait, Iiclas ! moins de progrès qu'en aucune autre science. Il va passer subitement de l'extrême obscurité' à la pleine lumière, sauf a faire trêve de petitesse; s'habituer à ne voir ea mouvement rien de petit ni de grand ; raisonner sur la naissance, l'accroissement , le déclin et la mort des astres , aussi froidemcn que sur les phases de la vie d'un homme ou d'un insecte. C'est à quoi je voulais former les leciem's, dans la Note E, dont je nepuis donner que l'aperçu.
passions, de déterminer des analogies entre les passions et les substances créées.
Quelques sophistes ont publié des fariboles analogiques intitulées le langage des fleurs : il suffit , pour les confondre , de leur demander le langage des feuilles, le langage des fruits, des graines , des racines, etc. : si l'on connaît le système de la nature végétale quant aux analogies, on doit le connaître tout entier, en fruits comme en fleurs.
Cherchons donc dans les fleurs et les fruits des leçons qui s'adressent à l'âme; des emblèmes de nos passions. Je commence par la rose , l'œillet et autres fleurs bien connue?; de là nous passerons aux fruits.
La rose est, de tous les tableaux naturels , celui qui a été le mieux compris. Chacun a su expliquer l'analogie de l'épine qui blesse légèrement le ravisseur. Chacun a vu l'emblème de la pudeur dans la propriété qu'a celte fleur de plaire en demi-éclosion. Une rose est insipide si elle est bien épanouie ; elle est ravissante si elle est â demi-fermée. Ainsi la jeune innocente plaît mieux que la femme exercée, et les appas à demi-voilés plaisent mieux que des nudités.
La rose ne présente que des allégories faciles à comprendre. L'incarnat de ses pétales est bien l'emblème des couleurs du bel âge; la plante afleclionne les lieux frais, en symbole de la fraîcheur de jeunesse dont elle est l'image. Son parfum , qu'on appelle mal à propos doux parfum des roses , est un arôme très-enivrant , comme l'amour que peut inspirer une jeune fille vraiment pudique. Rien n'est simple dans ces accessoires : calice trèsorné, feuille parfumée et dentée avec délicatesse; tout est charmant et soigné dans ce petit arbuste , parce qu'il
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représente non pas la bergère grossière , simple et champêtre, comme l'ont cru les moralistes , mais la jouvencelle élevée dans le luxe, habituée aux bienséances, et rehaussant les dons de la nature par les secours de l'art ; enfin la pudeur en mode composé et non en simple.
Cette intervention du travail de l'art se peint dans la feuille finement découpée ; le parfum de la feuille peint une jeune fille qui dans l'opulence est laborieuse (comme le seront les vestales harmoniennes). Observons à ce sujet, qu'en explication d'analogies végétales, chaque portion de la plante fournit des emblèmes génériques.
La Racine est emblème des principes qui régnent dans l'essor de la passion;
La Tige , emblème de la marche que suit la passion ;
La Feuille , emblème du travail de la classe ou personne dépeinte, puis du travail et des soins, comme éducation et autres, qui ont préparé tel effet de passion ;
Le Calice , emblème des formes dont s'enveloppe une passion , des alentours qui l'influencent ;
Les Pétales, emblèmes de l'espèce de plaisir attaché à l'exercice de la passion;
Les Pistils et Étamijnes, emblèmes du produit que doit donner la passion ;
La Graine , emblème du trésor amassé par exercice de la passion ;
Le Parfum, emblème du charme qu'excite la passion.
J'indiquerai abréviativement ces analogies par alliage de deux noms , comme ceux-ci :
Feuille-Travail ; Pétale-Plaisir ; Graine-Trésor.
D'où vient que les écrivains , si habiles à expliquer les tableaux de la Rose, n'ontvu dans I'OEillet qu'une énigme impénétrable? C'est qu'ils n'ont pas même de notions
élémentaires en ce genre d'éludé; ils ne connaissent pas encore l'analogie des couleurs, dont neuf sont adaptées au tableau (II, 165).
Guidés par celte indication, ils auraient vu que l'œillet représente un être gorgé d'amour ; car le corps de la plante , feuillage , lige , calice , est plus près de l'azur que du vert. Sa couleur est un petit bleu argentin ; d'où il est clair (II, 164), que l'œillet dépeint un être qui ne respire qu'amour, une classe que l'amour obsède et affaiblit, puisque l'œillet, son emblème, tombe et traîne à terre sa tige élégante. Il faut qu'une main amicale vienne le soutenir, le marier à une branche d'osier nommée-tuteur.
Telle est la jeune fllle que presse un tempérament ardent : fatiguée de réplétion d'amour , elle succombe comme l'œillet ; elle essuie même des maladies; le besoin du plaisir surmonte en elle tous les obstacles du préjugé ; et, par analogie, l'œillet dans un calice gorgé de pétales crève son enveloppe et s'échappe en désordre , laissant tomber ses pétales, symboles de plaisir. Il faut que la main de l'homme aide à rompre les barrières du calice , et qu'un ingénieux encartage favorise le développement des pétales. II faut de même à la jeune fille à tempérament un mari aux petits soins, qui intervienne pour le plein essor des plaisirs. (Pétale est emblème de plaisir. )
Aidée de ces divers appuis, la fleur est pompeuse, magnifique; et c'est pour nous peindre fidèlement cet état de la jeune fille , ce besoin de mari protecteur et de soins galants, que l'œillet succombe sous le poids de sa fleur et réclame de nous doulîle secours de branche d'osier et d'encartage.
{Nota. L'œillet devrait porter un nom féminin, puisqii'ilreprésente une fille. Les naturalistes ont joué de
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malheur dans les nomenclalures : ils ont presque partout désigné les genres à contre-sens ; c'est une erreur à ajouter à tant d'autres : tout sera bientôt rectifié, puisqu'enfin le système de la nature est découvert.)
Les détails iraient à l'infini , si on voulait analyser complètement un tableau végétal , disserter sur les formes des racines et des graines , sur les habitudes et époques de développement, sur les parallèles et contrastes. Par exemple , dans la rose et l'œillet ,
Pourquoi la découpure ou denture est-elle placée surles feuilles de la rose, et parcontraste sur lespétales derœillel?
Pourquoi l'épine est-elle placée sur les tiges du rosier, tandis qu'elle se trouve, dans l'œillet, à la pointe des feuilles terminées en piquants?
Ces dispositions sont autant d'emblèmes des effets de l'amour et de l'éducation chez les jeunes filles opulentes ; car ici ce n'est point la classe pauvre qui est dépeinte. Quand la nature veut peindre les effets et caractères de pauvreté , elle a soin de les placer, comme le buis et le genêt, dans les terrains les plus dédaignés; mais quand une (leur ou un fruit figurent au corset des petites maîtresses ou à la table des sybarites, croyez que ces végétaux ne représentent que les passions et caractères de la classe riche : le Créateur est un peintre bien fidèle ; il ne commet pas d'erreurs.
Une phrase de commentaire sur ce premier tableau , sur les deux hiéroglyphes de la rose et de l'œillet! nos docteurs en unité de l'univers ne savent donc pas encore expliquer l'unité sur les deux fleurs les plus connues ! Bien plus : ils découvrent par instinct cette unité dans la rose ; ils savent y reconnaître le tableau de la pudeur , et ils échouent complètement sur l'œillet, dont ils ne savent
expliquer en aucun sens l'analogie avec nos passions. Que sera-ce des végétaux dont le langage hiéroglyphique est moins intelligible?
Combien ils avaient besoin qu'une théorie nouvelle vînt leur livrer la clef de ce grimoire! La psycologie comparée est une science aussi immense que charmante; elle remplira au moins mille gros volumes pour le seul règne végétal; et les dames, sur ce sujet, pourront disputer les palmes de la renommée; car on accolera à chaque solution de ces innombrables énigmes les noms de celles qui les auront expliquées. Et comme un seul végétal peut, dans ses détails , présenter cent problèmes, il pourra immortaliser cent personnages, hommes ou femme», qui auront expliqué un ou plusieurs des problèmes , et leur valoir des récompenses unitaires, selon la distribution indiquée à l'Intermède (II, 3o3).
Cette jolie et lucrative science va faire tomber le goût des énigmes simples , telles que le Mercure en envoie chaque semaine aux oisifs des châteaux. Elles feront place aux énigmes composées ou alliées aux passions. Continuons sur les fleurs en faveur, les roses et les lis.
La nature, dans ses emblèmes, est indiscrète à force de fidélité du pinceau, notamment dans les végétaux et animaux symboliques de la vérité , comme la fleur de Us , le sapin , le cygne , le cerf. Observons d'abord celte indiscrétion dans la fleur de lis.
La tige en est droite et ferme , comme la marche de l'homme véridique. Elle se distingue par un entourage de folioles gracieuses : ainsi l'homme honorable et véridique brille par les traces d'estime qu'il laisse dans toutes ses fonctions industrielles ou administratives ( feuille et travail sont synonymes, 224).
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La corolle est , comme celle de la tulipe, un triangle sans calice, par analogie à l'homme véridique (lis), et à l'homme juste (tulipe). Leur conduite ne s'enveloppe d'aucun mystère et marche à découvert : ainsi la racine bulbeuse du lis est enlr'ouverte de toutes parts en lames détachées, et laisse voir l'intérieur de l'oignon, par analogie à la marche de l'homme loyal dont les principes et le fond du cœur sont à découvert.
Celte fleur, emblème de la pureté et de la droiture, a deux propriétés bizarres ; elle est perfide et reléguée.
10. Perfide, en ce qu'elle barbouille d'une poudre jaunâtre celui qui s'en approche, séduit par son parfum. Cette souillure qui excite les huées représente le sort de ceux qui se familiarisent avec la vérité.
Qu'un homme docile aux leçons des philosophes , et résolu à pratiquer l'auguste vérité qui est , disent-ils, la meilleure amie des humains , s'en aille dans un salon dire la franche et bonne vérité sur les faits et gestes des assistants, sur les grivelages des gens d'affaires et les intrigues secrètes des dames présentes, il sera conspué, traité d'ostrogot philosophique , butor inadmissible en bonne compagnie. Chacun, par une invitation de passer la porte, lui prouvera que l'auguste vérité n'est point du tout la meilleure amie des humains , et ne peut conduire qu'à des disgrâces quiconque veut la pratiquer.
La nature nous écrit cotte leçon dans le pollen dont elle enduit les étamines du lis. Il semble qu'elle ait voulu dire à l'homme attiré par cette fleur : Défie-toi de la vérité ; ne t'y frotte pas. C'est là le but de ce barbouillage qu'elle imprime sur les nez imprudents qui se frottent sans précaution à la fleur de lis, et se font, l'instant d'après, montrer au doigt par les enfants, comme on se
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fait montrer au doigt par les pères , quand on se hasarde à leur dire l'auguste vérité.
2o. Reléguée. La vérité est belle, si l'on veut, mais belle à voir de loin; et telle est l'opinion du grand monde, puisqu'il ne peut pas admettre la fleur de vérité. On ne présentera pas un bouquet de lis à une femme de bon genre ; on ne verra pas de lis dans le sallon d'un Crésus. Toute belle qu'est cette fleur, sa forme, son parfum , son éclat , ne conviennent pas à la classe des sybarites. Ils n'aiment le lis que de loin, comme la vérité; ils le relèguent dans les angles du parterre. La fleur, comme bouquet, ne peut convenir qu'au peuple qui ne craint pas les pesantes vérités. Aussi voit-on le lis figurer dans les fêtes publiques et sur la porte des cabarets où règne la vérité. Il charme les enfants qui ne craignent pas la bonne et franche vérité. Enfin on l'emploie à orner les statues et portraits des saints aux jours de fêtes; et c'est fort bien fait de placer le symbole de la vérité entre les mains des habitants du ciel; car si elle est de recette en l'autre monde, elle ne l'est nullement en celui-ci.
D'autres emblèmes de vérité sont moulés dans les espèces de cette fleur. Le lis orange représente une autre classe d'amants de la vérité, ces misanthropes atrabilaires qui la pratiquent avec rudesse et ne savent point la rendre aimable. Aussi ce lis a-t-il tous les caractères de l'âpreté; il est sans parfum ; sa couleur est celle de l'enthousiasme sévère, orange sombre [II, 164), nuance terne, taches noires; mais ne donnons pas exclusivement aux roses et aux lis un article où tant d'autres fleurs sollicitent quelque place. L'iris dont il a déjà été question exige encore divers détails.
L'iris, emblème du mariage, porte trois chenilles sur
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ses trois pétales : or on ne peut voir qu'un symbole de vice, partout où le règne végétal figure des chenilles, comme dans l'euphorbe et l'héliotrope défleuri (la chenille étant l'eniblème principal des sociétés lymbiques, et de leur métamorphose en état sociétaire, figuré par le papillon qui succède au vénéneux et dégoûtant insecte , comme l'état sociétaire doit succéder aux infamies civilisées , barbares et sauvages).
L'iris fournit successivement deux corolles ou fleurs qui semblent s'éviter, s'isoler l'une de l'autre. On voit la seconde longtemps cachée apparaître inopinément dés que la première est passée. C'est l'image du lien conjugal, où un homme presque suranné s'unit à une jeune femme. L'âge du plaisir n'est plus commun entr'eux; il finit pour l'un et commence pour l'autre : aussi la seconde Heur n'éclot-ellc que lorsque la première est flétrie.
La corolle d'iris paraît formée de trois fleurs distinctes et réunies forcément par leurs extrémités. Le mariage est de même un composé de trois affections bien distinctes et péniblement amalgamées ; ce sont ;
L'amour matériel simple Bleu terne.
Lacoalitionconjugaleoulignedomestique. Violet faux.
Le lien de ménage et de paternité. . . . Jaune.
Ces trois couleurs correspondent aux trois effets passionnels.
Le réceptacle d'étamines a la forme de chenille, emblème des sordides calculs qui président au mariage. Trois pétales accessoires s'élèvent et se rapprochent gracieusement, abandonnant le corps de la fleur; tandis que les trois pétales productifs, portant graine, s'isolent et semblent s'éviter. Ainsi dans le mariage, les trois sexes, homme, f^mme et enfant, cherchent hors du mé-
SECONDE PARTIE. PIVOT INVERSE. 2ù\
nage des réunions agréables qui n'existent guère dans la vie domestique , où l'on rencontre plutôt la gêne et la discorde.
Par analogie, la nature écrase en éventail la feuille de l'iris commun; c'est l'image de la gêne qui règne dans les mariages pauvres et les petits ménages. La feuille d'iris commun est terminée par une pointe desséchée , en signe de la pauvreté où conduit le travail des ménages pauvres. On dirait, d'après l'écrasement des feuilles au sortir de la racine, qu'elles manquent d'espace pour s'étendre et s'arrondir : c'est un emblème de la pénurie des ménages malaisés , qui ne peuvent pas obtenir du travail , ou n'en obtiennent qu'en servage et non pour eux.
Comme il est des ménages riches et heureux, ainsi que de pauvres et malheureux, la nature a dû figurer cette duplicité d'effets du mariage en donnant au végétal symbolique, duplicité de racines et de feuilles, malgré l'unité ou conformité des dispositions de la fleur.
Une distinction bien essentielle dans celte étude est celle des 8 sociétés , à l'une desquelles se rapporte chaque végétal (v. tableau, Introd., 35). Une plante représentant quelqu'eflet de barbarie serait incompréhensible pour celui qui ne connaîtrait pas les usages des barbares ; et ainsi des plantes qui représentent les effets sociaux des périodes 6, 7, 8 : elles seront incompréhensibles à ceux qui ne connaissent rien au-dessus de la civilisation, période 5.
Des fleurettes bien connues, jasmin, violette, pensée, réséda, sont des tableaux de la période 8 : comment traiter de ces analogies avec un lecteur qui ne connaît pas les coutumes de la 8®. société décrite aux tomes suivants? Pour faire sentir la nécessité d'étudier la 8^. période avant
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(l'étudier les analogies de botanique , je vais expliquer seulement une des quatre fleurettes citées plus haut. Je choisis le Réséda très-considéré par l'excellence de son parfum.
Il représente les industrieux enfants de l'ordre sociétaire (tome IV, sections 3 et 4). Sa fleur n'a point de pétales visibles ; elle ne se compose que de la partie productive, étamines et pistil, par allégorie aux enfants d'Harmonie, sans cesse occupés à des fonctions productives et ne trouvant de plaisir que dans le travail utile, qu'ils exercent dans une foule de Séries pass.; par analogie, le réséda supprime les pétales, emblème de plaisir improductif. Un parfum trés-suave s'échappe de cette fleurette, en symbole du charme qu'excitent les enfants adonnés passionnément à l'utile industrie. La nature donne aux étamines la nuance capucine, mélange de rouge etorange (couleursd'enthousiasme et d'ambition, II, 164), en symbole du levier industriel des enfants harmoniens , qui est un enthousiasme soutenu d'ambition.
Au-dessous des fleurs vient une longue file de petits sacs, peu remplis et ouverts ; c'est l'emblème de tous les petits trésors qu'amasse l'enfant harmonien dans sa jeunesse , où il dépense fort peu de chose , et accumule d'ordinaire une cinquantaine de menues sommes, épargnées sur les dividendes obtenus dans les difl'érentes Séries qu'il a fréquentées. Leur ensemble compose ù l'enfant un petit pécule qu'on lui livrera à 15 ans. Il y a peu de graine dans les capsules, parce que l'enfant ne doit gagner que des dividendes peu considérables dans ses Séries. La nature a laissé les sacs ouverts quoique renversés; c'est manquer doublement aux précautions de prudence , par analogie à l'impossibilité de tromper et frustrer un enfant
SECONDE PAtlTIE. PIVOT INVERSE. 235
Ijahfionien , malgré qu'il dédaigne toute précaution contre l'astuce et le vol.
Ce n'est pas aux moBurs des enfants civilisés que peut s'appliquer ce tableau. On comprend par là qu'il serait impossible d'étudier les analogies végétales et animales, tant qu'on ignorerait le mécanisme des périodes sociales 6, 7,8, auxquelles se rapportent nombre de plantes , comme jasmin, violette, pensée, réséda, serpentin, cacao, dont l'analogie n'existe point dans les coutumes et mœurs de civilisation.
Mais du moment où on connaîtra les coutumes des huit périodes sociales tablées(Introd., 55), on pourra en trouver les portraits dans le vaste musée des quatre régnes , où les effets de nos passions sont hiéroglyphiquement dépeints. Jusque-là , les naturalistes ne peuvent qu'observer des EFFETS , sans connaître les CAUSES qui ont déterminé Dieu dans ses opérations distributives. Si on leur demande pourquoi le lis est enduit d'un pollen qui vient souiller perfidement la face de l'homme ; pourquoi l'œillet crève irrégulièrement son calice, ils sont forcés à se retrancher dans les profondes profondeurs des décrets et l'épaisse épaisseur des voiles d'airain. Ce qui signifie en langage bourgeois , qu'ils ne connaissent goutte au calcul des CAUSES ; que leurs études sont bornées au mode simple, au classement des EFFETS.
Si nous ignorons les causes qui ont présidé à chaque détail de la création, nous sommes tentés à tout instant de critiquer la nature et son docte auteur , dont nous admirerions le pinceau fidèle, si nous savions déterminer par analogie le sens de leurs tableaux. En voyant un réséda , chacun s'écrie : Quel dommage que cette fleurette si odorante ne soit pas un peu plus ornée , qu'elle n'ait
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pas de brillants pétales! et puis ce fatras de capsules presque sans graine, c'est une surcharge inutile : ainsi s'exprime la raison civilisée ou raison simple qui ne connaît que les effets et non les causes. On a vu plus haut que le tableau manquerait de vérité , si Dieu avait fait une seule de ces corrections; le réséda ne peindrait plus les coutumes industrielles des enfants en 8^. période; et le lis qui ne barbouillerait pas les nez civilisés ne serait plus l'interprète exact des périls encourus par celui qui veut pratiquer en civilisation la vérité et la droiture.
Est-il de femme qui manque à critiquer la nature sur ce qu'elle prive de parfum des fleurs superbes, tulipe, renoncule et autres, qui par cette raison sont dédaignées du sexe? Pour dissiper cette prévention, dissertons sur quelques fleurs inodores et douées de caractères vicieux en apparence pour qui n'observe que les effets , sans connaître les tableaux de passions. Choisissons les trois fleurs inodores dites,
Belsamine, hiéroglyphe de l'égoïste industrieux.
Couronne-impériale , » du savant malheureux.
Hortensia, » de la coquette prodigue.
Chacun connaît la belsamine , ressource des parterres en automne. Si l'on veut cueillir ses graines , en rassembler dans la main une douzaine de capsules, à peine at-on fermé la main pour les mieux contenir que les enveloppes se brisent; le porteur se trouble et la graine s'échappe de toutes parts; la cueillette est perdue par l'empressement qu'on met à la retenir. N'est-ce pas là une raillerie de la nature? Nous donner un produit pour nous l'ôterau moment où nous le serrons avec soin! Expliquons le secret de cette bizarrerie.
La belsamine est le portrait de l'égoïste industrieux
(l'égoisine est caractère dominant chez les gens riches qui s'adonnent à l'industrie). Lesfeuilles finement dentées »'t symétriquement distribuées sont un emblème de travail intelligent (224). Une touffe de feuilles surmonte les lleurs, en symbole de l'économe judicieux et prudent, qui veut que le travail (figuré par les feuilles) et le bénéfice excèdent la dépense. En suivant cette méthode, il peut briller longtemps sans s'appauvrir , comme la belsamine qui donne une série de fleurs copieuses, brillantes et longtemps renouvelées.
Les ménages pourvus de cette prudence raffinée sont ambitieux et égoïstes au suprême degré. Aussi la belsamine , par analogie , refuse-t-elle tout cadeau à l'homme ; ses fleurs sont imprenables isolément par défaut de queue, et collectivement par embarras de feuillage. On ne peut ni les cueillir ni en garnir des vases de salon; c'est une plante qui ne vit que pour elle, comme les ménages de riches égoïstes donnant du relief au pays ; gens d'industrie et de représentation, utiles à la masse, mais insipides par leur esprit cauteleux; gens qui se rendent nécessaires comme la belsamine, sans être ni aimés ni aimables. Ils savent s'installer dans toutes les avenues de la grandeur, comme cette fleur qui s'empare des lieux les plus fréquentés du parterre, et y joue le grand rôle sans y exciter de charme, aussi est-elle privée du parfum, symbole de charme. Elle est tardive et meuble d'automne, par allusion à ces thésauriseurs qui ne commencent que sur le tard à figurer dans le monde. Malgré toute leur vigilance , il arrive que leur fortune passe à des héritiers imprudents qui la dissipent ; et de même la graine ou héritage de la belsamine s'échappe des mains au moment où on la recueille sans précaution.
236 GIS-LÉGOMÈNES.
Ladite fleur serait plus intéressante en parallèle avec son alliée d'automne, la reine-marguerite, hiéroglyphe des bonnes ménagères; mais nous aurions tant de fleurs à passer en revue, que je suis obligé de limiter le choix. Examinons le moule opposé à la belsamine. J'ai dépeint l'intrigant industriel et fortuné, voyons le portrait de la noble industrie humiliée ; c'est celle du savant ou artiste.
11 est peint dans une fleur nommée Couronne impériale, donnant six corolles renversées et surmontées comme la belsamine d'une touffe de feuillage. Cette fleur qui a la forme de vérité (forme triangulaire du lis et de la tulipe) excite un vif intérêt par l'accessoire de six larmes qui se trouvent au fond du calice. Chacun s'en étonne ; il semble que la fleur soit dans la tristesse; elle baisse la tête et répand de grosses larmes qu'elle tient cachées sous les étamines. C'est donc l'emblème d'une classe qui gémit en secret. Cette classe est très-industrieuse , car la fleur porte en bannière le signe d'industrie , la toufl'e de feuilles groupées au haut de la tige , en symbole de la haute et noble industrie, des sciences et arts.
La classe d'industrieux qui gémit en secret n'est pas celle des plébéiens grossiers, mais celle des savants utiles et obligés de fléchir devant le vice heureux : aussi la plante incline-t-el!e ses belles fleurs en attitude humiliante. Elles sont gonflées de larmes cachées , image du sort des savants et artistes, qui font l'ornement principal de la société et n'en sont payés que par des dégoûts, tandis que les agioteurs et sangsues amoncèlent des trésors en quelques instants.
Cette fleur est de couleur orange qui est celle de l enthousiasme ou composite (II, 164), par analogie à la classe industrieuse des savants et artistes qui n'ont
d'autre soutien que l'enthousiasme contre la pauvreté et les humiliations dont ils sont abreuvés dans le jeune âge.
A la suite d'une pénible jeunesse , ils parviennent à obtenir quelque relief ou quelque petit bien-être : par imitation, la fleur, après avoir passé le bel âge dans une attitude humiliante, élève enfin son pédoncule et sa capsule de graine ; mais il est trop lard pour prendre celte altitude , quand le pédoncule n'est plus orné de sa belle fleur et n'a plus qu'une triste gousse à présenter. Cet eflet dépeint le tardif bien-être des savants et artistes, qui ne peuvent lever la tête, sortir de l'état de gêne et d'oppression, qu'après avoir consumé péniblement leur jeunesse à amasser quelqu'argent , après avoir fléchi dans leurs jeunes années sous le poids de la délraclion, de la pauvreté, de l'injustice, et perdu les beaux jours de la vie à préserver leur vieillesse de l'indigence.
Ainsi la nature, toujours en contradiction avec la philosophie , ne voit qu'ennuis et disgrâces dans cette étude où la morale nous peint des torrents de charmes ineffables; mais n'oublions pas que l'article est consacré aux dames; je vais me rallier aux convenances du sexe , et lui présenter dans l'hortensia un tableau plus à sa portée.
L'hortensia, emblème de la coquetterie , étale force parure, plus de fleurs que de feuilles (j'ai compté 108 grosses boules sur un hortensia de moyenne dimension). C'est une plante qui fatigue l'œil par ses massifs de fleurs : elle donne dans le même excès que la coquette qui voudrait consumer en colifichets toute la fortune du ménage. Par analogie , l'hortensia cache ses feuilles sous un fatras de fleurs inodores et à demi-nuancées, en rosat ou demirose , argentin ou demi-bleu, lilas ou demi-violet ; teintes ambiguës comme les sentiments de la coquette , qui sont :
2ÔS CIS-LÉGOMÈNES.
Cn faible amour, argentin et non azur.
Une demi-amitié , lilas et non violet.
Une fausse pudeur, rosat et non rose.
L'hortensia et la belsamine ( coquette et égoïste ) sont deux fleurs qui ne vivent que pour elles , et se refusent à la coupe. On ne peut employer l'hortensia coupé ni en bouquets, à cause du fatras, ni en vases où il se flétrit subitement. Non cojpé , c'est-à-dire en pots , il figure à merveille dans les salons et les jardins, comme la coquette dans le grand monde. Il n'a pas de parfum, parce que la coquette éblouit les yeux et fascine l'esprit sans trop gagner les cœurs; elle charme les sens : le lien est simple ; il faut que le charme de la fleur soit simple , récréant la vue sans flatter l'odorat.
La coquette se ruine par le luxe ; et l'hortensia , par analogie, craint l'astre du luxe, et périt d'un coup de soleil. La coquette, au déclin de l'âge, appauvrie par ses folles dépenses, est forcée à s'industrier : par imitation , l'hortensia, après avoiramplement brillé, perd son coloris, son luxe, et prend la nuance du travail, le vert, couleur de la feuille. Il n'arrive qu'au demi-vert, parce que la coquette ne revient qu'à un demi-travail allié aux intrigues. Enfin, à un âge avancé, elle tombe dans le rôle de prude; et l'hortensia, par allégorie, revêt dans l'arrière-saison la couleur de la pruderie, le brun, nuance de la scabieuse qui est fleur de la pruderie, rebelleà la main qui veut la cueillir.
Les coquettes du grand ton sont des femmes qui ont reçu une éducation soignée ; et pour emblème de ce travail préparatoire la nature donne à l'hortensia une feuille élégamment dentée en losange symétrique. La fleur semble privée d'étamines et pistils; c'est le tableau de la coquette qui ne s'occupe nullement du rôle productif. Aussi
les parties de fruclificalion sont-elles cachées dans l'hortensia , fleur qui , pour arriver à la perfection , exige un grand attirail de soins : sa toilette agricole est des plus compliquées, image exacte des personnages que représente la fleur.
Obligé de laisser en suspens cet article , j'invite à différer tout jugement sur cette branche intéressante de la nouvelle science, en annonçant qu'elle ne se borne pas à l'agréable , et que sous le rapport de l'utile elle nous vaudra l'avantage de déterminer les antidotes naturels à toutes les maladies. Les remèdes à la goutte, à l'hydrophobie, à l'épilepsie , seront exactement connus, lorsqu'on aura porté au complet la science de l'analogie passionnelle. Cette condition de complet suppose l'achèvement du calcul d'analogie, exigeant sur les seuls végétaux, 40,000 solutions. Pour y parvenir, il faudra que les corps savants paient tribut d'études, et non de belles phrases.
Cet article Citer sera continué au demi-volume additionnel , et augmenté de la série suivante.
Hiéroglyplie!» en règne T^égétal.
K Le GÉRANIUM , IJindustrie sériaire.
Odorantes.
Inodores.
Kufantines.
La tlmbèreuse .
La hyacinthe , La jonquille, L'héliotrope ,
! La R. Marguerite , \ La renoncule, j L'anémone , V La tulippe ,
/ Le jasmtn ,
) La pensée ,
I La t-iolelte ,
^ L'oreille d'ours ,
)/<, La Mauve,
La galante émancipée.
La galante contenue.
L'amour maternel.
L'esprit sordide.
La bonne ménagère.
L'étiquette de Cour.
Les parvenus opulents.
La justice individuelle.
Lambition enfantine.
Les chœurs impubères.
Les bambins laborieux.
Les enfants studieux.
L'amhition civilisée.
240 ClS-LÉGOMÈNES.
On y ajoutera une grande note d'analogie sur les végétaux philosophiques , les choux et les raves de tous calibres, petits et grands: les carottes , panais , salsifis, céleris , pommes-de-terre et betteraves. C'est dans celte note que seront méthodiquement jugées et réfutées les visions de nos moralistes sur le doux plaisir des champs (voyez Post-Logue, tom. Y). Ladite note sur les raves et les choux contiendra les premiers aperçus de médecine composée ou naturelle. Dans cet article on donnera aussi quelques notions d'analogie sur les fruits , les arbres et végétaux quelconques.
L'article Imer contiendra une mosaïque de tableaux en règne animal : il traitera des quadrupèdes les plus connus, ainsi que des oiseaux domestiques, tels que
K Le Cygne, La vertu inutile.
Le poulet , Les amants inconstants.
Le pigeon , Les jeunes amants.
Le faisan , Les amants jaloux.
Le canard , Les maris « subjugués. »
Le dinde , Les amoureux transis.
L'oie , Les paysans rusés.
La pintade, Les gens communs.
X Le Paon , L' Harmonie se'riaire ,
Aux deux articles Citer et Inter indiqués sous le titre d'instruction pour les dames, il eût convenu d'ajouter un article d'analogie en minéral : connaissant fort peu ce règne, je me bornerai à en dire quelques mots.
L'article Ulter est du ressort des savants ; il contiendra un résumé sur l'ensemble des unités de la nature, et sur leur mécanisme classé en quatre quadrilles, comme les ralliements passionnels (tom. V, section 7^.).
Enlretemps : on peut déjà reconnaître que l'élude de
l'histoire naturelle par voie d'analogie aux passions, sera aussi attrayante que les méthodes actuelles sont insipides. J'insisterai sur ce parallèle quand j'aurai donné des notions suffisantes sur l'analogie universelle. Envisageons-la en externe : ce sera le sujet de la note E, dont je me borne à donner une esquisse bien insuffisante sur un sujet de si haut intérêt.
Esquisse de la Note E , sur la Cosmogonie appliquée , sur les Créations scissionnaires et contre-moulées.