‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 183 sur 298 · CIS-LÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

CIS-LÉGOMÈNES

vence , lolivicr sur les rives de la Tamise , et souvent des nuiis bien plus belles que nos plus beaux jours, quand par un temps serein elles seront éclairées de 3 ou 4, et quelquefois des 5 flambeaux lunaires, a criitallin vif et lustré, comme le sont ceux des astres vivants.

La momie Pliœbe qui , a raison de sa mort, est privée d'atmospbcre ne peut avoir que le cristallin terne et mat. Il faut tout le mauvais goût des civilisés pour admirer ce cadavre blafard, bien plus odieux eucore par ses résorptions délétères et par le fléau de lune rousse ou 2\ biver qui vient chaque année déshonorer le printemps, nous enlever non la d'ime ni le quint, mais souvent moitié de nos récoltes; enfin nous entraver dans le cours de l'année par des températures toujours outrées en durée, et pernicieuses a l'homme, a l'animal, au végétal, dont les besoins exigent la fréquente variété , telle que nous l'obtiendrons de l'influence alternative de nos cinq satellites, combinée avec celle de l'anneau boréal.

2°. Lésion externe étendue a notre univers. Sujet effrayant pour les pygmées! 11 faut considérer notre univers comme une pomme sidérale, jouant son rôle parmi des millions d'autres univers, et sujet aux phases d'accroissement et décroissemcnt.

Un homme est plus petit dans l'enfance que dans l'adolescence : une planète est d'égale grosseur dansFunetFautre âge; un univers est plus gros dans l'enfance que dans la miturité. Ce n'est point une bizarrerie ni un contre-sens ; l'effet tient à ce que les planètes et les univers ne croissent qu'en litre d'arômes et non en dimention matérielle.

Dès qu'un univers est raffiné , parvenu au degré pubère , il se concentre; ses tourbillons se resserrent et sont d'autant plus illuminés, plus riches et plus heureux. Les univers impubères sont aux pubères , ce qu'est la courge au melon : l'un des fruits est une masse informe , fade et sans sucs ; l'autre plus petit est régulier, orné, succulent et plein , sans désert intérieur, comme en ont les jeunes univers, et la courge leur emblème.

Aifl^i dès que notre univers entrera en puberté, les astres de voûte se rapprocheront, formeront des chaînes de tourbillons entre

noire soleil ei la masse des étoiles fixes. Nos planètes se concentreront; Herscliel dans ses oppositions ne sera pas plus éloigné de nous que ne l'est aujourd'hui Jupiter, qui dans ce cas serait parfois assez voisin de la terre pour lui former une 6'. lune, Vénus et Mars une 7'., une 8°.

Lorsque les 102 comètes seront implanées, trempées et aptes à la manœuvre, le tourbillon s'élèvera de 5'. en 4'. puissance , formant quatre tourbillons secondaires , dont chacun sera groupé sur une prosolaire a cristallin nuancé et anneau igné , en titres majeurs. Alors le soleil, en place de la souillure fumeuse nommée lumière zodiacale, aura une auréole nuancée moirée. Saturne, .Tiipiter et Hcrschel seront promus en grade et élevés au prosolariat.

Notre globe y aurait les mêmes droits, car sur quatre prosolaires il en faudra une miniature pour pivot du 1". tourbillon (titre d'amitié) ; mais notre planète est si affaiblie par lacatastrophe diluvielle et la longue durée des lymbes sociales , que je doute fort qu'elle soit jugée apte aux fonctions de prosolaire miniature.

Après celte réorganisation , notre tourbillon sera le 2^ en rang, tenant le litre d'ambition. Nos ambiguës Mars, Vénus, Prolée et Sapho, seront élevées au poste de sur-ambiguës , liant le soleil aux quatre prosolaires , en gravitation sur double foyer.

Depuis plus de 5000 ans notre univers se dispose à passer en ■i'. puissance : les préparatifs sont fort activés depuis quelque temps ; on en voit l'mdice dans les dissolutions considérables de voie lactée qu'a observée M. Herschel. C'est une preuve qu'il se fait dans le ciel de fortes levées de recrues sidérales , et qu'on prépare les opérations dont les principales seront :

1°. D'élever les nébuleuses de 2', en 5". puissance. Elles sont soleils simples a douze louches en octave simple sans cardinales ni ambiguës. On leur donnera un cortège en binoctave *a trentedeux louches , comme le nôtre , et a deux claviers , le majeur et le mineur.

2°. D'élever le tourbillon foyer en 4'. puissance , a 154 touches et le pivot : je n'en donne pas le détail.

5". D'élever de même en 4^. puissance les soleils de forle espèce ; je ne dis pas les plus gros comme Arcturus , Aldebaran , et

264 CIS-LÉGOMÈNES.

ceux de la Grande Ourse , mais les plus forts en titre aromal ; ils ne peuvent pas être élevés en 4*. degré, avant que le soleil foyer n'y soit parvenu.

4°. De meubler le désert céleste ou intervalle vide qui s'étend de notre tourbillon aux étoiles fixes , dont le rapprochement formera les chaînes de correspondance arouaale entre la voûte et le tourbillon de foyer qu'habite notre globe.

Toutes ces opérations sont entravées par l'influence d'un pygraée sidéral (pygmée en dimension seulement), nommé la Terre, et qui pis est, par l'influence d'un être bien moindre, c'est l'HoMME , dernier chaînon d'harmonie , et inférieur d'un degré à la planète. Quelle énorme puissance accordée à Vi?ifiniment petit.' JN 'est-ce point une monstruosité en régime d'univers?

Cette discussion nous engagerait dans un débat fort abstrus sur les attributs de ^infiniment petit en harmonie universelle. C'est un sujet sur lequel je prélude, tom. suiv., sect. 6". J'avais préparé un article justificatif de celte concession , monstrueuse en apparence , que Dieu a faite à la sottise humaine ; je le supprime pour éviter les longueurs , et je me borne au 8'. moyen apologétique, les précautions supplémentaires contre le délai outré.

Dieu prévoyant que cette complication de retards pourrait se rencontrer dans quelque univers ; qu'un globule encroûté de philosophie et rebelle aux impulsions de la nature pourrait à lui seul paralyser le mouvement , le progrès social d'un million de tourbillons a du pourvoir au remède, qui est une opération exigeant 20 a 21 siècles de préparatifs. On n'y a recours que dans le cas oU un univers périclite par quelque fâcheux incideut , comme le désordre du tourbillon foyer : ce vice ayant été constaté à l'époque de la mort de César, soit en matériel par la maladie que subit alors le soleil , soit en politique par le crétinisme avère' de la civilisation.

Elle avait déjà dévié en Grèce , et échouait une seconde fois à Rome dans l'étude de la nature , par influence des mêmes sophismes qui avaient égaré la Grèce. Il devint évident qu'on ne pouvait faire aucun fonds sur notre globe , (]ue son organisation harmonique était retardée indéfiniment , et que le soleil allait être privé indéfiniment de son quadrille d'arômes cardinaux, bon

SECONDE PARTIE. i>IVOT INVERSE, 265

d'ëlat d'implancr ses comètes , efl de commencer l'opération du passage en 4". puissance dont il doit prendre l'initiative. Alors on dut sans délai pourvoir à soutenir le tourbillon foyer par une colonne de secours dont la formation a pu employer un siècle , et qui, étant en marche depuis 1700 ans, doit avoir franchi plus des trois quarts du désert céleste , et n'est guère qu'à 500 ans des confins de la grande aire planétaire,

Entrelemps : la hiérarchie sidérale de voûte n'a pas moins fait ses dispositions , qu'elle continue visiblement par les dissolutions de voie lactée : mais grâce à l'invention qui va tout réparer, il n'y aura eu que 1800 ans de perdus ; et dans tous les cas il n'y aurait pas eu plus de 2100 ans de délai ; car en supposant le prolongement du désordre , la restauration n'aurait pas moins eu lieu sous trois siècles à peu près , par suite des mesures arrêtées depuis 18 siècles en conseil sidéral, et dont il est inutile de rendre un compte détaillé.

APPENDICE. — J'avais résolu de ire point parler de ces harmonies transcendantes; les lecteurs civilisés étant, il faut le redire , dans l'état d'un homme qu'on opère de la cataracte , et qui ne doit être exposé que par degrés à l'éclat du soleil.

Cependant j'ai entrevu un avantage dans ces communications prématurées ; elles renforceront le soupçon d'erreur générale dans les sciences qui traitent de la destinée sociale et matérielle, sciences déjà suspectes à leurs coryphées mêmes (II, 110, 111). Plus ce doute acquerra de force, plus on apportera d'attention à l'étude du mécanisme sociétaire, seule théorie qui nous ait initiés à la connaissance des CAUSES de création et des destinées générales ; étude dont les écrivains ou personnages en crédit semblaient d'accord à nous détourner, comme on en peut j<uger par quelques citations , quatre seulement en deux parallèles :

Buffon et CMteauhriand , le Roi Alphonse et B. de St.-Pierre.

Buffon, dans un article sur l'Unau, nous habitue à penser que la nature se trompe -, qu'elle a commis une erreur en ne donnant à l'Unau que 46 côtes ; d'où il suivrait qu'elle a commis des milliers d'autres erreurs. Vraiment 48 eût été un nombre plus rond , formant quatre douzaines : mais quand l'étoile Mars a moulé l'Aï III. 12

266 CIS-LÉGOMÈNES.

et rUnau, hiéroglyphes de la pauvreté en simple et en composé , Mars a suivi les instructions malhématiiiues du Créateur. Il reste donc à savoir si c'est le Créateur qui s'est trompé , ou si c'est Buffon. Nos civilisés se hâteront de donner tort a Dieu, parce que, disenl-ils, Buffon écrit bien. Les charmes du style, voyez-vous, il n'y a que ça. Que l'esprit humain est loin des routes de la vérité, quand il ne s'attache qu'a la rhétorique.

Elle est persuasive : un sophisme bien écrit a plus d'empire qu'un volume de raisonnements. L'auteur des Martyrs nous dit que les élus étudient l'harmonie des sphères célestes ; c'est insinuer que cette étude est hors de notre portée ; prévention qui suffit à empêcher les recherches. Sans doute l'écrivain n'a pas eu cette intention , et je me borne à analyser la fatalité qui , sur ce point, dirige tous les esprits à contre-sens. Buffon , qui condamne Dieu sans l'entendre et sur de faibles indices , abuse de la raison : Chateaubriand en abuse par la voie opposée , en assignant 'a la raison des limites qu'elle ne doit pas connaître en pareille étude, ou Newton a pris avec succès l'initiative.

Le roi Alphonse de Castille aurait, dit-il, donné de bons conseils à Dieu sur la création. C'est fort bien juger de la création scissionnaire et contre-moulée presqu'en entier, ouvrage odieux à la Divinité même , qui a dû opérer ainsi selon l'unité analogique; mais c'est exciter a des critiques passives , au lieu de provoquer des recherches actives sur le destin ultérieur du monde, sur les autres créations que pourra faire l'auteur de la première, et sur les moyens d'en obtenir une meilleure.

B. de St. -Pierre, par un système opposé à celui du roi Alphonse, veut nous habituer servilement à admirer les horreurs de la création , en multipler les disgrâces , et entourer nos lits d'araignées dans l'espoir d'en chasser les punaises. Il veut élever le mal du simple au composé ; car assurément les punaises ne céderont pas a un tel ennemi ; elles abondent chez le pauvre oli abondent les araignées.

Si l'on parcourt les écrits de cent beaux esprits, ou y trouvera à chaque page cette aberration , celle fatalité qui entraîne toutes les opinions civilisées 'a contre-sens du système de la nature, dont pourtant 16 branches d'étude pouvaient nous ouvrir la voie

(II , 240). Mais nos philosophes, en se battant les flancs pour découvrir quelque moyen d'initiation au système de l'univers , ont oublie de discuter sur quels points on pouvait trouver accès. Ils ont agi dans leur investigation, comme un aveugle qui, voulant pënc'trer dans un vaste temple à 16 portes , irait se heurter sans méthode contre les pilastres et les pans de mur, et en conclurait que le temple est impénétrable; au lieu de recourir à l'exploration générale ( II , 129 ) , ou visite de circonférence, qui lui ferait découvrir successivement toutes les portes.

Tel a été le tort de la philosophie. En lui reprochant ses erreurs , n'oublions pas de séparer le bon or du faux ; répétons que ses doctrines offrent d'excellents principes qu'elle refuse obstinément de suivre. J'en ai cité (II, 129) douze auxquels je rends hommage, entre autres celui de se soumettre aux oracles de l'expérience. Puisse la corporation des philosophes accepter le défi , et après une expérience de 5000 ans , qui a suffisamment décelé tous les vices de la civilisation, opiner a la facile expérience de l'état sociétaire dont les bienfaits (II, 3S2 ) se répandraient par torrents sur cette classe de savants qui , avant de le connaître, s'en déclarent antagonistes. N'est-ce pas le cas de leur répliquer par ces paroles de Jésus-Christ : Mon Dieu, pardonnez-leur^ car ils ne savent ce qu'ils font.

Là finissent leurs jérémiades sur les rigueurs et les mystères de la nature. Il devient évident que ses prétendus voiles d'airain n'étaient qu'une excuse de l'indolence, et que le système des CA.USES en mouvement et en créations va nous être dévoilé en plein , du moment ou nous voudrons substituer l'étude de l'attraction et de l'analogie aux prestiges d'impénétrabilité déjà démentis par la découverte de Newton, dont la mienne est la continuation.

En rendant a ce grand géomètre l'hommage d'initiative en théorie de l'Attraction , n'oublions pas de remarquer que , dans la partie matérielle , seul objet de ses études , il n'a rempli que moitié delà tâche, négligeant toute recherche sur l'équilibre AROMAL, ressort des conjugaisons et distributions sidérales. Privés de théorie sur cette branche de la gravitation , nous ne saurions dire pourquoi la très-rainime Vesta , assez petite pour

268 CIS-LÉGOMÉNES.

setvir de lune a Mars, n'est pas même attirée par Vénorme Jupiter (l'affinité' de Vesta étant bornée aux arômes hypo-majeurs). Ces notions élémentaires en astronomie nous sont encore étrangères : quelle honteuse lacune , quel sceau d'imperfection pour nos méthodes, et quel sujet de bénir la découverte qui nous dévoile en plein le système de la nature, et qui, du parvis de son temple ou nous étions relégués , nous transporte au sanctuaire !

Page 1