‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 207 sur 298 · LITRE I. SECTION I · texte numérisé non relu

LITRE I. SECTION I

emplanlés et donnant du fruit; quelques vignes d'âge; enfin quelques occupations productives de la première année.

Si un grand souverain consent , comme il le peut , à faire l'avance de ces divers objets qui ne lui coûteront aucun déboursé , il ne lui restera que peu de frais à faire pour installer la Phalange. II pourra y affecter (toujours à titre d'avance remboursable) un de ses châteaux inutiles, par exemple, Choisy ou Meudon près Paris, Mais comme les bâtiments civilisés sont distribués sans aucun rapport avec les relations d'Harmonie, il conviendra beaucoup mieux de construire en plein l'édifice et les étables, sauf à bâtir économiquement en briques et matériaux de peu de valeur; précautions nécessaires, puisque la Phalange d'essai, dépourvue d'expérience, commettra nécessairement des fautes sur les dimensions convenables à l'édifice.

En supposant la fourniture du terrain et le prêt de quelques bataillons à petit salaire, pour accélérer le travail de fondation, il ne restera à faire que peu d'avances pécuniaires pour les constructions, plantations, achats d'animaux, établissement d'ateliers et équipement des sociétaires de la classe pauvre.

Admettons que pour ces divers frais il faille encore une somme de quatre millions de francs dont les constructions absorberaient la majeure partie : on divisera cette somme en 400 actions do dix mille francs, et si le prince prend la première action, les courtisans, financiers, banquiers, prendront à l'instant toutes les autres, vu qu'il n'y a pas une obole à risquer, l'affaire étant purement agricole et manufacturière.

D'ailleurs, dès qu'on aura mis la main à l'œuvre , dès que le monde civilisé verra que la civilisation va finir et

iqu'il faut tourner ses vues vers le nouvel ordre , les actions (lu canton d'essai se vendront à une hausse inappré- /•iablc et dont j'indiquerai plus loin les causes.

Si le prince, en délivrant les actions , se réserve de les retirer moyennant un bénéfice de 50 p. 0/0 aux détenteurs , il aura la chance de gagner deux millions dans le cas de doublement, 6 millions dans le cas de triplement du prix. Or, il est certain que , pour l'avantage d'être iictionnaires delà première Phalange , beaucoup de meml)res achèteront à 30,000 fr. l'action qui n'en aura coûté que 10,000. Ils y trouveront bénéfice pécuniaire sur le revenu, triple de celui de civilisation, et avantage de prérogatives que donnera le rôle d'actionnaire : on en verra plus loin le détail.

Ace compte, un souverain fondateur n'aura réellement avancé que 10,000 fr. employés à la première action, et pour ce faible effort, il aura la garantie de l'omniarchal du globe, ou sceptre héréditaire de l'unité universelle, ( II , 576 ). C'est un résultat si plaisant et si facile , qu'il < onviendra de le démontrer amplement dans des chapitres spéciaux. En attendant, il est bon de l'annoncer, pour rassurer ceux qui craignent qu'on ne réussisse pas à engager un des princes d'Europe à celte fondation. Il est plus probable que la majeure partie d'entre eux s'en disputeront l'honneur, puisque les petits souverains de 400, 500 et môme 200,000 habitants , comme ceux de Darmstadt, Parme et Weïmar, ont tous les moyens nécessaires pour opérer cette fondation sans bourse délier, et en se bornant à prendre la première action , avec réserve de rachat du tout à 50 p. 0|0 de bénéfice.

Voilà une chance économique pour un monarque ou prince : j'en indiquerais vingt autres pour des particuliers

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moins puissants , et qui ne voudraient entreprendre pour essai qu'une Phalange minime à 40 familles villageoises, opérant sur un petit terrain , sur un carré de 500 toises de base. On aura mille moyens d'éviter la dépense d'un devis généra! de 10 millions en grande Harmonie , ou 3 à 4 millions en petite.

Sans nous arrêter à l'examen de ces voies d'économie dont je pourrai disserter, au besoin , avec l'entrepreneur, étudions notre théorie comme si les fonds étaient faits, comme si on était déjà assuré d'un prince ou d'une compagnie de souscripteurs prêts à verser, soit dix millions, soit cinq, soit deux, selon le degré d'épreuve auquel on se décidera, et ne perdons pas de vue que, pour bien connaître la théorie d'Association en tous degrés, il faut étudier le plus élevé, d'où on descendra facilement aux autres. Nous allons donc continuer sur l'hypothèse d'un essai de la grande Harmonie à 15 ou 1600 personnes.

On ne peut pas admettre indifféremment toute masse de colons. Il faut établir une proportion entre les fortunes et le nombre des sectaires : en voici le tableau.

TABLEAU DES GRADATIONS DE FORTUNE ET DE NOMBRE , EXIGIBLES DASS CUiQL'Ë DEGRÉ D'hAHMONIE PASSIOJiftELLE.

Degrés. ^^ombre d'agents. Echelle de fortunes.

!"H .... '200 Sous-Hongré , de 0 à 20,000 environ.

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