‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 21 sur 298 · Provisions locales ( coupes réglées · texte numérisé non relu

Provisions locales ( coupes réglées

5. Préservatives pour cardage des vents et maintien des sources.

La distribution méthodique des cultures n'a jamais pu devenir objet de spéculation, parce qu'elle n'existe nulle part, et n'est pas compatible avec l'état morcelé ou civilisé. Nous avons donc à évaluer l'effet que produirait cette distribution méthodique , dans les cas ou elle serait introduite localement et généralement, ce qui aura lieu dans l'état sociétaire, (périodes 7 et 8, tabl. p. 55). On voit que cette chance élèverait le bénéfice climatérique de

14 degrés en sus du icsuUat de raffinage simple intégral , (lui donne 22 degrés (p. 61 5/3); les climalures gagneraient donc 56 degrés que nous réduirons a 50% pour prévenir le soupçon d'exagération , et 20", au delà du tropique.

Il faut observer que le bénéfice (jui est presque tout en chaleur daas le cas de raffinage simple , devient rai-parti de chaleur et de fraîcheur, quand le raffinage est compoié. Dans ce cas , la répartition judicieuse des forêts et hauts bassins d'irrigation, crée partout ce qui manque en été à nos campagnes, les germes de zépbirs, de pluies douces periodiijues, de sources intarissables, etc.

Ce n'est qu'a cette sorte d'amélioration qu'on pourra devoir la triple récolte , et la correction de nos violents étés, si contraires aux végétaux par des températures toujours outrées , par des déplacements de saison et autres monstruosités. Le régime sociétaire les préviendra sur toute la terre , en distribuant régufièremeni les cultures , et surtout les forêts et bassins d'irrigation, dont l'état civilisé et barbare ne peut faire aucune répartition combinée.

La triple récolte ne pourra naître que de ce raffinage composé intégral , ou étendu à tout l'ensemble des terres; et dans ce cas, Je bénéfice de 30 degrés sera général sur tous les continents ; 20 sur les deux points polaires, tout le Boréal sera restreint au quart de sa congélation, et l'Austral diminué de moitié seulement.

Le restant des glaces boréales ne causera plus qu'un refroidissement de 5 degrés , à rabattre sur les 50 '. de bénéfice; reste 25' à répartir par 20°, en chaleur, et 5 ', eu fraîcheur ainsi qu'on le verra plus loin. Un vaisseau naviguant par le 7o' dans les mers glaciales , y jouira de la température du oo'. degré, celle d'Edimbourg, pendant les mois de chaleur polaire , Mai, Juin , Juillet , Août, Septembre.

Alors, un navire partant d'Europe, fera en dix-huit mois le tour des deux passes : il côtoiera la Sibérie pendant le premier été; il ira hiverner au détroit de Behring, y prendre les objets entreposés par les flottes du Mexique et de la Chine. Au printemps suivant, il passera le détroit de Parry (*), la baie de

(*) L'existence du détroit est encore incertaine; mais ce qui n'est pas douteux, c'est le [>eu de largeur de risihnie. Or, tous ces

Baffm , et sera rendu à Londres au bout de dix-huit mois employés au grand cabotage de Sibérie et d'Amérique polaire.

Accusera-t-on cette perspective d'exagération";' Elle ce^se d'être suspecte si on veut partir d'une vérité de fait, l'influence des cultures humaines sur l'atmosphère et les cliraatures : on ne saurait trop redire, et il faudrait, comme Harpagon, faire graver en lettres d'or, que l'air est un champ soumis aussi bien que les terres à Vexploitation industrielle. On n'a jamais ose spéculer sur l'influence d'une culture générale , parce qu'on ne connaissait aucun moyen de l'organiser; aujourd'hui, que ce moyen est connu , que la théorie d'Association est enfin découverte , il faut en venir à calculer ses effets futurs en raffinage atmosphérique ; or, il est certain que cette influence ne sera pas celle du raffinage simple intégral, estimée 22°. (p. 94); mais celle du raffinage composé intégral , dont le parallèle avec le simple nous a donné en minimum 50°., estimation que j'aurais pu porter à 56°. selon la table (91).

Cette amélioration n'est pas du nombre de celles qu'on peut promettre subitement , puisqu'elle suppose l'entière culture du globe, et le grand complet de la population. Mais si ce n'est subitement, ce sera graduellement et rapidement qu'on en jouira; il sulTira de 120 à 150 ans pour consommer cette précieuse métamorphose. Chaque génération verra un mieux trèssensible dans ses climatures; grâce à la propriété qu'a l'Association , de reboiser les montagnes, distribuer judicieusement les eaux et forêts , les étangs d'irrigation , et toutes les branches de culture.

En définitive, quand le globe sera arrivé au plein du raffinage composé intégral, les températures corrigées s'établiront par toute la terre (sauf entraves locales), dans la proportion indiquée à la table suivante : ' '

Cette table est échelonnée en série divergente conjuguée ; distri-

islhmcs ëltoils et f;i"nants comme Panama , Parry, Blalaca, seront perces en 8*. pe'riode par un canal à vaiïseaux de long; cours, du port de 6oo tonneaux et 2^ canons; c'est-à-dire «n canal tirant jo pieds.

Il' .. 5

hution qui règne dans toiUes les hautes harmonies matérielles et passionnelles.

TABLE COMPLEMENTAIRE

Du futur bénéfice climatérique de 18 degrés, ajoutés au bénéfice simple local dei^^. en pays cultivé.

Lalitudei. Chaleur à gagaer Fraîcheur à gagner

CD bÎTer. en été.

Equateur. . , 0 0 18

Demi-centre. 45 9 9

Pôle 90 18 0

Celte table est intitulée complémentaire , parce qu'au lieu de mentionner un benéBce de 30 degrés à obtenir de la culture intégrale composée, selon le petit tableau (91), elle déduit pour raffinage simple local déjà effectué en Europe, en Chine et en Indostan , 12 degrés , et ne porte en compte que les 18 qui restent a obtenir des trois autres voies.

Le bc'ncOce ne sera pas strictement de 18°. sur chaque latitude; mais nous le supposons tel en échelle générale , sauf les exceptions pour entraves locales, telles que chaînes élevées , plateaux, sables, marécages et autres causes de modifications accidentelles qui n'entrent pas en compte général. J'en parlerai (lOl) à l'article Fètershourg et le Caire,

La principale de ces modifications est relative a riiemisphère austral, ou le radoucissement ne sera pas aussi fort; la masse des terres y étant rc'duite à peu de chose, n'influera que légèrement sur les frimas du pôle antarclitiue. Mais la restauration complète des températures boréales agira sur les australes assez puissamment, pour prévenir les ouragans et intempéries qui gênent la navigation aux trois pointes des continents austraux.

Si le raffinage composé intégral n'était pas rai-parti de chaleur et de fraîcheur, il deviendrait un fléau : l'accroissement de 18 degrés en chaleur joint aux 12 déjà gagnés dans l'Occident d'Europe , incommoderait plus de régions qu'il n'en enrichirait. Londres, qui est par Sl°. 1/2, acquerrait la température de Gibraltar et Alep , ce qui serait peut-être aussi fâcheux qu'avantageux pour cette capitale.

Les 12 degrés obtenus jusqu'à présent en Occident par raffinage simple local , n'ont donné qu'accroissement de chaleur et non de fraîcheur : mais du moment oîi le raffinage deviendra composé , par effet des cultures sociétaires, il donnei-a le bénéfice climatérique en ordre composé , en chaleur et fraîcheur à la fois; c'est pourquoi , dans la table qui précède , je l'estime en compensations contrastées et graduées.

Je l'établis sur les modifications de froid et de chaud , et non pas sur le seul accroissement de chaleur, qui deviendrait très-onéreux si on ne gagnait pas proportionnément en fraîcheur.

On suppose dans cette table que le globe entier jouisse déjà des 12 degrés d'adoucissement dont jouissent l'Europe, l'Indostan et la Chine méridionale.

Elle représente les doses que gagnera chaque latitude : la fusion de ces doses donnera partout , quoique inégalement, l'exemption des deux excès de chaleur et de froidure, et l'aptitude à comporter une foule d'animaux et végétaux qui périclitent par les deux excès a corriger.

Ces mots, excès de chaleur à corriger, ne signifient pas toujours chaleur a diminuer en degré : ce n'est que la durée , où les transitions subites (182'4), et non pas le degré qu'il faut réduire. Les chaleurs de France ne sont point trop fortes en été pour nos végétaux; elles ne les incommodent que par excès de durée,

100 I^TRODUCTIO^^

par des séclicrcsses comme celle de 1818. Quant au degré, nul travail humain ne pourra le diminuer.

La culture ge'nërale extirpera seulement les vents suffocants et meurtriers d'Arabie et Lybie ; ce sont des monstruosités : mais la chaleur forte et franche n'a rien de pernicieux et ne peut pas être empêchc'e.

Si parfois notre climat éprouve un ou deux jours les chaleurs du Se'négal, les ve'ge'taux y gagnent en qualité'; ils ne souffrent que du manque de la diversion qu'opéreraient les zéphyrs et les pluies périodiques , dans l'état de culture intégrale composée.

Ainsi le correctif doit porter, quant aux froids, sur Vintensité et Vi7itempestiritê , et quant aux chaleurs, sur la durée et la diversion.

Pour exercer le lecteur sur l'emploi de la table donnée (98) faisons-en quelques applications , en commençant par le centre.

La latitude 43". est celle de Lyon et Bordeaux , villes un peu fatiguées par des brouillards que dissipera la culture intégrale composée. Lyon est le vrai type d'un climat fait (87) en latitude io°. ; ce climat est faussé en Lombardie , pays garanti par la chaîne des Alpes et échauffé par les vents de Lybie, dont l'Adriatique n'intercepte pas le cours.

Lyon jouissant déjà du radoucissement de 12 degrés que procure le raffinage simple local ^ obtiendra donc sans plus, le bénéfice de 18 degrés selon la table ; et comme il est situé en latitude moyenne, environ 43°., il acquerra par égale portion en chaleur et en fraîcheur; c'est-à-dire :

En réduction des froids outrés et intempestifs ,

En diversion aux chaleurs suffocantes et prolongées.

ilne froidure du 43'., tempérée par 9°. de chaleur, lui donnera les végétaux du 36'., sans l'assujettir aux violentes chaleurs d'Andalousie.

Une chaleur du 43°., tempérée par 9°. de fraîcheur, lui donnera les végétaux du 34'., sans l'aflliger des frimas de Danizig.

Lyon pourra donc naturaliser à la fois sur son territoire les animaux et végétaux de l'Andalousie et du Holstein. Ceux du 56'. de latitude , l'oranger, le cotonnier, qui craignent un froid de 12°. Réaumur, assez fréquent à Lyon, s'y plairont quand cette

ville n'aura que les petites gelées de Cadix et d'Alep; et ceux du 54*. s'y occlimaleront de même, (jiiand ils n'éprouveront que dos chjleurs tempérées par de fréquentes diversions.

L'échelle donnée sur les bénéfices de climature , suppose fusion des deux principes d'amélioration ; c'est-à-dire que Pétersboiug place' à 60 degrés, gagnera en système ge'neral , 12/90 sur le principe de chaleur, dont les excès seront prévenus par 6/90 du principe de fraîcheur. Le Caire, placé à 50 degrés, gagnera eh proportion contrastée sur le principe de fraîcheur. Lyon gagnera en intervention moyenne des deux principes.

Tel serait le compte , en système général; mais Pétersbouig et le Caire y dérogent et doivent bénéficier davantage , l'un en chaleur, l'autre en fraîcheur. Le raiTmage simple local n'y est point encore établi ; Pétersbourg est vicié par le voisinage des terres incultes et des marais; le Caire est vicié par le voisinage des sables et des vents bridants. Ces deux villes doivent donc gagner beaucoup plus que le tarif de l'échelle , qui n'est fait que pour les régions parvenues , comme l'Occident d'Europe , au raffinage simple local. Celles qui ne sont parvenues qu'à moitié ou quart doivent ajouter 6 ou 9 degrés à leur lot de bcncficc climalérique futur.

Ainsi sur l'inspection de la table , chaque latitude peut déterminer la température dont elle sera pourvue, et les cultures dont elle sera susceptible , par suite du raffinage atmosphérique , et de la' culture intégrale composée.

Je ne m'arrête pas à traiter des différences accidentelles causées par les marécages, les hautes chaînes, etc. ; le sujet nous entraînerait trop loin. La plupart de ces vices que je nomme accidentels , comme les brouillards de Londres et de Lyon, disparaîtront entièrement; le bénéfice de 10 1/4 en chaleur, suffira à dissiper pleinement ceux de Londres , et en grande partie ceux d'Amsterdam, plus tenaces, vu la submersion relative des terres d'Hollande qui sont au-dessous des mers.

Abrégeons sur le raffinage cliraatérique.

Les détails contenus dans cette note peuvent être considérés comme un canevas sur lequel il faudra disserter plus amplement y mais dans les volumes suivants, celui-ci devant traiter préala-

blcnienl de l'Associalion : le peu qui a été dit sur la restauration des climatures doit suflireà dissiper de grandes erreurs commises jclalivemcnt aux ralFinagcs d'atmosphère, qu'on ne sait pas distinguer en simple cl en composé, parce que la civilisation est réduite à opérer en simple (95). Elle perfectionne d'abord la température par ses progrès agricoles, et travaille bientôt après a la détériorer par les abattis de forêls , déchausseraenls de pente et tarissements de sources. On voit déjà la tenipéralui'C en France décliner a vue d'oeil et revenir progressivement au degré de frimas dont elle s'était affranchie.

Ainsi le raffinage simple, après quelques lueurs de perfectionnement, en vient, comme le guêpier, à se détruire par lui-même; tout ce qui est ordre simple étant opposé à la nature et a la destinée de rbomme.

Dissertons donc sur le ralFinage composé et ses effets.

Les modernes, absorbés dans leurs visions de perfectibilité, n'ont jamais eu la moindre idée de perfection composée : aucun de leurs physiciens ne s'est aperçu qu'il faudrait, pour améliorer les climatures, gagner en fraîcheur comme en chaleur; que nos étés sont des supplices aussi bien que nos hivers, et que l'un et l'autre excès est conlraûc aux végétaux comme aux hommes.

Ce serait peu de cet inconvénient , s'il n'en résultait un plus grand dommage, qui est la restriction des produits animaux et végétaux.

Le renne qui ne vit pas au-dessous de Tornea ( 66°. ), devrait, selon la table précédente, vivre commodément a 60'^.^ à Pétersbourg ; et le cheval qui n'habite pas au-delà de 64°., devrait vivre aisément à 76°., selon la table des degrés de chaleur a obtenir par la restauration intégrale composée.

Même lésion au sujet des végétaux. Nous avons, dans les hivers de France , plus de froid qu'il n'en faut pour comporter le sapin dans nos jardins ; et cet arbre ne peut pas y réussir pendant l'été, à moins d'arrosages et abritements coûteux. D'autre part , l'oranger qui devrait croître en pleine terre a Londres et Francfort, ne peut déjà plus se maintenir à Toulon et Gênes.

En vain répliquerait-on que le commerce compense tout, et qu'il envoie dans un pays ce qui afflue dans un autre ; c'est es(|ui ver

le débat : il s'agit ici du bien-être de l'homme, de ses animaux et ve'ge'taux , et non pas du bien-être des marchands ; et il est évident que si les climats étaient moins exposés aux excès de chaleur et de froidure, leur industrie acquerrait d'immenses développements; et la condition de l'homme serait doublement améliorée , par le surcroît de produit et par l'adoucissement des climatures, non moins rudes en été qu'en hiver ; témoin l'été de 1818 : 75 jours de chaleur continue sans une goutte de pluie ! Voilà les étés de l'équaleur transportés au 45' degré; un autre hiver nous amènera les frimas de Sibérie. Entre-temps, les sophistes chantent la perfecti ■ bilité, quand il est clair que la détérioration des climatures va de niveau avec la dépravation des sociétés , et qu'il devient souvent diSicile d'obtenir une bonne récolte , au lieu de trois que donneraient annuellement la culture intégrale du globe, et le raffinement surcomposé qui en serait la suite.

Tous les bons esprits ont déploré la fâcheuse propriété qu'a la civilisation, de se perdre par l'excès de ses cultures, par le ravage des forêts , par le défaut d'entente et d'unité dans les dispositions agricoles. Nos régions les plus vantées tombent complètement dans ce vice ; témoin l'Angleterre, qui figure au premier rang; et pourtant, sur les lieux mêmes ou elle brille par des travaux d'Hercule , tels que le canal Calédonien , on voit régner le vice destructeur des climatures, la dévastation des forêts ; il n'y a pas un arbre sur les montagnes d'Ecosse , qui devraient être couvertes de sapins et bouleaux.

On n'a jamais spéculé régulièrement sur le moyen de restauration climatérique intégrale. Si pourtant Dieu nous destine à l'industrie, comme on n'en saurait douter, il a du nous fournir les moyens d'opérer en plein ce raffinement de l'atmosphère , dont l'entreprise suppose deux conditions , savoir : La culture générale Et la culture méthodique.

Nos méthodes sociales sont impuissantes pour atteindre ces deux buts ; la société civilisée ne peut ,

Ni opérer la culture générale du globe , car elle n'a aucune influence sur les barbares et sauvages qui occupent les neuf dixièmes des terres ;

iOi INTRODUCTION.

Ni cultiver méthodiquement et sagement ; car il est avère que, dans les contrées les plus vantées , la température se dégrade par le ravage des forêts ; témoin le midi de la France et même la France entière, dont le climat, depuis un demi-siècle , n'est plus reconnaissable.

Or, si Dieu admet dans son plan ce raffinement général de l'atmosphère, sans lequel nos cultures sont infructueuses et contrariées en tout sens , il a du aviser a l'invention d'un mécanisme social autre que la civilisation, qui ne peut conduire au l'affinement atmosphérique , puisqu'elle ne remplit pas les deux conditions d'oîi il dépend.

Et comme ce raffinement ne peut s'effectuer que par une culture universelle , Dieu a du composer un mécanisme social , apte a. établir la culture universelle réservée à la société harmonique.

Aujourd'hui que la découverte est faite et publiée, l'Angleterre qui est la puissance la plus intéressée à en prendre l'initiative, pourra faire le raisonnement suivant :

L'épreuve de l'Association domestique sur un hameau de 70 à 80 familles, loin d'exposer à aucun risque , promet arithmétique ment un grand bénéfice pécuniaire.

Dans le cas ou la possibilité d'Association serait une erreur, il résulterait déjà de cette épreuve une foule d'économies incontestables et très-applicables aux fonctions domestiques , rurales et manufacturières; notamment a l'emploi du combustible, dont l'ordre sociétaire consomme a peine le quart de ce qu'en exige l'ordre civilisé.

D'autre part , si la théorie est juste, l'Angleterre se trouve dégagée de ses 24 milliards de dettes, dont 20 en budget fiscal, 2 en communal, et 2 en consciencieux; dettes dont l'intérêt serait transporté au compte du congrès sphérique, à dater du jour même oïl l'Angleterre aurait résolu l'entreprise, et dont le capital serait remboursé en l'an 1830; ce qui sera démontré.

Si l'Angleterre veut peser ces considérations, peut-elle hésiter, et ne doit-elle pas au contraire se mettre en mesure d'agir, tandis que les continentaux perdront le temps à parler ?

J'ai démontré que la passe de Baffin deviendrait inutile comme celle du cap Cevero-Vostochnoi , sans le radoucissement des cli-

INfliODÙCTlOlV. iôa

inalures polaires ; et qu'au moyen du raflinage compose inlegial , la croûte glaciale fondue en plein chaque été, sera réduite en hiver au quart de sa surface actuelle et au huitième de son influence ; elle perdra au moins 6 degre's, soit de 79°. à 85°., et n'aura plus qu'un diamètre d'environ 2S0 lieires à partir du centre 90°. au centre 83°. ; le volume sera le (luart du volume actuel 90°. à 79°., et son influence réfrigérante diminuera non pas des 5/4, mais des 7/8. Celte barre sera d'autant moins gênante, que divers Ilots, aujourd'liui encroûtés, se démasqueront et contiendront les glaçons.

Ces aperçus méritent l'attention des deux puissances , Angleterre et Russie, qui se partagent les côtes glaciales arctiques; elles doivent être convaincues que ce dégagement inappréciable pour elles, ne peut naître que de la culture générale; et que cette exploitation intégrale du globe dépendait de l'invention d'une société autre que la civilisation , puisqu'il est constaté par une expérience de trente siècles , que le Sauvage ne saurait adhérer à la culture tant qu'on la lui présentera en mode civilisé ou mode incohérent et morcelé.

Ajoutons qu'en thèse de raflinage climatérique , il est ridicule de spéculer sur l'industrie civilisée et barbare ; elle nest qu'un leurre de quelques siècles ; elle brille un instant et semble améliorer les climatures ; mais bientôt elle ramène son atmosphère à une inclémence pire que la rudesse primitive. Il est bien aisé de façonner un pays brut, par les défrichements partiels et abattis de forêts; mais il est bien difficile de restaurer un pays ravagé par la civilisation, et démeublé de forêts et de sources, comme est aujourd'hui la Perse, autrefois si féconde; comme sont déjà la Provence, le Languedoc, la Castille, et comme seraient, sous deux siècles, toutes les régions aujourd'hui si fières d'une lueur de bien-être climatérique, dont ou voit arriver à grands pas la décadence, même en Russie , pays neuf, ou on se plaint déjà du tarissement.

C'est un sujet sur lequel il faudra insister plus d'une fois et qui se liait naturellement à la question des passes du Nord. On serait frustré de ces deux passes nautiques , sans la fusion artificielle des glaces. Rassemblons les trois indices qui nous font augurer ce bienfait.

i06 INTRODUCTION.

1°. L'ancienne lempcrature du Pôle-Nord , dont la chaleur dans les âges primitifs ( Eden) est attestée par l'abondance d'ivoire fossile, qui constate que les e'iëphanls ont été indigènes a la nouvelle Zemble et en Sibérie.

2°. Les effets de culture universelle , dont on a refusé ou omis de calculer l'influence atmosphérique , facile à évaluer par induction tirée des régions de pleine culture.

3". La sagesse distributive du Créateur, qui n'aurait pas entouré ce pôle d'un cercle de belles côtes et de bouches de grands fleuves, s'il n'eût destiné ce local a être un foyer de relations industrielles.

C'est donc soupçonner d'absurdité les dispositions de la sagesse divine , que de douter qu'elle nous ait réservé des moyens de fusion des glaces polaires. On verra plus loin, qu'il est pour celle fusion un autre moyen bien plus expédilif; mais je ne veux disserter que sur un levier connu , qui est l'influence avérée de l'agriculture sur le raffinage de l'atmosphère; témoins les parallèles donnés (89).

Ne suffit-il pas de cet indice péremploire pour confondre les champions d'impossibilité , prouver que nous sommes en arrière de découvertes , et que sur tous les problèmes d'amélioration matérielle ou sociale , ce n'est pas la sagesse divine qu'on doit soupçonner d'être en défaut ; c'est la raison humaine qu'on doit suspecter d'impéritie à découvrir les voies que Dieu nous a préparées pour atteindre à l'unité sociale, a tant de biens qui en seront le fi'uit , et dont aucun ne peut se réaliser hors de l'état sociétaire.

Le tort des modernes est de vouloir obtenir pièce h pièce tous ces biens , qu'on doit introduire collectivement et simultanément par l'Association . Dans le nombre de ses bienfaits futurs, se trouve le dégagement des glaces polaires cl la garantie des passes du Nord.

J'ai dû en donner séparément ce petit traité, qui a le défaut de la concision. Un sujet si important exigeait de plus amples développements.

Il est d'ailleurs un moyen plus expédilif d'obtenir ces deux passes , de les dégager en plein sous six ans , par fusion absolue et dégagement permanent des glaces , et de rendre la zone glaciale aussi praticable pendant les douze mois, que la Méditerranée.

Mais je me suis reslreint dans celte note à ne parler que d'un seul levier, de la culture intégrale. Quand il en sera temps, je ferai connaître une voie plus prompte, et qui d'une année a l'autre dégagera complètement les deux pôles. Mais l'opération ne pourra avoir lieu que la cinquième année , à dater de l'épreuve de l'Association. On pourra donc, si l'on veut , voir les pôles complètement dégagés en 1828.

Laissant à part ce moyen , j'ai du ne traiter ici que de celui qui est intelligible ; c'est la culture intégrale : si on eût raisonné sur cette hypothèse qui implique la condition de civilisation universelle , on en serait venu d'emblée à suspecter cette société (jui ne peut pas s'étendre aux Barbares et Sauvages; on aurait posé en principe , qu'il faut inventer un nouvel ordre social pour opérer \dL culture intégrale simple; ce problème une fois mis au concours, aurait amené la découverte du régime sociétaire, qui en élevant la culture au degré intégral composé, opérerait le dégagement du Pôle Boréal ; effet qu'on ne peut pas obtenir sans sortir de la Civilisation.

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