‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 218 sur 298 · LIVRE I. SECTION I · texte numérisé non relu

LIVRE I. SECTION I

duits à très>peu de chose , par suite des excellentes dispositions de ce nouvel ordre domestique.

Un pupille ne risque jamais de perdre son capital ni d'être lésé sur la gestion et les revenus ; la régie est la même pour lui que pour tous les actionnaires; s'il a reçu en héritage des actions sur diverses Phalanges, elles sont inscrites sur les registres de ces Phalanges; elles y portent le même intérêt pour lui que pour d'autres , et ne peuvent lui être enlevées sous aucun prétexte , jusqu'à sa majorité où il en disposera.

Une Phalange peut perdre sur une branche d'exploitation , comme une nouvelle fabrique; mais avant de proeeder à l'ouvrage, elle notifie à chaque actionnaire toute entreprise hasardeuse , manufacture , fouille de mine ou autre tentative qui sort du cercle des opérations habituelles et connues. L'actionnaire est libre de réaliser ses actions , ou de s'isoler de l'entreprise qui n'obtient pas sa confiance. Il peut donc, tout en conservant ses actions , se borner aux chances ordinaires ; dans ce cas il gagnerait dividende plein, lors même que la Phalange gagnerait moins par insuccès d'une nouveauté.

Mais une Phalange en masse, dirigée par son Aréopage d'experts, ses Patriarches, ses Cantons vicinaux, et autres gens exercés, n'est pas sujette à l'imprudence comme un particulier ; et pour peu qu'une tentative industrielle soit aventureuse, comme la fouille d'une mine, on a soin d'en diviser le risque entre un grand nombre de Phalanges, consulter longtemps, faire assurer, etc. Quant aux risques de fourberie, il n'en peut exister aucun en Harmonie.

J'ai dit (159) que tout actionnaire a l'option d'intérêt fixe ou de dividende éventuel sur le produit de l'année.

L'intérêt fiie a été estimé 8 1/3 ; le dividende éventuel ou sociétaire doit produire davantage; ainsi les aventureux et les prudents peuvent se satisfaire.

D'autres dispositions dont il n'est pas encore temps de parler, prouveront que la propriété foncière ne peut être à la fois mobile elgaranlie que dans l'Harmonie, et qu'elle n'est ni mobile ni garantie en civilisation, quelques mesures qu'on puisse prendre pour atteindre au moins l'un des deux buts; car celui qui place en domaines manque la mobilité , et la garantie contre les révolutions et les pièges de la chicane. D'autre part, celui qui a un portefeuille, n'a point encore sa fortune mobile ; car le risque des banqueroutes devient pour lui une entrave permanente

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