‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 264 sur 298 · III · texte numérisé non relu

III

L'indépendance individuelle est donc pleinement assurée, en ce que chaque page est affecté au service de la Phalange et non de l'individu, qui par celte raison est servi affectueusement; plaisir que les riches mêmes ne peuvent pas se procurer à prix d'argent en civilisation; car si on paie grassement un valet pour se l'attacher, l'ambition le rendra insouciant, ingrat et souvent perfide. On ne connaît point ce danger dans l'Harmonie, où chacun est assuré de l'amitié des divers pages qui de préférence adoptent son service, avec liberté de le quitter en cas de refroidissement , et sans aucun engagement pécuniaire avec lui.

li n'y a donc rien de mercenaire [ ni de servile ] dans la domesticité d'Harmonie; et un groupe de caméristes est, comme tous les autres groupes, une société libre et honorable , qui perçoit sur la masse du produit de la Phalange , en raison de l'importance de ses travaux.

Les serviteurs harmoniens sont ombrageux sur le point (l'honneur, autant que ceux qu'ils servent; et chaque page évite de se compromettre en soignant des groupes hétérogènes dont il ne soutient pas les cabales. Ainsi les compagnies , [comme les individus,] trouvent dans leurs pages une préférence affectueuse et cabalistique à la fois. On voit partout intervenir ce double lien entre celui qui sert et celui qui est servi. Ce sont déjà deux mobiles d'amitié entre eux, indépendamment des liaisons d'amour, quand le service est fait par un autre sexe. Mais il est convenu que dans nos calculs d'Harmonie nous ne porterons jamais l'amour en compte; cette passion étant interdite en morale civilisée, il importe de prouver que , sans recourir à l'amour, il reste encore assez de ressources pour établir les liens composés dans la Phalange d'essai.

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