‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 266 sur 298 · LIVRE I. SECTION II. 53Ô · texte numérisé non relu

LIVRE I. SECTION II. 53Ô

créer entre gens de môme sexe. Il sera prouvé que dans tout service d'Harmonie , quelqu'inférieur qu'il soit , comme le soin des chaussures, chacun voit s'empresser pour lui un page ou une pagesse qu'il chérit sous double rapport, et par lien de cabale, et par convenance d'amitié. C'est donc une afïinité composée : elle deviendra surcomposée, s'il s'y joint un 5^. lien, comme l'amour; et bj-composée, s'il s'y enjoint un A^.-, comme la parenté ; (Voy. ci-dessus, page 186, sur le bonheur bi-composé.)

Le service de civilisation présente des résultats contraires ; on voit chez tous , ou du moins chez les 7^8 des serviteurs, une disparate composée et bi-composée; elle s'établit par inconvenance des caractères , par défiance et crainte du vol , par impatience que cause la maladresse oul'impéritie du serviteur, par indignation contre l'exigence du maître, par jalousie de fortune, par les rancunes qui naissent de mauvais traitements ou d'injustice et de lésine , par ingratitude en cas de générosité; enfin par tant d'autres sujets de discorde, qui font dire à tous les gens riches , que les domestiques sont pour eux une source de tribulation (plainte répétée plus justement encore parles valets).

Un riche civilisé trouve donc dans ses rapports avec la domesticité, 2, 3 et 4 disparates, et ses liaisons avec des valets ne sont pour lui qu'une discordance composée, sur-composée et bi-composée, au lieu d'une aflfinité de pareils degrés que lui présenterait le service d'Harmonie dans tous ses détails.

On retrouvera ce contraste dans tous les parallèles de relations civilisées avec les harmoniennes : le mouvement dans les périodes lymbiques, 2^ Sauvagerie, 5% Patriarcat, 4% Barbarie, ^^ Civilisation,

s'élève toujours à un degré de ma! , correspondant au degré de bien où il serait parvenu dans l'Harmonie , dont toutes les relations assurent, même à la classe pauvre, des plaisirs composés, sur-composés et bi-composés.

Et comme les rapports avec la domesticité, avec les salariés et les classes inférieures , sont en civilisation une gêne permanente pour les cbefs, et bien plus encore pour les subordonnés, comme on entend les grands en porter des plaintes amères (3Iaintenon, 11,294), j'ai dû me hâter de leur faire entrevoir qu'en Association cet inconvénient se trouve transformé en une source de charmes continuels , de liens affectueux pour les chefs et les valets , et qu'il délivre complètement les riches du dispendieux et onéreux fardeau de la domesticité , tout en leur procurant un corps de serviteurs aussi aimables par le dévouement, la probité et la dextérité , que ceux de civilisation sont désolants par tous les vices opposés.

Qu'on réunisse en un tableau tous les embarras de la vie publique et privée , toutes les disgrâces dont se plaint le monde civilisé, je m'engage à démontrer qu'il n'en est pas une qui ne doive se changer en source d'agréments , dans l'état sociétaire. Je prouverai, à deux chapitres d'ici , que les germes de maladies aiguës , de rhumatisme , goutte, etc., se transforment dans ce nouvel ordre en sources de charme : la thèse sera débattue au chapitre 4. Or, si le germe de cette Goutte, vrai tison d'enfer, peut devenir en Harmonie un gage de plaisir et de santé, quel est le vice moral ou physique de civilisation que l'Harmonie ne puisse transformer en gage de bonheur?

Qu'on prenne acte de cet engagement : je le remplis peu à peu dans chaque chapitre : celui-ci vient de montrer le service domestique, l'un des principaux ennuis de

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