LIVRE I. SECTION II
primitif de l'homme était de n'avoir rien à faire, comme est le dimanche notre populace. Il est donc hien reconnu, même en religion, que le travail civilisé est pour l'homme un état de malheur, et qu'il est plus près de la nature en se livrant à des illusions de sort enchanteur, qu'en ajoutant foi aux prétendus charmes que la philosophie lui promet sous le chaume.
L'Ecriture , en nous disant la vérité sur le malheur attaché au travail actuel , n'a point dit que cette punition ne dût finir un jour et que l'homme ne pût revenir au bonheur dont il jouissait primitivement. Pour se fortifier dans cet espoir, il faut méditer sur la thèse de destin dualisé (II, 54); sur celle des Attractions proportionnelles aux destinées (II, 342) ; puis sur l'évidence de coistue-destin que dénotent les malheurs amoncelés sur l'homme industrieux : j'en ai compté 16 ( 191 ) , en observant qu'un plus exercé pourra aisément porter au double cette série. En effet, j'en trouve aujourd'hui, sur un vieux manuscrit, une autre gamme non portée dans la précédente.
Autres disgrâces de l' Industrieux (191).
^ Il est accablé par le malheur idéal , par l'aspect de quelques-uns de sa caste, qui, favorisés d'un héritage imprévu, d'un gain de loterie, etc., ont échappé au mal-être : ces exceptions de fortune viennent périodiquement aigrir les privations de la masse dépourvue du nécessaire.
1. Il supporte seul les corvées dont le riche est exempt, et, par contre, il est seul privé des droits naturels, chasse, pêche, etc., dont le riche est en possession.