CHAPITRE Y
Armées industrielles de l'Associatioii,
Il n'est aucun sujet qui s'allie mieux à la politique. L'aperçu des armées hannoniennes et de leurs prodiges industriels doit y tenir le premier rang. Terminons donc nos esquisses, en donnant le chapitre 5 aux descriptions des travaux et prodiges des armées attrayantes , et le chapitre 6 auK théories de régime harmonien sur les subsistances, dont la sage distribution est le point essentiel en politique.
L'industrie sociétaire devant s'exercer constamment par attraction, il faudra que les armées productives de l'Harmonie soient rassemblées et mues par attraction, par appât du plaisir, et variant leurs travaux de deux en deux heures, comme ceux de la Phalange.
On verra, quand il en sera temps, quels ressorts l'Association sait mettre en jeu pour amener sur le terrain un million d'athlètes industriels, tirés de cinquante empires qui fournissent chacun vingt mille hommes : supposons provisoirement la réunion opérée , et spéculons sur les résultats de ses travaux.
Belle perspective pour les fournisseurs! Je les vois jubiler, à cette annonce d'armées d'un million d'hommes : inutile espoir! Il n'y a dans ces immenses réunions pas un écu de bénéfice pour les sangsues. Chaque détachement se défraie lui-même. Si l'armée d'un million d'hommes a été fournie par cent mille Phalanges , à dix hommes en moyen terme , chacune des cent mille est chargée de la dépense de sa cohorte. On n'a ni caisses militaires, ni magasins de vivres ou d'équipement. Tout se trouve ap-
Oo8 ASSOCIATION COMPOSÉE.
provisionné par quelques lettres. On verra cet effet au traité du commerce véridique , et des facultés que donnent ses entrepôts. Jusque-là, il faut supposer l'armée réunie et vivant très-bien sans fournisseurs ni magasins spéciaux. Notre objet n'est que de disserter sur ses travaux, et faire le parallèle de la gloire des armées actuelles avec celle des armées futures.
J'admets, si l'on veut, que les légions romaines détruisant 300,000 Cimbres à Sainl-Remy se couvrent de gloire et moissonnent des lauriers; mais ne serait-il pas plus glorieux à ces deux armées Gauloise et Romaine , de se réunir pour créer au lieu de détruire ? de se distribuer d'Arles à Lyon, et jeter, dans le cours d'une campagne, trente ponts de pierre sur le Rhône; élever sur tous ses bords des digues pour sauver de précieuses terres qu'il importe chaque année? Une telle gloire, ce me semble, vaudrait bien les moissons de lauriers de nos héros, dont la réunion ne laisse toujours qu'une moisson de cyprès aux contrées qui sont le théâtre de leurs exploits.
On objecte : si les armées harmoniennes peuvent en une campagne exécuter ces prodigieux travaux, que restera-t-il à faire pour la campagne suivante ? Plaisante question! Tout est à faire en industrie. 11 faudra au moins iOO ans d'efforts de ces grandes armées, pour recouvrir de terre végétale et reboiser les montagnes des Alpes et des Pyrénées, que nos savants ont laissé déchausser, pour nous conduire à la perfectibilité des abstractions métaphysiques.
Les armées harmoniennes sont de 42 degrés, conformément au tableau (II, 376, n°'- 2 à X). Le plus bas degré, 2e., assemble trois à quatre cohortes; leurs emplois