‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 36 sur 298 · CIS- MÉDIAN TE · texte numérisé non relu

CIS- MÉDIAN TE

Aux Amis de l'Utile.

I'armi les bienfaits du régime sociétaire, il en est de si précieux, qu'il convient de les de'iacber du corps de Touvrage , et de les présenter par forme d'enlr'acle , pour récréer le lecteur cl soutenir l'attention. J'en indiquerai de celte espèce dans lesmédiantes; celle-ci sera pour l'utile , une autre pour l'agréable.

Dans la classe de l'uiile je choisis trois sujets, la Quarantaine, les Routes elle Cadastre.

1°. La Quarantaine: elle devient universelle dès que rordie sociétaire est organisé. Elle s'exécute combinément et simultanément dans tous les cantons du globe, el en deux ou trois ans elle extirpe loules les maladies accidentelles, comme virus pestilentiel , psorique, syphilitique, variolique, etc. Ces fléaux une fois bannis ne renaîtront plus, parce que l'Association joindra aux correctifs les préservatifs, entre autres l'aisance el la propreté générale du peuple et des animaux domestiques.

a Et les médecins, réplique-t-on , comment accueilleronl-ils ce •)•) fâcheux augure f quoi, plus de maladies syphilitiques, psoriques, n varioliques ! vous aile» liguer contre vous touie la Faculté, ii Au contraire ; la salubrité sera pour eux gage de fortune : ou verra , au traité, qu'en Harmonie, moins il y a de maladies, plus les médecins s'enrichissent; el cette extirpation de maladies sera tout aussi agréable à la Faculté qu'à la belle jeunesse, entravée si fâcheusement dans ses plaisirs, par l'impossibilité de quarantaine universelle dans l'état actuel du globe.

i". Les Routes, aujourd'h li fécond sujet de disputes ^i de jalousies entre les communes! 'J'oul canton en Harmonie a ses grandes et petites routes, ornées comme nos allées de parterre , garnies de trottoirs, avec ombrages continus, bassins, et massifs de fleurs-, colonnes d'indication , etc. : ce luxe de grands chemins ne coulera pas ane obole d'impôt. Chaque phalange les construit elle-même par Attraction industrielle ^ el met son orgueil à les embellir autant que ses salons. Chacune veut briller pa les chevaux de poste autant que parles chemins. C'est là un des mille igréments que les riches mêmes ne peuvent se procurer à aucun pris en Civilisation. Quoi de plus détestable que les roules des environ.' de Paris, dont les pavés sont pour roreiUe cl le corps un double supplice!

3". Le Cadastre : c'est ici que la Civilisation se montre en p}gmte. La France, après vingt-cinq ans de travaux el de frais énormes, n'a que des ébauches el lambeaux de cadastre. Il faudrait y travailler trente années encore , à 3 millions par an ; et au bout de ce temps, Touvrage sérail à peu près inutile en finance , à cause des mutations. Que de travaux el de dépendes pour obtenir un fatras inutile ! voilà bien la Civilisation 5 parturient montes.

Comparons cette entreprise avortée, avec le travail du cadastre sociétaire. Au lieu de soixante ans, il n'exigera qu'un an , ne coulera pas une obole d'impôt; il donnera très-exactement, très-magnifiquement, le plan de toutes les terres et les mers du globe , en cent vingt mille tomes de 3o pouces de hauteur.^ contenant chacun 5o cartes, avec colonnes explicatives ttgra\urcs au revers, indication de la nature de chaque sol, coDSlatce par des fouilles de 20 et 3o pieds- Sur les 120,000 tomes, il y en aura environ 8o,ono pour les terres, 4O1O00 pour les mers littorales et les bas-fonds.

Les exemplaires du cadastre intégral du globe se trouveront dans chaque chef-lieu de Pcularchie ( province de i5o à 200 Phalanges). Les divisions moindres,

Tétrarchie, 3G à /|8 \

Triarchie , 12 à 16 f m t

. ' , > l'halanges,

Duarchie , 3 à 4 l

Uuarchic, i '

n'auront qu'une subdivision de l'ouvrage, proportionnée à leur

étendue.

Le cadastre des mirs ne pourra s'achever ni en un an , ni même en dix-, mais celui des terres n'exigera que le laps d'un an: chaque canton y emploiera ses groupes de géomètres , minéralogistes , graveurs , etc. , qui représenteront au revers de carte les beaux édifices et beaux points de vue du canton.

A ces prodiges d'industrie sociétaire, à ces perspectives si dignes d'éleclriser les amis du beau cl de l'utile, je pourrais ajouter une kyrielle de cent autres merveilles colossales : chacun les pressentira, et en conclura à sortir au plus tôt de la lymbe civilisée. Les impatients m'accuseront de lenteur, el voudront que sans délai je leur expose la théorie de l'.^ssociaiion. Ne précipitons rien-, préparons bien les esprits : imitons le médecin qui , par un régime préalable , dispose le malade à un traitement. Procédons d'abord à n refaire Venlendement humain., tî le soumettre au régime qu'ordonnent Condillac et Bacon, n lui faire oublier tout ce qu'il a appris des doctrines philosophiques., d où nous allons examiner (2*. notice) des erreurs aussi plais.inles q()c funestes.

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