Insouciance
1 Papillonne.
Vert.
Conchoïde.
Fa.
7, ® Vol extérieur.
c Composite.
Orange
Logarithm'
. La.
Y Minimum.
Jt Liberté.
Unitéisme.
Favoritisme
Blanc
. Noir.
Cycloïde.
Epie y cl'.
Ut H BVt
La liberté ne vient qu'à la suite des sept autres droits; elle est résultat de leur combinaison , comme le Blanc et le Noir sont réunion ou absorption des sept rayons.
La liberté n'est que simple et fausse, que duplicité d'action, si elle n'est pas étayée de son contre-pivot, le Minimum Y, principal de tous les droits, et pourtant inadmissible dans la période sauvage.
Celle société garantit les sept droits, et le pivotai inverse \ Liberté, aux hommes seulement, et non aux femmes très-asservies chez les sauvages , où leur condition est pire que chez les civilisés. Leur servitude constitue la duplicité d'action dans l'état sauvage: elle n'a pas
PREmÉRË PARTIE. NOTICE II. i65
lieu dans la période l^^, Edenisme, ni môme dans le demi-' Edenisme, Otahiti (53).
L'objet de ce chapitre est d'établir, en aperçu, un principe qui sera démontré en grand détail dans le cour& de l'ouvrage, savoir :
Que l'action sociale ne peut s'élever à l'unité que par intervention des deux pivots : elle est faussée si elle ne s'étaie que d'un seul pivot, que de la Liberté \; dans ce cas, les sept droits deviennent autant de sources de désordres, dont le premier est de faire rétrograder le mouvement et le ramener à l'état sauvage , si on accorde les sept droits : il rétrograde partiellement si on n'accorde que partie des sept droits : par exemple , une concession? illimitée de chasse et de pêche détruirait en deux ans deux sources de subsistance , qui sont le gibier et le poisson.
Les sept droits, au contraire, deviennent autant de sources d'harmonie sociale, si on les étaie sur pivot composé, sur Minimum Y et Liberté \. Il suffît môme de spéculer sur le Minimum qui implique Liberté ; car on ne peut pas garantir le Minimum, sans opérer par les Séries passionnelles d'où naît la Liberté. Mais si on veut, selon la prétention philosophique, établir dans les trois ou dans l'une des trois sociétés dites Lymbes obscures , la Liberté sans le Minimum, on n'aboutit qu'à empirer l'ordre subversif qui, au lieu des sept droits, nous donne les sept fléaux (51), et transforme les deux droits pivolaux en deux calamités [ibid. ).
Egoïsme général Y, au lieu de Minimum proportionnel.
Duplicité d'action \, au lieu de Liberté unitaire. ( On peut remarquer, au sujet de ce parallèle, que les signes pivotaux ont été posés à contre-sens aux deux ta-
bleaux 54 et 120. J'ai depuis deux ans perdu de vue ces calculs de gamines et formules descriptives; je pourrai parfois y commettre des inadvertances qui ne seront qu'erreurs de forme et non pas erreurs de fond. Elles ne compromettront en aucun cas la théorie. )
Il est évident que nous avons en mécanique civilisée deux pivots contraires aux deux du tableau des droits naturels : et d'abord, au lieu du minimum qui supposerait une subvention du corps social pour assurer le nécessaire proportionnel aux individus lésés dans les trois classes, riche, moyenne et pauvre, nous n'ayons qu'un e'goïsme général qu\ va croissant et habitue chaque civilisé à rester pleinement indifférent sur les besoins de son semblable. Cet égoïsme s'accroît depuis les progrès de l'esprit mercantile.
D'autre part, au lieu d'une liberté unitaire ou concours de la masse pour assurer à chaque la jouissance des sept droits, nous n'avons que des ligues de la classe opulente pour échapper aux infortunes sociales, et les faire peser sur le pauvre, à qui on ne peut concéder, en Civilisation, aucune jouissance des sept droits, ni aucune compensation.
Définissons brièvement chacun des sept : il est inutile de parler des quatre droits cardinaux. Chacun sait que le Sauvage a pleine licence de chasse et de pêche, libre cueillette des fruits et légumes que donne la terre, et libre pâture pour les animaux qu'il lui plaît d'élever.
Il jouit du droit de vol ou larcin à l'extérieur, c'est-àdire sur tout ce qui n'est pas en ligue fédérale et passionnelle avec lui. 11 ne vole pas ses compagnons de la horde: cette restriction n'est pas entrave, mais exercice fédéral du vol, extension de la licence ou prérogative, selon la-
quelle toute la horde se confédéré pour voler qui il appartiendra, soit les autres sauvages, soit les caravanes , soit les civilisés voisins, etc. Ainsi l'exercice des droits 5 et 7, fédération intérieure et vol extérieur, est en pleine activité chez le Sauvage (voire même chez tant d'honnêtes civilisés qui , lorsqu'ils sont les plus forts , s'entendent si bien pour vivre aux dépens des plus faibles).
7^. Insouciance, bonheur des animaux : on ne jouit de ce droit en Civilisation qu'à force de trésors : mais les 9/10"- des civilisés, loin de pouvoir être insouciants du lendemain, ont le souci du jour même, puisqu'ils sont obligés de vaquer à un travail répugnant et forcé. Aussi vont-ils le dimanche dans les guinguettes et lieux de plaisir, y goûter quelques instants cette insouciance vainement cherchée par tant de riches que poursuit l'inquiétude, c Post equitem sedet atra cura. »
Des ergoteurs diront que l'insouciance est un caractère et non pas un droit; mais elle devient un droit, en ce qu'elle est proscrite dans l'état de Civilisation, où l'incurie est déshonorée, condamnée hautement. Qu'un père de famille peu fortuné essaie de s'adonner au plaisir, sans s'occuper de son atelier, sans rien amasser pour les impôts, les loyers et les besoins futurs; l'opinion par ses critiques , et le percepteur par ses garnisaires, l'avertiront qu'il n'a pas le droit d'être insouciant, de jouir du bonheur des sauvages et des animaux, et que malgré son penchant à l'insouciance , il doit s'en priver. D'ailleurs l'éducation civilisée intervient systématiquement pour combattre en nous ce goût de l'insouciance , plaisir dont rien n'entravera l'essor en Harmonie.
Quant au Sauvage, il est évident qu'il jouit de l'insouciance et ne veut pas s'inquiéter de l'avenir : s'il en était
i6S PROLÉGOMÈNES.
autrement , il craindrait que ses enfants , sa horde , ne souffrissent de la famine ; il accepterait les offres que lui font les gouvernements civilisés, d'instruments aratoires et objets nécessaires à la culture : mais il ne veut céder aucun de ses sept droits; en quoi il a raison , car s'il en cédait un , l'insouciance , il les perdrait successivement tous. Il ne fait sans doute pas ce calcul , mais la nature le fait pour lui ; l'Altraclion le dirige dans la bonne voie ; on en verra la preuve au chapitre < Echelle parallèle des » attractions sociales. »
La seule objection plausible qu'on puisse élever contre ce bonheur du Sauvage, c'est que les femmes n'en jouissent pas : cependant les femmes composent moitié du genre humain , et leur condition chez le Sauvage est très-servile, très-malheureuse.
Rien n'est plus vrai, et si je ne citais pas cette vexation, les philosophes n'en feraient pas mention; car ils sont dans l'usage de compter les femmes pour rien. Sur trois sexes passionnels dont se compose l'espèce humaine ,
Le majeur, les hommes, Le mineur, les femmes , Le mixte ou neutre, les enfants (i),
(i) On objectera que les enfants c'iant hommes ou femmes , ne composent pas un sexe à part, comme seraient des hermaphrodites. C'est une objection louche et qui pèche déjà sous le rapport matériel , en ce que les enfants n'exercent pas la faculté qui distingue les sexes. En passionnel la différence est bien plus forte , car les enfants sont privés des deux liens sexuels qu'ils ne connaissent pas; ce sont l'affection d'a.naojr et celle de paternité : ils sont doue sexe neutre en passionnel et en matériel : on en verra la preuve, quand je traiterai de leurs emplois en harmonie passionnelle.
PUEMIÈRE PARTIE. NOTICE II. iC9
la philosophie ne voit qu'un sexe et ne travaille que pour un seul, pour le majeur ou masculin ; encore quel bonheur lui procure-t-elle? Rien autre que les sept fléaux lymbiques , au lieu des sept droits dont se compose la liberté. Toutefois j'ai répondu d'avance à l'objection précitée, lorsque j'ai nommé la liberté des sauvages composée divergente. Elle diverge en double mode; socialement, par l'incompatibilité du corps social nommé Horde, avec l'industrie ou destinée; matériellement, par l'exclusion du sexe féminin qui ne participe que peu ou point aux sept droits naturels.
Reprenons le parallèle des libertés. 11 est déjà certain que le Sauvage est plus avancé que nous en essor de liberté, car il s'élève à la composée divergente (155) ou jouissance des sept droits pour les hommes seulement. Il est donc bien au-dessus de nous, qui privons de cet avantage l'immense majorité dans l'un et l'autre sexe.
L'ordre civilisé qui nous dépouille tous ou presque tous de ces sept avantages, nous devrait une indemnité équivalente; et d'abord un minimum ou nécessaire en aliments, vêtements et logements proportionnés aux trois classes, la haute, la moyenne et la basse. Il faudrait par conséquent trois sortes de minimum pour les pauvres des trois classes; encore serait-ce ne rien faire pour la liberté individuelle; car un homme est nourri, vêtu, logé dans les dépôts de mendicité, où il est prisonnier et trèsmalheureux. Il reste d'autres conditions à remplir pour arriver à la liberté; et d'abord, garantir à tout individu l'exercice ou l'équivalent des sept droits dont elle se compose, lui assurer l'essor actif des passions.
Pour indemniser un civilisé de la perte des sept droits, nos publicistes lui garantissent quelques rêveries et gas^ U 8
connades , comme l'orgueil du beau nom d'homme libre , et le bonheur de vivre sous la charle. Ces niaiseries qui ne méritent pas môme le titre d'illusions , ne sauraient satisfaire un salarié qui voudrait avant tout manger à son appétit, vivre joyeux, insouciant, chasseur, pécheur, cabaleur, et voleur comme le Sauvage.
L'état sociétaire garantit au peuple ces sept droits en plénitude, ou en équivalent consenti; par exemple, il donne au peuple pour l'indemniser du droit de vol, tant de bien-être , que le plébéien ne veut plus risquer de se déshonorer en volant ce qu'il peut avoir ; ou en perdant dans l'opinion plus qu'il ne gagnerait par un larcin, qu'on ne saurait tenir secret dans ce nouvel ordre où tous les enfantssont élevés à des sentiments d'honneur, et jouissent amplement de toutes les co.mmodités de la vie : ils ne peuvent donc pas songer à voler ce qu'ils ont en abondance.
La Civilisation, en privant l'homme de ses sept droits naturels , ne lui donne jamais d'équivalents consentis. Demandez à un malheureux ouvrier sans travail et sans pain, pressé par le créancier et le garnisaire, s'il n'aimerait pas mieux jouir du droit de chasse et de pêche , avoir comme le Sauvage des arbres et des troupeaux? il ne manquera pas d'opter pour le rôle du Sauvage. Que lui donne-t-on en équivalent? Le bonheur de vivre sous la charte : l'indigent ne peut pas se contenter de lire la charte en place de dîner; c'est insulter à sa misère que de lui offrir pareille compensation. Il s'estimerait heureux de jouir, comme le Sauvage, des sept droits et de la liberté; il ne lu trouve donc pas dans l'ordre civilisé.
En thèse générale : dans les sociétés industrieuses, la liberté est illusoire ou désastreuse, quand on l'y introduit en emploi simple.