‹ Œuvres complètesChapitre 216 sur 276 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

Do l'accord direct on répnrfil ion , on <*qnllibrc pur In cupidité.

Enfin noua arrivons à l'objet principal, à l'eflrayanl proMène d'établir une justice éclatante, une pleine harmonie dans le perdes bénéfices el une rétribution satisfaisante pour chacun,

selon ses trois faillites industrielles travail, capital et tahnt. Qe prodige tient à élever la cupidité du mode simple au mode comp<

Voici le triomphe de la cupidité tant diffamée par les moralistes; Dieu ne nous aurait pas donné cette passion, s'il n'en eût pas prévu un emploi utile en équilibre général. Déjà j'ai prouvé que la gourmandise, également proscrite par les philosophes, devient voie de sagesse et d'accords industriels dans les Séries passionnées. On va voir que la cupidité y produit le même eiïet, qu'elle y devient voie de justice distributive, et qu'en créant nos passions, Dieu fit bien tout ce qu'il fit.

L'homme civilisé ne trouvant son bénéfice que dans la rapine et la rapacité, il doit s'abandonner à ces vices tant qu'on ne sait lui créer d'autres stimulants de justice que l'honneur d'être philosophe, d'obéir à Sénèque et Diogène : ce ne sont pas là des contre-poids à la cupidité. Il est connu que le monde n'estime que la fortune acquise per fus et nef as ; qu'on n'a que raillerie et duperie à recueillir en pratiquant l'équité; dès lors le civilisé s'en garde comme d'un piège. Il faut donc, pour l'y rallier, un régime où l'individu trouve son bénéfice personnel dans la justice distributive ; il ne la pratiquera qu'à cette condition. Les haimoniens seront justes en répartition, parce que l'équité leur vaudra bénéfice, honneur et plaisir; puis elle procurera mêmes avantages à la masse, qui aujourd'hui est froissée en tout sens par les prétentions individuelles: notre cupidité est donc simple, éyo'hte, étrangère aux intérêts de nos voisins; elle deviendra composée quand elle servira leur intérêt et le notre à la fois. Examinons :

Si chacun des harmoniens était, comme les civilisés, adonné à une seule profession, s'il n'était que maçon, que charpentier, que jardinier, chacun arriverait à la séance de répartition avec le projet de faire prévaloir son métier, faire adjuger le lot principal aux maçons, s'il est maçon; aux charpentiers, s'il est charpentier, etc. Ainsi opinerait tout civilisé; mais en harmonie où chacun, homme, femme ou enfant, est associé d'une quarantaine de Séries, exerçant sur l'industrie, les arts, les sciences, personne n'a intérêt à faire prévaloir immodérément l'une d'entre elles; chacun, pour son bénéfice personnel, est obligé de spéculer en sens inverse des civilisés, voter sur tous les points pour l'équité. Décrivons d'abord ce mécanisme en action, j'en expliquerai ensuite la théorie.

Je distingue en générales et spéciales les impulsions qui entrainent tout harmonien à l'équité.

!• impulsions générales appliquées aux 3 facultés, capital, travail et talent : Alcippe est un des riches actionnaires ; telîo

310 section v. — de l'équilibre génbbml dis passions.

somme dont il tirait en civilisation 3 à S 0.0 ( revenu des domaines), lui rendra dans la phalange 18 à I 5 0 0, selon les aperçus d'inventaire, si l'on parvient à s'accorder en répartition. Il lui importe donc d'opiner pour la justice distributive, et de pousser toute mesure qui léserait une des trois facultés. Si à titre de fort capitaliste il veut faire aliéner moitié du prodoit aux capitaux, par exemple: capital G 12. travail i 12, talent 2 12. les «2 clns-o^ nombreuses qui n'ont à percevoir que sur les deux autres facultés, travail et talent, seront mécontente-: l'ait tion se ralentira, le produit et les accords diminueront, et <]■ 3e année le lien sociétaire se dissoudra. Âioippe voit que pour son intérêt même il faut fixer la répartition comme il suit : capital i. I 2. travail 5/12, talent 3, 12. Calculée sur ce pied, elle donnera encore à Alcippe un revenu quadruple deeelui qu'il avait en civilisation ; elle garantira en outre le contentement des deux classes peu fortunées el le maintien du lien sociétaire. Alcippe incline d'autant mieux pour celle justice, qu'il a lui-même bon nombre de oir, dan- dj ries, sur le capital et le talent ;

car les plaisirs, tels que chasse, pèche, musique, art dramatique, soin des fleurs, des volières, sont payes comme le travail des champs et des vignes. Bn outre, il a formé beaucoup de liaisons ami. -aie- a\rc la cla- non capitalistes; il la protège, il veut

que justice lui soit rendue.

Dans i e cas, la cupidité qui l'aurait poussé a voter un lot de

moitié pour le capital, se trouve centre-balancée par deux impulsions honorable-: ce sont : l'alfeetien qu'il a conçue pour les divers sociétaires des séi ies qu'il fréquente, et où il a de plus lots de travail et talent a percevoir, puis la conviction de trouver

son intérêt dans l'intérêt collectif, dans le contentement delà phalange entière, dans le progrès de l'attraction industrielle, source de i irhe- nir.

ainsi l'impulsion véhémente, celle de cupidité qui aujourd'hui pnii-serait aux prétention-; OtttréeS, rencontre ici deux contrepoids qui la maintiennent dans la juste mesure, dans la voie d'équilibre et de justice satisfaisante pour les 3 facultés et les di\ers individus. Ce bal accord de p -t calqué sur la pro-

priété fondamentale des séries mathématiques, égaiitè dt la géminé dm cvtn'nns, m don file du terme moytn ( Dans la série 2. i. *», deux fois fc équivalent a 2 et G).

Analysons mêmes contre-poids, même équilibre, dans les impulsions de la classe pauvre.

Jeannot n'a point de capitaux, point d'actions; opinera-t-il à favoriser la faculté de travail aux dépens du capital ou du talent? faire adjuger en proportion de

travail 7/12, capital 3/42, talent 2/1 2°

Ici l'impulsion dominante est pour favoriser le travail, au préjudice des deux autres facultés, capital et talent. Tel serait l'avis de tout civilisé pauvre ; le paysan dit : c'est moi qui produis tout ; il croit de bonne prise tout ce qu'il vole au seigneur qui, de son côté, se croit on droit de tout ravir au paysan. Tel est l'équilibre des passions dans l'état civilisé, une lutte de pillage et d'astuce, nommée perfectibilité.

En harmonie, le pauvre Jeannot pensera bien différemment. Sa plus forte impulsion est de favoriser le travail, puisqu'il n'a rien à prétendre sur les dividendes alloués au capital ; mais deux autres impulsions viennent contre-balancer cet essor brut de la cupidité: Jeannot a des lots à prétendre sur le talent; il brille dans certaines parcelles de divers travaux, il lui convient que le talent conserve ses droits. D'autre part, il connaît l'importance des capitalistes dans une phalange, les avantages que le pauvre tire de toutes leurs dépenses, la participation aux spectacles gratuits, aux voitures et chevaux, aux repas de corps, aux dessertes de tables riches, aux adoptions industrielles pour ses enfants; lors même qu'il ne saurait pas apprécier le fruit de toutes ces chances de bénéfice, il l'apprendrait dans la compagnie des 40 groupes qu'il fréquente : les corporations ne se trompent pas sur leurs intérêts.

Ces deux impulsions disposent Jeannot à ménager le talent et le capital, et à se réduire de 7/42 à 5/12 sur le lot du travail; réduction qui, tout balancé, tourne à son avantage; car il ne peut être heureux qu'en soutenant la phalange et l'attraction, qui péricliteraient du moment où le capital et le talent seraient mal rétribués. Ici la cupidité brute, la passion dominante qui chez nous absorberait tout, se trouve pondérée par deux contrepoids, deux impulsions favorables au talent et au capital, facultés sur lesquelles Jeannot a le moins de prétentions. C'est, comme chez Alcippe, l'influence de deux forces extrêmes balançant la double influence de la force moyenne. Les harmoniens des trois classes, riche, moyenne ou pauvre, sont constamment entraînés

3<2 ?CCTI<»N V. — DE L'ÉQUILIBRE GLNEFUL DKS PASSION-.

à ces \ues de justice, par impulsion de deux intérêts collectif. luttant contre la rapacité déraisoonée qui, cliez les civilisés, ne rencontre aucun contre-poids, aucune chance de bénéfice fondée sur le soutien de l'intérêt général, sur la justice distributive.

]*insisteraii dans les 2 chapitres suivante , sur ce penchant de tout harmonica pauvre a soutenir la classe riche et le lot de capital; je donnerai, sur cette impulsion, des preuves irrécusables. \Ln attendant, observons que le pauvre, en harmonie, a de nombreuses chances de fortune: il n'est point découragé comme nos salariés qui n'entrevoient aucun moyen de > élever au rôle de maître; il a l'espoir de voir ses enfants parvenir à de hautes dignités, par la science, le talent, la beauté, les alliances monarcales; il à une petite fortune croissante du fruit de ses économies que la caisse d'épargne reçoit écu par écu; il ne fait pas de dépense, parce qu'il est bien nourri et bien vêtu aux frais de la pha- ■ qui lui fournit tons les habits de travail, et trois uniformesde parade pour les trois saisons; il ne soi - comme nos ouréquenter la juin-nette et ie cabaret, paie qu'il trouve .. - 3 cinq repas excellente chère, vinaà option, joyeuse compagnie; dès-lors il économise, el place en coupons d'actions tout le bénéfice qui lui reste âpre- le paiement de BOQ compte de frais; ! est petit propriétaire, il a l'esprit de propriété, le droit de vote en divers conseils, et de suffrage en toutes élections; d ne peut donc pas ressentir d'aversion |>our les riches qu'il fréquente, dont il a sans caSM à se louer, et dont il espère devenir l'égal. Sans cet espoir dnvènement à la fortune, la vie devient un fardeau pour l'homme.

2° Impulsion* tpéciûUi : Analysons maintenant l'équilibre de cupidité dans les détails. Philinte. est membre de :h. qu'il

distingue en Ibom catégorisai A. B, C; dans les 19 sériel de l'échelle A, il est ancien sectaire, expérimenté, tenant l'un de* promit rs rangs en importance et en droits au bénéfice. Dam \i séries C, il est nouveau sectaire, peu exercé, ne pouvant

espérer .pie de faible- lots; et dans les II de lïvhello II, il e.-t en moyen terme d'ancienneté, de talent et de prétentions. Ce

sont U ois classes d 'intérêts opposés, stimulant Philinte en triple direction et le forçant, par cupidité et par amour-propre, i opter pour la stricte justice.

Kn effet : s'il y a fausse estimation du mérite réel de chaque séria, Philinte sera lésé, d'aboid Mir les dividendes à recueilbr

NOTICE IX. — CHAPITRE XXXIV. .?i'3

dans les 12 séries où il excelle, et où il a droit aux plus fortes parts; en outre, il sera piqué devoir leur travail et le sien mal appréciés. A la vérité, cette injustice pourra favoriser les ffc séries C; mais comme il n'est que subalterne, rétribué de faibles lots, il ne serait pas compensé des réductions à éprouver sur les 42 séries A, où il obtient les lots supérieurs. D'autre part il ne veut pas qu'on ravale les séries C, où son penchant l'a enrôlé récemment ; il estime et protège leur industrie ; il les soutient par amitié cabalistique et par amour-propre. Quant aux 12 séries '&, où il est sectaire de moyen rang, obtenant des lots moyens, il convient à ses intérêts qu'elles aient ce qui leur est dû, sans empiéter sur les catégories A et C.

Sous tous les rapports, il se trouve entraîné à vouloir l'exacte justice en répartition; elle est l'unique moyen de satisfaire à la fois son intérêt, son amour-propre et ses affections. Ajoutons une preuve de détail.

S'il parvenait à faire favoriser les 12 séries A, où il perçoit de forts dividendes, il serait dupe; l'injustice, dans l'état sociétaire bien organisé, tourne au détriment de son auteur; je le dimontre.

Les 12 séries A sont de 3 ordres: environ i de nécessité, 6 d'utilité, i d 'agrément (eh. XXXIII) ; or, siPhilinte réussissait a faire dominer la faveur, il ne pourrait pas l'étendre aux trois ordres de nécessité, utilité, agrément, mais seulement à l'un <;• trois ; dès-lors, obtenant du gain sur i de ces 12 séries A, ii perdrait d'autant sur les i de l'ordre opposé, et ne gagnerait nonsur les i moyennes. Il n'aurait aucun bénéfice réel sur l'ensemble- ' des !2; il ne recueillerait de cette injustice que le déshonneur. la défiance générale et la perte de tous les suffrages pour divers emplois lucratifs qui sont très-nombreux. La défaveur de l'opinion est très-préjudiciable à un harmoni en ; elle est indifférer, a un civilisé, car les places lucratives ne sont pas électives, et" quand elles le seraient, ce ne serait pas l'honnête homme qui [es obtiendrait en civilisation, où la masse électorale est toujours le ' ouet des intrigues.

Le besoin de justice distributive existera donc dan- ails.*

comme dans l'ensemble de la répartition. Lo régime d passionnées est un mécanisme qui sue ta justice , et qui transforme en soif de justice le prétendu vice nommé soif de l'or. Nos passions deviennent toutes bonnes, si on les développe dai

3H SECTION V. — Un L*LQI'1LIDRK i.l.NJ.r.Aï. I : -

l'ordre sériaire auquel Dieu les destine; mais c ppement

doit être conforme aux - - denjrenaje établies chap. Y et VI. et notice 7r . Si on observe bien ces règles, il arrivera que chaque individu sera attire dans une niasse d i séries bien échelonées en tous sens, en •. utilité ef agrément; qu'il

tirera en échell d rôl< s, - xpérimenté dans un tiers, novice dan- un 2 ti.'i - ngrené de

cette manière . il d tira que des imputa

tant sur l'ensemble que sur les détails de répartition aux 3 facultés, capital, travail et talent.

-t pour atteindre ce but que la sollicitude des fondateurs devra se porter sur les moyens d'engrenag instructions a cet égard seront suffisantes si on les suit eza ment, si on consent a ne point lésiner sur les frais de semailles d'attraction, sur Les moyens de variété fréquente en fonction, d'enrôlement à un grand nombre de séries. 11 faut que chacun soit entraine a les parcourir successivement, a quitter une pour entrer dans une autre, en restant sociétaire émérâle, et adjoint auxiliaire aux

La méthode, pour repartir aux croupes d'une série et aux

bres d'un groupe, est I.! même que pour répartir aui et aux ordres de séries; le mouvement étant, selon l'idée de Schelling (p* 14), miroir de lui-nu ■ erut analogie

universelle.

Le lot de talent, borné .. I i i et peut-être 2 1 2. est ew copieux, parce qu'il y a dan- chaque branche d'industrie une masse de sectaires novices et dépourvus de Litre aux lots de talent: leur nombre est au moins d'un tiers en chaque fonction,

ent moitié; c ! qm assuj e une t"! te pari a l'autre moitié, seule

buée en talent. Les lots de travail i sentenl pas cette

chance; car taire d'un groupe y travaillant du pin- au

moins, a droit a une part quelconque. I :rquoi le travail

mérite au moins •"» i 2 du bénéfice ; el il SSl douteux si on ne l'ele-

plus ha it, - m le rapport / Talent I On peut déjà entrevoir qui es d'une

ri règne la justesse mathématique, .le n'ai point eu ors aux .t difficull

je me NUS DOmé a Bppli

tnen' mécanique et .i arithmétique, la balance et la A

€e qui est la même chose ; car la balance est, comme la série, un accord de deux forces extrêmes faisant contrepoids à la double force moyenne. Si chacune des balances doit porter un quintal, il faut que le fléau puisse porter deux quintaux.

Les détracteurs prétendent que ma théorie repose sur des idées extraordinaires, bizarres, abstruses. Qu'y a-t-il de plus ordinaire que les théorèmes élémentaires de mathématiques? Le calcul de la mécanique des passions sera étayé en tous sens de ce genre de preuves; la nouvelle science de l'attraction passionnée est dans tousses détails coordonnée aux mathématiques; les passions, lorsqu'on les distribue par séries, sont les mathématiques en action ; par exemple : les propriétés des i courbes élémentaires, nommées sections coniques, sont très-exactement les types des propriétés des 4 groupes distingués en mode majeur et mineur :

( Amitié, cercle, \ Amour, ellipse.

MAJEUR. . .... , ,. MIXEUR. .' ' '

( Ambition, hyperbole. I Paternité, parabole.

En conséquence, ma théorie, loin de tomber dans l'esprit systématique, est au contraire la première et la seule qui ait évité ce vice, et rallié l'étude des passions à des principes puisés dans la nature. Elle ouvre enfin la voie de ces équilibres si vainement rêvés par la philosophie; car on a vu ci-dessus, dans lemécanisme de répartition, la propriété :

D'absorber la cupidité individuelle dans les intérêts collectifs de chaque série et de la phalange entière, et d'absor-r ber les prétentions collectives de chaque série, par les intérêts individuels de chaque sectaire dans une foule d'autres séries.

On peut réduire ce brillant effet de justice à deux impulsions, dont l'une milite en raison directe du nombre de séries que fréite l'individu, et l'autre en raison inverse de la durée des séances de chaque série.

1° En raison directe du nombre de séries fréquentées. Plus ce nombre est grand, {«lus l'individu se trouve intéressé a De point sacrifier toutes à une seule, mais a soutenir les droits de in compagnies qu'il chérit, contre les prétentions de chacune d'entre allas.

\ En raison inverse de la durée des travaux. Pins fes séances lont courtes et rares, pins l'individu a de facilit rôler dans un grand nombre. ^,dont les influences ne pour-

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