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CHAPITRE XII

Précocité composée des Enfants.

11 est peu de fantaisie plus générale chez les parents , que celle d'avoir des enfants précoces en toutes facultés ; de là vient que nos théories modernes exercent l'enfant à des subtilités scientifiques, et font de lui une primeur intellectuelle , s'immisçant dès l'âge de G ans dans les études que souvent il devrait n'aborder qu'à 12.

L'ordre sociétaire se ralliera à la marche naturelle, qui est d'éduquer le corps avant l'esprit. On voit la nature donner la feuille avant le fruit ; l'Harmonie suit cette méthode en éducation.

Non qu elle approuve le système de Diafoirus père , qui favorise dans son fils Thomas le tardif essor des facultés intellectuelles; on ne recherchera ni les primeurs

ni les postmeurs; in medio stat virtus : on emploiera les caractères tels que les donne la nature, sans provoquer la précocité.

On l'obtiendra pourtant , mais en mode composé. Ceci nous conduit à l'analyse des deux précocités.

La simple spirituelle, qui hâte les progrès de l'esprit aux dépens de ceux du corps. C'est par fois un vice de nature et d'équilibre, ainsi qu'on a pu l'observer dans Pascal , Pic de la Mirandole , et autres génies précoces qui n'ont pas vécu.

La simple matérielle, qui fait prospérer le corps aux dépens de l'esprit. On voit foule de ces jeunes civilisés dont l'accroissement , satisfaisant quant au matériel , semble absorber les facultés mentales ; gens qui , dans leur imbécillité prolongée , sont dignes d'avoir pour capitaine Thomas Diafoirus fils.

La précocité n'est vicieuse qu'autant qu'elle tombe dans l'un de ces deux simplismes ; elle esl très-utile quand elle échappe a l'un et à l'autre vice. Tel est l'effet de l'éducation harmonienne, qui développe de front le cor| l'Ame, les facultés sensuelles et spirituelles. De là résulte Il précocité composée.

Elle ne peut s'établir qu'autant qu'on suit la mardi»

indiquée parla nature ; la dominance

d'emplois matériels en basse enfance; phases ant. et < n d'emplois intellectuels en haute enfance ; ph. llt. efPOST.

Il faut donc, pour élever lea enfants à la préoocité composée, les attirer dès le bu «1 travaux m

riels qui n'ont rien d'attrayant dans l'état actuel.

Les études ne doivent figurer qu'en second ordre ; elles doivent naître d'une curiosité éveillée par les fonctions ruatérielres. Il faut que le travail de IV. I IM I eelui

des ateliers et cultures, et provoqué par les impressions reçues à ces ateliers.

Par exemple , Nisus à 6 ans est passionné pour le soin des faisans et des œillets; il figure activement dans les intrigues des groupes qui soignent la faisanderie et l'œil leterie.

Pour introduire Nisus aux écoles, on se gardera bien de mettre en jeu l'autorité paternelle et la crainte des férules , pas même l'espoir de récompense. On veut , au contraire, amener Nisus et ses pareils à demander l'instruction : comment s'y prendre? Il faut amorcer les sens, qui sont les guides naturels de l'enfant.

Le vénérable Théopbraste qui, à la faisanderie, préside les chérubins et les aide de ses conseils, apportera à la séance un gros livre contenant les gravures des différentes espèces de faisans , de celles que possède le canton, et de celles qu'il ne possède pas. (C'est un volume de l'Encyclopédie naturalogique enluminée, 133).

Ces gravures font le charme des enfants de cinq ans ; ils en parcourent avidement la collection. Au-dessous de ces belles images est une courte définition. L'on en explique 2 ou 3 aux enfants. Ils voudraient entendre lire toutes les autres; mais le vénérable de station ou le séraphin de ronde n'a pas le temps de s'arrêter à ces explications.

C'est une ruse convenue dans les Sérislères de basse enfance: chacun est d'accord à dire au chérubin , qu'on n'a pas le temps de lui expliquer ce qu'il veut savoir; on lui refuse adroitement les instructions qu'il demande; on lui observe que s'il veut connaître tant de choses, il n'a qu'à apprendre à lire, comme tel et tel qui ne sont pas plus âgés que lui, et qui, sachant lire, sont déjà admis à In bibliothèque mineure.

Là-dessus, le séraphin emporte le livre des belles images dont on a besoin aux salles d'étude. Pareil tour est joué aux enfants qui cultivent les œillets ; on a excité leur curiosité sans la satisfaire en plein.

rs'isus piqué de celte double privation qu'il a essuyéi aux groupes de faisanderie et d'œillelcrie, veut apprendre à lire pour s'introduire a la bibliothèque, el y voir les gros livres qui contiennent tant de bettes images. Kisus fait part de ce projet a son ami Kuryale, et ton» deux forment le noble complot d'apprendre à lire. Une fois l'intention éveillée et manifestée, ils trouveront assez les secours de l'enseignement : mais l'état sociétaire veut les amener a demander l'instruction; leurs progrés seront trois fois plus rapides, quand l'étude sera travail d'attraction, enseignement sollicite.

Ici j'ai mis en jeu l'un des goûts favoris de l'enfance, le goût des gravures enluminées, représentant les objets auxquels l'enfant s'intéresse activement par connexion avec ses travaux.

Ce ressort paraît suffisant pour éveiller l'idée d'apprendre a lire : analysons mieux l'amorce, et distinguonsy un mobile bi-composé , double en matériel et double en spirituel.

M. 1°. I. 'impatience de connaître l'explication de tant de belles images.

M. 2°. ï.e rapport de ers gravures avec les animaux eu

végétaux qu'il soigne de préférence.

s. r>o. L'envie de s'élever du sous-cherar des mi-ché rubins au sous-chœur des hauts chérubins, qui ne le re

- evront pas s'il ne s.iit pas lire,

S i°. Les ironies de plusieurs des hauts chérubins qui, sachant déjà lire, se moqueront du retardataire.

Mettez enjeu ces véhicules d'attraction bi-composée, et le succès sera aussi prompt qu'il serait lent et douteux si on recourait aux mobiles civilisés, à l'ordre du père et du pédant, aux pénitences et châtiments, ou aux faibles appâts de quelques méthodes actuelles, dont la plus vantée , le mutualisme , n'atteint pas même au véhicule composé, encore moins au bi-composé.

Pareille méthode régnera dans les diverses branches d'étude ; écriture , grammaire, etc. On y entremettra toujours l'amorce bi-composée, les refus concertés et ruses innocentes pour éveiller l'émulation. Elle ne peut naître que sur les branches d'études analogues aux travaux que l'enfant exerce passionnément. C'est donc en tout sens par le matériel d'industrie que doit commencer son éducation ; et rien n'est plus mal-entendu que la méthode simpliste des civilisés, qui veulent faire de l'enfant un géomètre, un chimiste, avant de l'avoir amorcé aux fonctions propres à éveiller en lui le désir de connaître les mathématiques et la chimie, et de combiner ces théories avec la pratique par où il a débuté.

C'est donc aux jardins et basse-cours, aux cuisines et à l'opéra, que doit commencer l'éducation de l'enfant; il ne doit passer à l'école que pour y étendre les notions dont il a déjà pris une teinture confuse en exercice industriel.

Bref, l'éducation des 2 premières phases d'enfance, antër. et citer., âge de 0 à 9 ans, devra donner l'initiative et le gouvernail au matériel; et par contraste , l'éducation des deux dernières phases, ultér. et poster. (7), comprenant les âges de 9 à 19, devra donner l'initiative au spirituel, qu'on verra dominant dans le système exposé aux 3e. et Ie. notices. ï/éducation harmonienno lomlx'-

rait en marche simple, si les ressorts n'étaient pas en influence contrastée dans les deux vibrations inférieure et supérieure (7).

En suivant cette méthode, en la combinant avec l'exercice par Séries, on verra les enfants devenir primeurs à tout âge, comparativement aux nôtres , et primeurs omnimodes , c'esl-à dire en vingt fonctions différentes.

Loin de là , l'enfant civilisé qui devient primeur en quelque genre, n'est toujours que massacre en cent autres fonctions. Rassemblez aujourd'hui tous les enfants primeurs de 10 ans, on n'en trouvera pas un qui sache allumer le feu , disposer convenablement les bûches , les cendres, les chenets; ménager les jours, couvrir artistement les charbons et tisons, pour les conserver. Parmi les femmes de 50 ans, on n'en trouvera pas une sur 100, qui sache faire le feu, le disposer en divers sens, selon les cheminées et les emplois. Cette science inconnue aux civilisés de 50 ans est familière à tout enfant harmonien «le ians et demi: c'est une moitié de sa thèse d'examen sur la première des propriétés de Dieu, l'économie de ressorts (0.

En précocité comme en toute autre qualité, il faut, pour se mettre au ton de la nature, désirer tous les avantages possibles : Dieu ne veut pas être généreux à demi; M munificence pour nous est sans bornes; il faut donc.

(i) La thèse sur les propriétés de Dieu (9) est toujours composée , et doit être soutenue en mnt^rirl sur les emploi> du feu ou corps de Dieu , et en sjjiriturl sur les emplois des passions ou âme de Dieu.

Le bambin postulant aux chérubins ne sera examine que sur les plus bas emplois du feu; l'art d'allumer, entretenir économiquement, couvrir et conserver le feu, avec de petites huches et

pour nous rallier à ses vues , demander tous les biens imaginables sur chaque branche de bonheur. Demander en plein la précocité matérielle et intellectuelle des enfants, le développement intégral minime de ces deux sortes de facultés.

Encore ce double essor serait-il imparfait s'il ne conduisait pas des emplois matériels aux études, et des études ou théories aux fonctions pratiques, alliance qu'on ne trouve jamais chez nos enfants précoces.

On en voit quelques-uns exceller à a ans dans une fonction matérielle. J'ai vu à l'opéra de Paris une petite danseuse qu'on disait avoir moins de o ans, et qui était virtuose en danse et en pantomime. Ce n'est là qu'une branche de précocité , et cela ne suffirait pas, en Harmonie , pour la faire admettre des bambines auxchérubines. Ce ne serait pour elle qu'un des marchepieds à franchir, selon le tableau suivant.

Epreuves « choisies » par une Bambine postulante.

K Intervention musicale ou chorégraphique à l'opéra. 1 Lavage de cent vingt assiettes en une 1/2 heure, sans en fêler aucune.

pincettes minimes. Ce petit talent lui vaudra, outre l'avantage de dextérité, l'art d'éviter les brûlures et les risques d'incendie.

Le chérubin postulant aux séraphins sera examiné sur un emploi plus relevé, comme le chauffage opportun des petits fours.

Le séraphin postulant aux lycéens sera examiné sur un emploi de feu composé, comme l'usage de la poudre.

Le lycéen postulant aux gymnasiens , sur quelques emplois difficiles de feu composé ; et ainsi pour l'admission aux jouvenceaux; le feu devant toujours figurer comme branche matérielle de la thèse a soutenir sur les propriétés de Dieu ( 9 ).

122 Association compost

2 Pelage d'un demi-quintal de pommai en temps donné - en retrancher au delà d'un poids indique.

"> Admission en sectaire au groupe de la violette

y Art d'allumer et couvrir le feu.

I ne bambine qui choisira et soutiendra ces épreutei sera admise ara chérnbines.

« m sera assurèque l'habileté dans ces diverses fonction* doit eolraîner bientôt la bambine à demander les leçons théoriques , perfectionner l'esprit en proportion du corps, èle?et l'enfant a l'éducation intttjrale compOêii . < à-dire complète en fondions du corps et de rame, ainsj que je l'ai indiqué pour le corps, page 9.

Je n'ai fait aucune mention du progrès des séraphins

»ns de l'âge de 9 ans et prêts i p ig* r aoi lycéens. 1 1 i clair que l'enfant qui, à I an-, fréquente déjà plu sieurs ateliers, plusieurs culture- . serai à 9 ans, h.thiK dans rîngt branches de travail agricole et manufacturier. et que la rapidité de m-- j i >era incalculable tant qu'il

BOifTS la boussole de direction harmonique , l'eiei

r coftl i, rival i - . ?s.

Nous parlerons de ce- résultats a la i°. Notice. L'effet difficile est d'amorcer au travail l'enfant en bas- - est

il dél »il BOT lequel j'aie dû insister. Ce pas une fois

franchi, l'éducation marche d'elle-même, sauf le- leviers

i m dont j'ai différé de parler, parce que le- grands

I ,rt- m « r . m, H»- -ont applicables qu'ami tribu- >i< M) ans, dont nous allons traiter à 1s r*. Section. lt comme l'influence morale doit l'établir 15) i- . comme le- enfants de- 5 tribus inférieure i

i. BambinSg -. Chérubins, ">. Séraphins, suivront ton »'t l'impulsion donnée par le- 3 tribus supérieure!

4. Lycéens, 5. Gymnasiens , 6 Jouvenceaux , il a été inutile jusqu'ici de traiter des amorces morales employées pour stimuler l'enfance : j'en vais donner connaissance , aux 3e. et 4e. Notices, où l'on traitera du ressort indiqué (46), du charme corporatif ascendant, ou véritable enseignement mutuel, dont nos modernes ont saisi un lambeau déjà dégradé par l'esprit de parti et l'esprit de simplisme qui le souillent dès son berceau.

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