‹ Œuvres complètes: comédies, drames (volume 2)Chapitre 103 sur 156 · HÉLÈNE, ROBERT, URSULE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE, ROBERT, URSULE

ROBERT, à part.

Elle triomphe. Je m'en vais...

(u va pour sortir.)

URSULE, à Hélène.

Tu viens de voir mon père?

HÉLÈNE

Oui, pour lui faire mes adieux... je pars.

DRAMES

ROBERT, revenant.

Vous partez ?

HÉLÈNE

Je viens d'en demander la permission à mon tuteur, à qui j'ai fait comprendre que le pays où j'avais été élevée convenait mieux à ma santé que celui-ci.

ROBERT

Allons donc ! Quitter la France pour une cause semblable! Mais vous vous portez à merveille... c'est un prétexte !

HÉLÈNE, naïveinentt

C'est vrai!... Avec vous, mes amis, mes meilleurs amis, je n'ai pas besoin de feindre... il faut que je parte.

Pourquoi ?

HÉLÈNE

Ursule le sait bien.

URSULE, à part.

Petite sotte!

HÉLÈNE

Ms. bonne Ursule comprend bien que je ne peux pas faire autrement, que je ne peux pas rester ici.

URSULE, très-troublée, youlanl la faire taire.

Oui... oui... je sais... je comprends... Il suffit.

ROBERT, avec impatience.

Eh ! non, il ne suffit pas! (a Hélène.) Pourquoi?

HÉLÈNE

Ursule est de mon avis, j'en suis sûre.

URSULE

Certainement, chère enfant, je comprends tes motifs; (Avec intention.) mais, pour loi, pour d'autres, il est inutile qu'on les connaisse.

LA FILLE DE TRENTE ANS

HÉLÈNE, vivement.

Tu as raison... Adieu donc, mon amie ; adieu, mon frère... Pardon de n'avoir pu vous donner un autre nom, de ne pas vous avoir donné mon affection tout entière ; cela ne m'était plus possible.

ROBERT

Vous aimez donc quelqu'un?

HÉLÈNE

Oui!

^ URSULE, avec effroi.

IP Qu'oses-tu dire ? Quelle inconvenance !

HÉLÈNE, vivement avec des larmes.

C'est vrai ! c'est vrai !... Je dois me taire... Mais toi, à ton tour, promets-moi...

URSULE

Tout ce que tu voudras.

HÉLÈNE, pleurant.

On dit tout à son mari... Eh bien ! quand il sera le tien...

ROBERT

Qu'entends-je ?

HÉLÈNE

Promets-moi... jure-moi de ne jamais lui avouer...

URSULE

C'est convenu 1

HÉLÈNE

Que je t'avais chargée...

Tais- toi!

HÉLÈNE

De lui offrir ma main.

URSULE, la faisant passer vivement devant elle.

Mais tais-toi donc!...

I) n A M KS

HÉLKNE.

Ah I qu'ai-je dit!

(Elle va tomber en chancelant dans un fauteuil à droite. Ursule, p.lle, immobile, est debout au milieu du théâtre. Robert près d'elle, la rogirde en souriant.)

ROBERT

Ah! vous vous étiez chargée de dire à Raoul que celte enfant l'aimait, et vous avez religieusement gardé ce secret, et vous avez détourné à votre profit... ce mari que vous deviez demander pour elle.

URSULE, troublée.

Monsieur...

ROBERT

Cela mérite une punition... vous serez ma tante.

Robert !

ROBERT

Quatre-vingt mille francs de rentes, viagères, il est vrai !... vous en serez quitte pour faire des économies du vivant de mon oncle, et pour désirer qu'il vive longtemps !

URSULE

Écoutez-moi...

ROBERT

Tout ce que je puis faire est devons laisser le beau rôle... Hâtez-vous de le prendre, sinon... je dis tout à Raoul... Voici d'abord mon oncle qui vient tout tremblant connaître son sort.

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