HÉLÈNE, ROBERT, URSULE
ROBERT, à part.
Elle triomphe. Je m'en vais...
(u va pour sortir.)
URSULE, à Hélène.
Tu viens de voir mon père?
HÉLÈNE
Oui, pour lui faire mes adieux... je pars.
DRAMES
ROBERT, revenant.
Vous partez ?
HÉLÈNE
Je viens d'en demander la permission à mon tuteur, à qui j'ai fait comprendre que le pays où j'avais été élevée convenait mieux à ma santé que celui-ci.
ROBERT
Allons donc ! Quitter la France pour une cause semblable! Mais vous vous portez à merveille... c'est un prétexte !
HÉLÈNE, naïveinentt
C'est vrai!... Avec vous, mes amis, mes meilleurs amis, je n'ai pas besoin de feindre... il faut que je parte.
Pourquoi ?
HÉLÈNE
Ursule le sait bien.
URSULE, à part.
Petite sotte!
HÉLÈNE
Ms. bonne Ursule comprend bien que je ne peux pas faire autrement, que je ne peux pas rester ici.
URSULE, très-troublée, youlanl la faire taire.
Oui... oui... je sais... je comprends... Il suffit.
ROBERT, avec impatience.
Eh ! non, il ne suffit pas! (a Hélène.) Pourquoi?
HÉLÈNE
Ursule est de mon avis, j'en suis sûre.
URSULE
Certainement, chère enfant, je comprends tes motifs; (Avec intention.) mais, pour loi, pour d'autres, il est inutile qu'on les connaisse.
LA FILLE DE TRENTE ANS
HÉLÈNE, vivement.
Tu as raison... Adieu donc, mon amie ; adieu, mon frère... Pardon de n'avoir pu vous donner un autre nom, de ne pas vous avoir donné mon affection tout entière ; cela ne m'était plus possible.
ROBERT
Vous aimez donc quelqu'un?
HÉLÈNE
Oui!
^ URSULE, avec effroi.
IP Qu'oses-tu dire ? Quelle inconvenance !
HÉLÈNE, vivement avec des larmes.
C'est vrai ! c'est vrai !... Je dois me taire... Mais toi, à ton tour, promets-moi...
URSULE
Tout ce que tu voudras.
HÉLÈNE, pleurant.
On dit tout à son mari... Eh bien ! quand il sera le tien...
ROBERT
Qu'entends-je ?
HÉLÈNE
Promets-moi... jure-moi de ne jamais lui avouer...
URSULE
C'est convenu 1
HÉLÈNE
Que je t'avais chargée...
Tais- toi!
HÉLÈNE
De lui offrir ma main.
URSULE, la faisant passer vivement devant elle.
Mais tais-toi donc!...
I) n A M KS
HÉLKNE.
Ah I qu'ai-je dit!
(Elle va tomber en chancelant dans un fauteuil à droite. Ursule, p.lle, immobile, est debout au milieu du théâtre. Robert près d'elle, la rogirde en souriant.)
ROBERT
Ah! vous vous étiez chargée de dire à Raoul que celte enfant l'aimait, et vous avez religieusement gardé ce secret, et vous avez détourné à votre profit... ce mari que vous deviez demander pour elle.
URSULE, troublée.
Monsieur...
ROBERT
Cela mérite une punition... vous serez ma tante.
Robert !
ROBERT
Quatre-vingt mille francs de rentes, viagères, il est vrai !... vous en serez quitte pour faire des économies du vivant de mon oncle, et pour désirer qu'il vive longtemps !
URSULE
Écoutez-moi...
ROBERT
Tout ce que je puis faire est devons laisser le beau rôle... Hâtez-vous de le prendre, sinon... je dis tout à Raoul... Voici d'abord mon oncle qui vient tout tremblant connaître son sort.