SCENE X
Les MÊMES : moins LA DUCHESSE.
GALAOR
Elle s'éloigne.
MARGUERITE, ollant écouter à la porte à droite, qu'elle entr'ouvre.
Personne... Nous sommes libres !...
(ils descendent tous trois au inili'iu de la scène.) GALAOR.
II s'agit donc d'une conspiration?
THÉCLA
Vous les craignez? .
GALAOR
Jamais !... Quand on n'a rien à perdre... et c'est ma situation; et puis une conspiration de femmes, c'est ma spécialité, c'est mon genre!... C'est la Fronde! Vous êtes madame de Longue ville.
THÉCLA
Et la grande- duchesse?
GALAOR
Anne d'Autriche et Mazarin, tout à la fois !
THÉCLA
Or, vous avez peu de chose à attendre d'Anne d'Autriche. ^
GALAOR
Rien! Elle me l'a déclaré.
MARGUERITE
Ce qui est une maladresse.
THÉCLA
Tandis qu'en nous dévouant tous trois, fût-ce malgré lui,| au prince Max de Brunswick, qui n'a pas de volonté...
MARGUERITE
Mais qui est bon, généreux...
THÉGLA.
Et, de plus, amoureux !
GALAOR
Je le sais.
MARGUERITE
Et de qui ?
GALAOR
De vous. Je m'en suis aperçu dès hier... au premier regard, au premier accès de jalousie... J'étais là sur mon terrain.
THÉCLA
Eh bien, voilà un prince dont vous pouvez devenir dès à présent le confident, le favori, et, plus tard, le grand maître du palais.
GALAOR
Comment cela?
THÉCLA
En le mariant... malgré sa tante !
C'est une idée !
THÉCLA
Une double combinaison! Il épouse Marguerite.,, et, moi, j'épouse alors... qui je veux.
GALAOR
C'est juste! Il n'a rien à vous refuser... ni à moi non plus. Le malheur est qu'il ne doit régner que dans deux ans.
THÉCLA
Allons donc !...
GALAOR
Et le testament un grand-duc ?