SCENE V
ÉLISE, s'appuyant sur la tab-Ie à droite ; EURYALE, DALIBON, GERVAISE; MELFORT, entrant par le fond, salue respectueusement Élise qui, toute troublée, lui fait la révérence sans le regarder, puis il salue Dalibon.
DALIBON.
On me dit, monsieur, que vous voulez acheter ma maison?
MELFORT
Oui, monsieur... si nous convenons du prix î
C'est monsieur, je crois, que j'ai eu l'honneur de rencontrer en chemin de fer ?
MELFORT
Oiii, monsieur...
EURYALE
Et vous désirez voir les appartements.
MELFORT
Que je ne connais pas.
DALIBON.
C'est tout simple.
EURYALE
Mais les jardins, qu'en dites-vous?
MELFORT, sans faire attention à ce qu'on lui demande, et regardant autour de lui avec embarras.
Les jardins... très-frais... très-jolis... très...
EURYALE
Très-bien dessinés... n'est-ce pas? Et le petit pont chinois, comment le trouvez-vous?
RÊVES d'amour
MELFORT
P'ort bien jeté... très-pittoresque!
GERVAISE, à part.
Il n'y en a pas.
EURYALE
Et le chalet ?
GERViVISE, à part.
Il n'y en a pas non plus.
EURYALE
Ah ! le chalet, qu'en pensez-vous?
MELFORT
C'est tout à fait suisse.
EURYALE
Pleine Suisse !
ÉLISE, à part.
Il nous perd...
EURYALE
Eh bien, monsieur (et je pense que mon cousin Dalibon est maintenant de mon avis), vous n'êtes pas un acquéreur... sérieux...
MELFORT
Que voulez-vous dire?
EURYALE
Qu'il n'existe ni pont chinois, ni chalet suisse dans la propriété.
MELFORT, à part.
Ah! diable!...
Et que vous ne venez ni pour la voir...
DALIBON.
Ni pour l'acheter !