LA COMTESSE, LÉONIE, DE GRIGNON, HENRI MONTRÏGHARD
MONTRÏCHAUD, entrant par la porte à gauche.
Je viens vous faire mes adieux, madaînc la comtesse ..
LÉONIE, avec joie.
Ah!
Mais, avant de partir, je tiens à vous prouver que je ne me vantais pas en disant que cette dépêche pouvait ramener en mon pouvoir M. de Flavigneul.
LÉONIE, à part.
Je tremble !
LA COMTESSE, à part.
Que veut-il dire?
MONTRÏGHARD;
Cette dépêche est l'ordonnance que je soUicilais depuis si longtemps, Fordonnance d'amnistie...
TOUS, poussant un cri de joîe.
L'amnistie !
LA COMTESSE et LÉONIE, s'écaitunt -du canj^pô oh ( st dssls Henri.
Il peut donc se monlror...
DRAMES
HENRI, se levant.
Ah ! monsieur !
MONTRICHARD, avec un air de tiîomphe.
Ah! j'étais bien sûr que je le ferais reparaître.
Ciel !
DE GRIGNON
C'était un piège; et nous y avons donné...
(Tous restent immobiles de terreur. M. de Montrichard s'avance au bord du théâtre et sourit à lui-même avec un air de satisfaction. La comtesse s'approche doucement de lui, le regarde, saisit ce sourire et fait un geste de joie qu'elle réprime aussitôt.)
M0NTR1CH\RD.
Monsieur Henri de Flavigneul... au nom du roi et de la loi, je vous déclare...
LA COMTESSE, s'avanç.ant et riant.
Je vous déclare libre et gracié...
TOUS
Comment?
LA COMTESSE, gaiement.
Kh ! sans doute ! ne voyez-vous pas que M. de Montrichard veut prendre sa revanche, et qu'il joue là une scène de terreur à mon usage...
LÉONIE
11 serait vrai î
LA COMTESSE, prenant le papier des mains de Montrichard.
Tenez!.., lisez!... Ordonnance d'.amnistie...
MONTRICHARD
Maudite femme! On ne peut pas plus la tromper en bien qu'en mal!
LEONIE, à la comtesse.
Kt maintenant, tous trois réunis...
BATAILLE DE DAMES
il5
LA COMTESSE
Oui, ma fille!... mais plus tard... car aujourd'hui je dois partir.
LÉO NIE
Parîirl
DE GRTGNON.
Vous partez?... eh bien, je pars aussi! Oh! vous avez beau dire ! je pars ! c'est fini ! je vous suis ! Rien ne m'arrête ! je vous suis jusqu'au bout du monde! et, chemin faisant, j'accomphrai devant vous de si belles choses, que vous finirez par vous dire : Voilà un pauvre garçon dont j'ai fait un héros... faisons-en un homme heureux!
LA COMTESSE
Ne parlons pas de cela!... (passant près de m. de Montrichard.)
Eh bien, baron ?
MONTRICHARD
J'ai perdu... madame îa comtesse ! je suis vaincu
LA COMTESSE, avec émotion.
Vous n'êtes pas le seul! (Affectant la gaieté.) Que voulez-vous. ■ baron? pour gagner, il ne suffit pas de bien jouer !
Il faut avoir pour soi les as et les rois.
LA COMTESSE, à part, regardant Henri.
Le roi surtout !,.. dans les batailles de dames.
MON ÉTOILE
r.OMKDIK UN ACTF.
Théati^k FnANgAis, 6 FévMor1854