SCÈNE VIL LA CZARINE, MENZIKOFF
MENZIKOFF
Il est dans un de ces accès de colère... dans une de ces crises où sa raison semble prête à l'abandonner... 11 m'a accueilli, la menace et l'injure à la bouche! Et comme je lui parlais d'annoncer son arrivée à Votre Majesté : « Qu'elle « ne s'offre point à ma vue ! s'est-il écrié ; qu'elle ne se préce sente pas d-evant moi. . . ou je la briserai comme ceci... » Et il a fait voler en éclats la grande glace de Venise qui orne le premier salon.
LA CZARINE, froidement.
Connaissez -vous la cause de cette fureur?
MENZIKOFF
Non !... Il tenait à la main un papier qu'il froissait convulsivement.
LA CZARINE, à part et froidement.
Il sait tout! Jakinski a découvert mon secret! La foudre
DRAMES
devait me réveiller, je m'y attendais; mais pas encore !... Quitter la vie quand on est aimée!... c'est trop tôt!... (a Menzikoff.) Dites à Sapieha de partir.
Je le lui ai dit... et il refuse.
LA CZARINE, avec joie.
Ah!... c'est bien!... mais ce n'est pas juste! Coupable, c'est moi qui dois mourir... et non pas lui... Je vais trouver* Icczar...
(Elle passe à droite.)
MENZIKOFF, écoutant.
C'est lui!... c'est lui !... Je crois l'entendre!...
LA CZARINE, vivement à Menzikoff.
Va dire à Sapieha que je lui ordonne de vivre... Qu'il parte!...
MENZIKOFF
Et VOUS?...
LA CZARINE
Je reste!
(Menzikoff sort par la porte à gauche.)