‹ Œuvres complètes: comédies, dramesChapitre 115 sur 199 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ADELE, seule, assise et lisant ; puis GRÉPONNE. ADÈLE.

Quel insipide roman !

CRÉPONNE, entrant encourant.

Madame , madame ! bonne nouvelle ! M. Samson, noire propriétaire, a refusé à M. Rialto de lui renouveler le bail de votre appartement, parce qu'il est en marché pour vendre sa maison.

ADÈLE

Vraiment ? Es-tu bien certaine de ce que tu me dis là?

CRÉPONNE.

Très-certaine, je le tiens de la portière. Madame, il faudrait tâcher de décider M. Rialto à vous acheter cette maison, parce que, s'il venait à mourir, ou à changer de manière de voir, elle vous resterait toujours.

ADÈLE

Il y a trois ans qu'il me promet qu'il en sera ainsi.

CRÉPONNE.

Il promet beaucoup, M. Rialto : c'est comme ce nouvel équipage...

ADÈLE

Ne m'en parle pas; tous les gens qui ont amassé leur argent à la Bourse sont ainsi faits, ma chère.

CRÉPONNE.

Vieux jaloux !

ADÈLE

Ah ! pour jaloux, il l'est à en mourir sur la place. Doit-il venir aujourd'hui ?

Il m'a dit qu'il viendrait dîner, et s'il découvrait les assiduités de M. Hippolyte ? Accueillir ainsi chez vous un tout jeune homme, sans raison, sans expérience... (Hippolyte entre.) Ah ! le voici ; comme il a l'air rêveur.

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