‹ Œuvres complètes: comédies, dramesChapitre 139 sur 199 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les mêmes ; DARCEY et VALDÉJA.

AMÉLIE ET SOPHIE, à part.

Monsieur Darcey !

DARCEY

Qu'y a-t-il, messieurs? quelle est cette femme que Ton parle d'arrêter?

CRÉPONNE, d'un ton suppliant et à demi-voix.

C'est la vôtre, monsieur, votre pauvre femme qui se meurt.

DARCEY, avec indignation.

Ma femme !

ADÈLE

Qui parle donc?

C'est ton mari.

DIX ANS DE LA VIE d'uNE FEMME 319

ADÈLE, épouvantée.

Mon mari ! sauvez-moi, sauvez-moi !

DARCEY

Cette femme est Adèle ?

ADÈLE, dans le délire.

Non, non, ce n'est pas elle, ne le croyez pas.

CLARISSE, à Darcey.

Mon frère 1 mon frère ! ne l'accablez pas.

DARCEY, avec calme et dignité.

N'ayez nulle crainte, elle est oubliée depuis longtemps.

CLARISSE

Oh ! vous lui pardonnerez...

ADÈLE

Darcey, ne me dis rien, je vais mourir.

CLARISSE

Un mot, un mot qui la console...

ADELE se lève soutenue par Créponne et se dirige vers -Daroey.

Darcey, j'ai été bien coupable ; mais aussi j'ai bien souffert. Pardonne, pardonne-moi ! Au nom de mon pauvre père, ne me maudis pas, Darcey, grâce ! grâce !

Jamais I

(Adèle jette un cri et tombe sur son fauteuil.) CLARISSE.

Mais moi, je te pardonne, je t'aime; ma sœur, que ces derniers mots frappent ton oreille, que la main d'une amie ferme tes yeux, (a Darcey.) Mon frère, quelle rigueur! Oh 1 venez, venez !...

DARCEY, se laissant entraîner, dit à Valdéja qui le pousse vers Adèle. Tu le veux? eh bien!... (En ce moment Adèle rend le dernier

soupir.) Dieu ! il n'est plus temps.

VALDÉJA.

Elle expire ! (a Amélie et à Sophie.) Eh bien ! femmes, prenez ce cadavre ; prenez-le donc, il est à vous. Vos œuvres méritaient un salaire, le voilà ! Honte à vous et à toutes vos semblables ! (a Darcey.) A toi, la liberté !

DARCEY, lui montrant Clarisse»

Et à toi, je l'espère, bientôt le bonheur I

BERTRAND ET RATON

ou

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