MARTHE ET JEAN
Eh bien ! qu'y a-t-il?
RATON
Taisez-vous, femme ! taisez-vous ! les secrets d'État ne vous regardent pas ; qu'il vous suffise d'apprendre que je sais ce que j'ai à faire... Voyons un peu... (Prenant le papier cacheté.) « A Raton Burkenstaff, pour remettre au général Koller. »
MARTHE
KolUîï !
RATON, cherchant.
Qu'est-ce que c'est que ça? (se rappelant.) Ah! je sais, un des nôtres dont la reine nous parlait ce matin... Tu ne te rappelles pas ?
MARTHE
Si vraiment 1
RATON
Il l'aura bientôt, c'est convenu. Quant à nous, mes enfants, ce qui* nous reste à exécuter, c'est de sortir d'ici . sans bruit, de nous tenir cachés toute la soirée...
MARTHE
Y penses-tu?
RATON
Silence donc ! c'est dans notre plan, (a Jean.) Toi, pendant la nuit, tu rassembleras les matelots norwégiens dont tu
BERTRAND ET RATON
nous parlais tout à l'heure ; tu leur donneras de l'or, beaucoup d'or'; on me le rendra... en honneurs et en dignités... et puis vous viendrez tous me trouver avant le point du jour, et alors...
MARTHE
Cela sauvera-t-il mon fils?
RATON
Belle demande!... Oui, femme, oui, cela le sauvera... et je serai conseiller, et j'aurai une belle place... et Jean aussi... une petite...
JEAN
Laquelle ?
RATON
Je te promets quelque chose... Mais nous perdons là un temps précieux, et j'ai tant d'affaires en tête ! Quand il faut penser à tout... par où commencer? Ah! cette lettre à M. Koller, c'est par là d'abord qu'il faut... Venez, suivezmoi.
(jean et Marthe vont pour sortir par la porte à gauche ; Koller parait à la porte du fond ; Raton s'arrête au milieu du théâtre.)