‹ Œuvres complètes: comédies, dramesChapitre 31 sur 199 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

BATHILDE. seule, entrant par la droite ; elle tient un flambeau qu'elle pose sur la table.

Il n'est pas rentré; je l'attendrai. (Avec agitation.) Oui, il saura tout... (s'arrêtant.) Mais comment lui apprendre, sans exposer mon oncle à leur ressentiment?... je m'accuserai plutôt moi-même ; je dirai... Que dirai-je? Je n'en sais rien encore. N'importe ! qu'il pense ce qu'il voudra, qu'il me méprise, qu'il me déteste ; mais qu'il soit sauvé... (Avec crainte.) On vient... Non, personne ! Seule... dans sa chambre... au milieu de la nuit !... Je tremble au moindre bruit. (Amèrement.) C'est la première bonne action que je fais, et je tremble 1

(Elle s'approche de la table.) Une lettre Commencée... (Elle y jette

les yeux.) A sa mère ! Peut-être, aussi, a-t-il répondu à cette jeune et jolie miss avec qui il a été élevé. Elle est bien heureuse de l'aimer depuis si longtemps ! J'ai interrogé en tremblant... C'est miss Henriette, la fille du gouverneur; elle a de l'or, de la naissance, des vertus ; que n'en ai-je aussi pour les lui offrir! Mais elle venait ici pour sauver ses jours... et moi pour les livrer. Ah ! quand il me connaîtra, quel sen-

LA BOHÉMIENNE

liment lui inspirerai-je ? (Avec effroi.) Je n'y veux pas penser, je me repentirais peut-être... (Écoutant.) Cette fois, je ne me trompe pas, j'entends marcher, (eu» va auprès de la porte.) C'est Arthur et mon oncle. En effet, ils devaient venir ; j'oublie tout. Comment justifier ma présence?... Ah ! ce cabinet ; attendons qu'ils soient partis.

(Elle se cacke dans le cabinet à gauche.)

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