‹ Œuvres complètes: comédies, dramesChapitre 33 sur 199 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les mêmes; LIONEL, enveloppé d'un manteau, dont il se débarrasse en entrant et qu'il jette sur un fauteuil; en même temps il pose deux pistolets sur la table.

LIONEL

Vous m'attendiez, messieurs ?

ARTHUR

Oui, colonel! eh bien?...

LIONEL

Tout est tranquille ! nos hommes sont partis pour Lexington; la place de Funnel-Hall est déserte, pas de sentinelle anglaise ; pas le moindre mouvement dans les casernes ; leur sécurité est complète.

ARTHUR

Il faut en profiter...

LIONEL

Le mot d'ordre est donné, (a Zambaro.) Baron, j'ai recommandé de venir vous éveiller dès qu'on apercevrait votre pavillon dans la baie de Gharlestov^rn.

ZAMBARO, embarrassé.

C'est bien !

LIONEL, leur prenant la main.

Et maintenant, mes amis, allez prendre quelque repos, vous en avez besoin.

LA BOHÉMIENNE

ARTHUR

Colonel, vous me parliez d'une lettre pour votre mère...

LIONEL, s'approchant de la table.

Elle est là... (prenant la plume.) Pardon, deux mots encore. (Écrivant.) Pauvre mère !

(U écrit très-vite ; Arthur est appuyé sur sa chaise, Zambaro est à l'autre bout du théâtre.) ZAMBARO, à part.

Plus j'y pense... ce projet, ce mariage... Commenta présent revenir sur mes pas? N'importe, il le faut; ces braves jeunes gens... une cause si juste! faire notre fortune et le bonheur de Bathilde. Oui, je les sauverai... Ah ! et ces papiers d'Herman, je les lirai en chemin.

(Pendant ce temps Lionel a cacheté sa lettre.) LIONEL, remettant la lettre à Arthur.

Mon cher Arthur, vous savez ce que vous avez à faire?

ARTHUR, d'une voix émue.

Soyez tranquille, à moins que moi-même...

LIONEL, allant à Zambaro.

Monsieur le baron, j'avais des projets dont je voulais vous parler ce soir ; mais demain, demain, s'il en est temps, si nous sommes vainqueurs... et si nous ne l'étions pas, si le sort nous trahissait...

ZAMBARO.

Y pensez-vous ?

LIONEL

Oui, oui, ne parlons pas de cela, (a Arthur.) Mon ami... (a

Zambaro.) Mou père, CmbrasSOns-nOUS... (ll se jette dans les bras

de Zambaro.) Et que demain le soleil naissant éclaire un pays libre. Adieu, mes amis.

TOUS DEUX, lui serrant la main.

Adieu, colonel.

(il les conduit jusqu'à la porte ; Zambaro et Arthur sortent en se tenant par le bras.)

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