‹ Œuvres complètes: comédies, dramesChapitre 37 sur 199 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les mêmes 5 SIR GOKNEY, enveloppé d'un manteau. SIR GOKNEY, regardant tout le monde.

M. de Courville ?

LIONEL, montrant Zambaro.

Le voici ; ne craignez rien, nous sommes tous du parti de M. le baron.

LA BOHÉMIENNE

ARTHUR, suivant tous les mouvements de Zambaro.

Et ses meilleurs amis.

SIR COKNEY, d'un air d'intelligence.

J'entends, (souriant.) G est son état-major : en effet, je reconnais ces messieurs pour les avoir vus tantôt, (se dégageant de son manteau.) Parbleu ! je suis enchanté de pouvoir enfin parler à cœur ouvert, (a zambaro.) Son Excellence voulait vous envoyer un de ses officiers ; mais elle a per.f-é que, ne vous connaissant pas, il pourrait faire quelque gsucherie, tandis que moi qui sais mon affaire... je suis sûr au moins de ne pas me tromper.

^ ZAMBARO, à part.

Joliment.

LIONEL et ARTHUR.

Eh bien ?

SIR COKNEY, à Zambaro.

Eh bien ! mon cher, ça va à merveille ; Son Excellence a reçu vos petites notes.

ARTHUR, bas à Zambaro.

Ah ! traître !

SIR COKNEY

Hein... Qu'est-ce que c'est?

LIONEL, haut et avec un mouvement.

Rien ; nous avions peur qu'elles ne fussent interceptées.

SIR COKNEY

Du tout; les mesures ont été prises sur-le-champ comme vous l'avez indiqué.

ARTHUR, bas à Zambaro qui veut parler.

Tais- toi.

SIR COKNEY

Douze hommes se sont emparés de Beacon-Hill pour empêcher d'allumer le fanal ; le régiment des fusihers et les soldats de marine marchent sur Lexington pour désarmer

ces bons Yankees... je pense que ce ne sera pas difficile.

ZÂMBABO, à part, lui faisant signe des yeux.

Il ne comprend rien.

SIR COKNEY, continuant.

Enfin, à cinq heures précises, tous les chefs seront arrêtés à domicile.

ARTHUR et LIONEL, se regardant.

A cinq heures !

ZAMBARO, à part.

Courage, imbécile !

SIR COKNEY

N'est-ce pas ce que vous avez demandé ?

LIONEL, prenant un pistolet sur la table.

Il suffit, nous en savons assez.

SIR COKNEY, étourdi.

Comment ? quoi ? qu'y a-t-il, messieurs ?

LIONEL, le saisissant.

Point de bruit, sir Cokney ; il est trop tard pour retourner à l'hôtel de Son Excellence, pour quelqu'un surtout qui ne

connaît pas les rues de Boston. (Lui montrant le cabinet à gauche.)

Entrez là. (a Arthur.) Une sentinelle sous la fenêtre.

ZAMBARO, à part.

Nous y voilà.

SIR COKNEY, résistant.

Permettez... expliquez -moi, M. le baron...

ARTHUR, le poussant.

Point d'explications.

Ah ! mon Dieu ! est-ce que je suis tombé dans une embuscade ? Messieurs, je demande à être traité avec les plus grands égards, si le droit des gens n'est pas inconnu dans ces climats barbares.

(On l'enferme dans le cabinet.)

LA BOHÉMIENNE

ARTHUR

Et d'un...

LIONEL, à Zambaro.

Quant à toi, misérable, rends grâce au souvenir qui protège encore ta vie. (a Arthur.) Qu'il soit gardé à vue ; je vais l'envoyer prendre par quatre de nos soldats ; et s'il voulait fuir, point de pitié.

ARTHUR, rapidement.

Mais que faire maintenant ? le gouverneur est averti ; à cinq heures...

LIONEL

Il nous reste deux heures, attaquons sur-le-champ, (a part.) Et Bathilde, il faut la délivrer; éloignons d'abord Arthur. (a Arthur.) Rassemblez nos amis, courez au fanal, désarmez le poste anglais, allumez, marchez aussitôt sur Bunker' s-hill : le départ des fusihers et des soldats de marine dégarnit ce côté ; emparez-vous de la redoute qui nous rend maîtres de la baie ; si nos mihces forcent le passage, elles nous y joindront ; si elles succombent, nous nous y enterrerons, et ce ne sera pas sans vengeance. Prévenez Jackson, William, les volontaires ; pour moi, j'ai les moyens d'arriver jusqu'au gouverneur.

Et lesquels ?

LIONEL

Je te les dirai, et c'est à toi que je confie cette entreprise. Puisque le sang doit couler, commençons par le sien. Suivez-moi.

(il sort précipitamment suivi d'Arthur.)

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