‹ Œuvres complètes: comédies, dramesChapitre 40 sur 199 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LORD GAGE, plusieurs Officiers.

LORD GAGE, parlant aux officiers.

Allez, qu'on exécute mes ordres, qu'on éveille le colonel Clinton, qu'il coure aux casernes, qu'il fasse mettre les soldats sous les armes. (Rappelant un officier.) Burgoyue, encore un mot. Si le peuple faisait mine de se joindre aux rebelles, ces trois officiers que nous venons de prendre les armes à la main... vous entendez... sur-le-champ... (Les officiers sortent. Lord Gage reste seul, se promenant avec agitation, et tenant une

lettre à la main.) Nou, je n'éprouvai jamais rien de pareil ; cette lettre, cette lettre fatale... Mon émotion est telle que j'ai eu à peine la force et le sang-froid de m'occuper des dangers dont elle vient de m'avertir.

(Lisant.)

« Milord,

« Une fille que vous avez longtemps pleurée, et qui ne « méritait point vos regrets, n'ose en ce moment se jeter « aux pieds d'un père qui aurait le droit de la repousser ; « mais elle veut, elle doit le prévenir des dangers qui le « menacent, et qu'elle vient d'apprendre. Zambaro est arrêté ; « le mot d'ordre, qui lui permettait d'arriver près de vous, « est connu de vos ennemis, qui peuvent par ce moyen

LA BOHÉMIENNE

« pénétrer jusqu'en votre appartement. Je ne vous en dis « pas davantage, mais tenez-vous sur vos gardes, et défendez « des jours sur lesquels désormais mon devoir est de veiller.»

N'est-ce point un songe ? est-ce bien de la main de Clara que me vient un pareil avis ? L'unique objet de mes regrets, ma fille me serait rendue! et dans quel moment!... Qui vient là? Henriette!

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