SCÈNE XII
GABRIEL, DE GRÉCY.
(Tous deux au milieu du théâtre et se regardant d'un air étonné.) ^me CRÉCY.
Quest-ce que cela signifie?
GABRIEL, d'un air innocent.
Je n'en sais rien, et je ne m'en doute même pas. Comme je venais de vous le dire, d'après les nouvelles instances de votre mari, qui craignait que mon départ ne parût extraordinaire à la société, je voulais, madame, vous donner la main jusqu'à la mairie, et après cela, obéir à vos ordres en vous quittant pour jamais.
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M"^®DE CRÉCY
Je ne me trompe point, l'on ferme les portes sur nous !
GABRIEL, froidement.
Je ne sais pas alors comment nous ferons pour aller à la mairie ; il faudra attendre qu'on nous ouvre.
DE CRÉCY
Comment ! monsieur, nous laisser ainsi I s'enfuir à notre aspect !
GABRIEL
AIR de Céline.
Oui, dans l'exacte bienséance, Il est mal de nous oublier.
Je conçois votre impatience, Vous avez à vous marier !
Je sais que l'on tient d'ordinaire A terminer ces choses-là; Quant à moi, je n'ai rien à faire. Et j'attendrai tant qu'on voudra.
M™^ DE CRÉCY
0 ciel! ce calme, ce sang- froid... c'est quelque ruse de vous !
GABRIEL
Je conviens, madame, qu'au premier coup d'œil, celte idéelà a bien quelque apparence déraison.
AIR du vaudeville du Piège.
Banni par un injuste arrêt, Encor tout plein de mon outrage, J'ai pu. former quelque projet • Pour empêcher ce mariage.
Vous enlever à la noce I ah! vraiment, C'eût été d'une audace extrême !
Alors, j'ai trouvé plus décent, D'enlever la noce elle-même.
Elle vient de partir.
LA QUARANTAINE
]Vf«e DE CRÉCY.
J'ignore quels moyens vous avez employés ; mais celui qui a pu me compromettre ainsi n'obtiendra jamais rien de moi.
GABRIEL
Permettez-moi au moins de me Justifier et de vous expliquer...
M^® DE CRÉCY
Éloignez-vous, monsieur, je ne veux rien entendre.
Vous ne devez point douter, madame, de mon respect ni de ma soumission : à défaut d'autre mérite, j'aurai du moins celui de l'obéissance, et je ne reparaîtrai à vos yeux que quand vous me rappellerez.
(il sort.)