‹ Œuvres complètes: comédies, vaudevillesChapitre 121 sur 165 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Les mêmes; TUFFIADOR, GREGORIO, ESTELLE, et TOUT le Village.

AIR de La Gazza Ladra, arrangé par M. Heudier

LE CHOEUR

Voici donc l'instant du miracle, Cela doit être curieux.

Pour jouir de ce beau spectacle, Nous accourons les premiers en ces lieux.

TUFFIADOR.

Messieurs, plus d'excuse frivole, 11 faut tenir votre parole.

Messieurs, daignez tous vous placer, Dans l'instant on va commencer.

ESTELLE

N'oubliez pas que vous m'avez promis D' rendre la vie à mon cousin Pédrille.

GASPARD

Ne craignez rien, vos vœux seront remplis. ROBERT, bas à Gaspard.

Y penses-tu ?

GASPARD, de même.

Vois comme elle est gentille !

Puis-je la refuser, dis-moi ?

ROBERT, à part.

Son aplomb me glace d'effroi...

Et quand ils connaîtront la ruse...

GASPARD, bas à Robert.

Silence ! et regarde-moi.

(Haat, à toas ceux qui l'entoarent. ) , Qu'on allume un réchaud, et, si je vous abuse , II — IV. 1G

Qu'il devienne un bûcher où mon collègue et moi Consentons à monter.

ROBERT, bas.

0 ciel ! parle pour toi.

GASPARD

Silence !

Je commence.

t Tirant de sa poche une fiole, et jetant sur le réchaud quelques parties de ce qu'elle contient.) Toi, dont je suis l'élève, et qu'en ces lieux j'atteste, 0 divin Prométhée! ô savant sans pareil! Qui dérobas jadis les rayons du soleil. Porte cette flamme céleste A Pédrille le bachelier,

Qui, le mois dernier, D'un coup de feu perdit la vie A la bataille de Pavie.

TOUS

0 ciel ! il a perdu la vie A la bataille de Pavie !

GASPARD^ jetant à chaque fois une partie de ce qui est contenu dans sa fiole.

Pédrille, reviens à la vie!

LE CHOEUR

Pédrille, reviens à la vie !

GASPARD

Pédrille, obéis à mes lois !

LE CHOEUR

Pédrille, obéis à ses lois !

GASPARD

Pédrille, parais à ma voix !

LE CHOEUR

Pédrille, parais à sa voix !

GASPARD

Pédrille, Pédrille!

LES EMPIRIQUES d'aUTREFOIS

TOUS

Pédrille, Pédrille !

PÉDRILLE, enveloppé dans son manteau, et sortant des ruines. Me voici.

TOUS

Dieux ! qu'est-ce que j' vois?

ROBERT, stupéfait, à part.

C'est notre jeune ami. Maintenant je conçois.

TOUS, entourant Robert et Gaspard.

Pour moi quelle surprise extrême !

De Pédrille il est le sauveur.

Oui, c'est Pédrille, c'est lui-même; Honneur, honneur A ce savant docteur!

(Pendant cette dernière partie du chœur, tous les villageois agitent leurs chapeaux en l'air, en signe d'admiration pour le docteur.)

TUFFIADOR.

Je n'en reviens pas encore; et si je ne l'avais pas vu de mes propres yeux...

GREGORIO

Dieu ! ai-je bien fait de payer pour mon oncle ! car sans cela, ç aurait été tout de même.

ESTELLE, à Gregorio.

Fi ! monsieur; je connais votre conduite, et c'est pour cela que je romps avec vous et que j'épouse mon cousin.

GREGORIO

C'est ça ! il faut que cet autre revienne de l'autre monde exprès pour me souffler ma maîtresse. Avec ces inventionslà, on ne sait plus sur quoi compter.

RORERT, à Gregorio.

J'espère que nous avons tenu notre promesse.

GREGORIO, bas à Tuffiador.

Oui; mais c'est égal, voilà deux hcmmes Irès-dangereux,

VAUD EVILL ES

et j'ai bien fait de les signaler au corrégidor, qui viendra demain les arrêter.

(PédriUe, qui a écouté attentivement Gregorîo, passe de l'autre côté, près de Gaspard.)

TUFFIADOR.

Vous avez raison ; c'est plus prudent.

ESTELLE, à Gaspard.

Ah ! monsieur , comment vous remercier ? J'espère que vous resterez longtemps avec nous.

Oui, certainement; oui, ma belle enfant.

PEDRILLE, près de lui, à voix basse.

Non pas. Nous nous reverrons, mais autre part ; car demain on doit venir vous arrêter.

GASPARD, bas à Pédrille»

Merci. (Haut, à tout le monde qui l'entoure.) Oui , meS amis,

més bons amis ; (a part.) ce que c'est que de faire des découvertes, ce que c'est que de rendre service à l'humanité! (Bas à PédriUe.) Nous partirons ce soir.

AIR du boléro du Mulet er LE CHOEUR.

Que cette union chérie

Comble à jamais tous leurs vœux

Puisqu'il revient à la vie,

Que ce soit pour être heureux I

ESTELLE, au public.

Pour nos docteurs ambulants, Messieurs, soyez indulgents; A l'espoir mon cœur se livre; Car il vous est, j' n'en puis douter,

LES EMPIRIQUES d'AUTREFOIS

Bien plus aisé d' les laisser vivre Qu'à nous de les ressusciter,

LE CHOEUR

Que cette union chérie, etc.

LES

PREMIÈRES AMOURS

OU

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