‹ Œuvres complètes: comédies, vaudevillesChapitre 41 sur 165 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Les mêmes; M. DE SAINT-ANDRÉ, ESTELLE, FRÉDÉRIC,

et TOUTES LES PERSONNES DE LA NOCE.

LE CHOEUR

Alli .'Dans cet asile. {Les Eaux du Mont-Dore.).

Ah quelle ivresse !

GOM ÉDIES

E)e sa tendresse Ce jour heureux Comble les vœux; Le mariage Ici l'engage :

Quel moment Pour le sentiment !

ANTONINE, à Bonnemain.

Aux noirs soupçons votre âme était en proie, Vous le voyez, il adore ma sœur.

JULES

Il aime Estelle! ah! pour moi quelle joie !

BONNEMAIN, regardant Jules.

Dieu, comme il m*aime, et comme il a bon cœur ! (Les acteurs sont ranges dans l'ordre suivant, le premier désigné tient la droite de l'acteur: M. de Saint- André, Frédéric, Estelle, madame de Saint-André, à qui on approche un fauteuil, Antonine, Bonnemain, Jules.) BONNEMAIN, à part.

Tout est expliqué; et cette fois, j'en suis quitte pour la peur. Pendant qu'ils sont dans les reconnaissances, j'ai bien envie d'enleyer ma femme impromptu; car, grâce au ciel, il est près de minuit, et nous touchons au lendemain du plus beau jour de ma vie. (Appelant.) Baptiste, les voitures de noce sont-elles là ?

LE DOMESTIQUE

Non, monsieur : M. Jules les a renvoyées.

BONNEMAIN

Encore un contre-temps ! Est-ce que nous pouvons nous en aller à pied? en bas de soie, dans la neige ; il ne manquerait plus que cela pour réchauffer l'hymen. Tâche de rattraper ma voiture, et avertis-moi sup-le-champ.

jyjme SAINT-ANDRÉ, qui, pendant ce temps, a causé avec Frédéric, son mari et ses deux filles.

J'ai peinera me remettre de mon émotion. Voilà donc mes deux filles étabUes. Quelle perspective douloureuse pour une

LE PLUS , BEAU J OUR, DE LA VIE

mère! car enfin, jecvais me trouvér seule avec mon mari: sans compter que, dans huit jours, j'aurai encore une noce à subir, le spectacle d'un mariage. .

ESTELLE

Non, ma mère, si vous le permettez, nous nous marierons à la campagne, sans bruit, sans apprêts.

DE SAINT-ANDRE

Et pourquoi donc cela ?

FRÉDÉRIC

Une noce à huis clos, au profit seulement des mariés.

M. DE SAINT-ANDRÉ

Je ne sais pas si c'est dans les convenances.

BONNEMAIN, à voix basse.

Belle-mère, belle-mère, nous allons partir.

M*"^ DE SAINT-ANDRÉ

Quoi 1 déjà ?

CHOEUR GÉNÉRAL, AIR du Calife de Bagdad.

Ensemble,

JULES, à part.

Ah! je sens là battre mon cœur.

Et de dépit et de douleur!

BONNEMAIN

Oui, je sens là battre mon cœur, C'est donc fini; Dieu, quel bonheur !

ANTONINE

Ah! je sens là battre mon cœur D'émotion et de frayeur!

M. DE SAINT-ANDRÉ et M"^^ DE SAINT-ANDRÉ.

Ah ! je sens là battre mon cœur D'émotion et de frayeur!

GOMiSDIES — VAUDEVILLES

FRÉDÉRIC et ESTELLE.

Ah ! je sens là battre mon cœur Et d'espérance et de bonheur l

LE CHOEUR

Chacun d'eux sent battre son cœur Et d'espérance et de frayeur 1

ESTELLE, au public.

Ma sœur aujourd'hui se marie, Mais de vous dépend son destin; Ah! tâchez, je vous en supplie.

Que le plus beau jour de sa vie Ait encore un lendemain !

LE DOMESTIQUE, annonçant.

La voiture de la mariée !

ANTONINE, courant à sa mère.

Ah ! mon Dieu !

DE SAINT-ANDRÉ

Allons, ma fille, qu'est-ce que cela signifie?

(On reprend le ch.œur général : Ah! je sens là battre mon cœur^ tic. — Chacun se range pour laisser passer les deux époux. Bonneraain prend le bras de sa femme. Estelle pose un châle sur les épaules d'Antonine. Sa mère lui parle bas à l'oreille. Le père lève les yeux au ciel, et fait respirer un fli.con de sels à madame de Saint-André qui est près de se trouver mal; Antonine, en s'éloignant, jette un dernier regard sur le petit cousin, qui, placé dans un coin, porte un mouchoir à ses

LA

CHARGE A PAYER

OU

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