‹ Œuvres complétes d'Alfred de Musset Œuvres posthumesChapitre 23 sur 106 · RETOUR · texte numérisé non relu

RETOUR

lleiireiis le voyageur que sa ville chérie

Voit rentrer dans le porl, aux premiers feux du juin- !

Ijui salue à la liiis le ciel et la pairie,

La vie el le bonheur, le soleil et l'amour!

— Regardez, compagnons, un navire s'avance.

La mer, qui l'emporta, le rapporte en eadenee,

En écumnnt sous lui, comme un hardi coursier,

Qui, tout eu se cabrant, sent siai vieux cavalier.

Salut ! qui que Ut sois, toi (lo»l la blanche voile De ce large horizon accourt en palpitanl !

Heureux, quand tu reviens, si ton errante étoile T'a fait aimer la rive ! heureux si l'on t'attend !

D'où viens-tu, beau navire? à quel lointain rivage, l.éviallian superbe, «s-lu lavé les M an es ? Es-tu blessé, guerrier? Viens-tu d'un long voyage? C'est une chose à voir, quand tout «n équipage, Moulé jeune à la mer, revient en cheveux blancs. Es-tu riche? viens-lu de l'Inde ou du Mexique? Ta quille est-elle lourde, ou si les vents du nord T'ont pris, pour ta rançon, le poids de ton trésor ? As-tu bravé la (ondre et passé le tropique?

T'es-tn, pendant deux ans, promené sur la mort, Couvant d'un œil hagard ta boussole tremblante,

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