FAUST! NE. 101 FA USTINË
Imaginé!... Voici un anneau...
Elle lui moiilru un anneau à son doigt MICHEL.
Si le pareil existait quelque part, malheur à la main qui le porterait I
FAUSTIKE.
Malheur! dis-tu 1
MICHEL
Malheur et mort! Mais ce n'est qu'un jeu, un ridicule mensonge.
FAUSTIKE.
Michel, j'aime et je suis aimée.
MICHEL
Non, non !
FAU8TISB.
J'aime et je suis aimée ! Si lu n'entends pas que c'est mon cœur qui parle, c'est que le tien n'a jamais rien dit.
MICHEL
Jure-le.
FAUSTIKE.
Je l'ai déjà juré.
MICHEL
Malheureuse fille! serait-ce possible?
Moment ilu silence.
Mais, si cela était, pourquoi taire sou nom'.'
FAUSTINK.
Parce qu'il le faut maintenant.
lus tKUVKKS POSTHUMES,
Maintenant ! Si ce n'est pas la peur qui l'empéclie rie le dire, c'est donc la honte?... Est-ce un patricien '.'
PAUST1HE.
Peut-être.
MICHEL
Non, ce n'en est pas un. On le saurait. On le verrait.
V A USTIME.
El si ce n'en élait pas un '!
MICHEL
Oui donc? Tu ne réponds pas...
Il s'approche d'elle.
Est-ce bien possible, Kausline? Ainsi l'affreux soupçon que j'osais à peine concevoir est la vérité!
F, 1 USTINE.
Quel soupçon '!
MICHEL
Ainsi, en un jour, en un instant, tu as oublié qui tu es, qui nous sommes ! Ainsi tu as forfait à l'honneur !
PAUST1KE.
De quel honneur veux- tu parler '.' Est-ce du mien, mon frère ?
MICHEL
(l'est du nôtre à tous. L'honneur, Kausline, celle barrière sacrée, ce trésor enfoui au seuil de l.i famille, tu us marché dessus pour sortir d'ici. Quand celle maison où nous sommes serait une
FAUSTINE 109 cabane au lieu d'un palais, devant l'honneur, il n'y a ni riche ni pauvre, et la tache que ne ferait pas la fille d'un pêcheur au manteau troue de son père, la fille des Lorédun la fera au Livre d'or, à la place où est son nom !
FÀttSTIKE.
Si tu respectais ce nom autant 411e tu veux semhler le faire, tu no commencerais pas par outrager ta sœur. As-tu bien compris ce qu'elle t'a dit? Je te le répète : j'aime et je suis aimée. Hier, on m'a appris qucVisconti arrivait, et que je devais appartenir à un autre que celui à qui appartient ma vie. Je n'ai pas craint ta colère, pas plus que l'arrivée du seigneur Viscouti, pas plus que votre politique, prête à me faire d'un linceul une robe nuptiale. Ce que j'ai redouté, c'est un mot de mon père, c'est sa juste et froide raison, forte de toute son expérience, plus forte encore de ma tendresse pour lui. Qui sait? peut-cire une prière, une larme à côté de ses cheveux blancs, voilà ce dont j'ai voulu me défendre. Être fidèle à la foi jurée, appclles-lu cela forlaire à l'honneur? Le vôtre, ù vous, ve montre partout, à la maison, au palais, au sénat, dans les rues, en mer, au combat! Vous le portez au bout de votre épéc I Le nôtre, à nous, cs-l au lbnd de notre âme. Tout ce que nous pouvons, c'est aimer; tout ce que nous devons, c'est d'être fidèles. Je ne suis point femme, mais fiancée. Je n'ai point forfait à l'honneur; j'ai craint de faillir à l'amour, et j'en ai pris Dieu pour témoin.
ŒUVRBS POSTHUMES.
MICHEL
Dn amour indigne de toi !
Eli ! qu'en sais-tu? Je ne t'ai pas dit que ce ne fut pas un patricien. Si j'ai commis une l'auto en ne vous consultant pas, est-ce une preuve que je ne sache pas choisir'? S'il ne m'est pas permis à présent de nommer cului qui est mon époux, de quel droit décides-tu qu'il est indigne de l'être? Et, s'il m'est arrivé d'inspirer quelque amour, suis-je donc si laide, mon frère, qu'un de nos grands seigneurs ne puisse penser à moi? Mais, d'ailleurs, noble ou roturier, n'y a-t-il pas là-bas, au Tond de l'Adriatique, quelque endroit où, durant cette guerre, les privilèges s'effaçaient ; où la mort oubliait les droits de la naissance ?
MICHEL
C'est donc un soldat?
PAOST1ME.
Peut-être. Tu parlais d'une tache faite au Livre d'or ; si le sang versé pour la patrie peut en faire une, tu as raison.
MICHEL
C'est là le serment que tu as fait '!