EN L’HONNEUR DE LA JEUNESSE
A un THES JEUNE HOlIBB.
▲ ONE FRANÇAISE PEINTE PAR ELLE'HÊBH ET A UOl-UÊHE JOUANT LE RÔLE DE PfiDANT.
Dn tendre sentiment dans ton àme va naître...
Des Latins et des Grecs, tout récemment nourri.
Tu n’as pas oublié ce que t’a dit le maître,
Virgile : Simium ne crede colori.
Marthe de ses attraits ne doit rien à personne ;
C’est elle chaque jour qui, seule, se les donne.
Son habile pinceau... Mais ton œil irrité Me lance des éclairs 7... Oh ! qu’à cela ne tienne I Je snis de ton avis : elle a de la beauté...
Pourvu qu’une heure ou deux d’avance on la préviennak U ne m’écoute pas, et Je l’approuve fort.
Alors Je parle à vous, Marthe. Nous avons tort.
Moi, de perdre le temps en vides hémistiches, .. Vous, de ne p«s savoir A quel degré sont riebet
Ces grands regards naïfs, pleins d’amonr. ~ soleil Sur le visage aimé répand un feu vermeil Que n’a pas le pinceau le plus fin, et vous prête Mille fois plus d’attraits que l’art de la toilette.
Adorez ces coeurs d'or ; leur générosité,
Dans le charmant commerce où le printemps les jette, Vous fournit tout : l’amour et presque la beauté.
Felices nimiùm ! — Mille fois trop heureuse,
La jeunesse ; sua si èona norint 1 — mtùs Elle ne connaît pas sa fortune. — Menteuse,
La vieillesse lui dit des sermons très-mal faits Trésor des ruinés, ù sagesae enviesse l La jeunesse, à vrai dire, entraînée au galop.
Ecoute peu ; •— pourtant, ce peu, c’est encor trop. Lorsq«i*iI faut des raisons pour aimer, — qu’on réproave Que femme soit toujours assez belle, — pourvu Qu’elle soit femme,— alors qu'il faut que l’on oit va Si son nez, si son pied, si sa bouche se trouve Bien conforme en tout point au type convenu.
Quand la beauté se prouve au lieu qu’elle s’éprouve,
Ce n’est pas un progrès, c’est un triste dégoût Que pour vous consoler vous appelez le goût.
O lest dîners exquis ! 0 les charmants amours Du temps de la jeunesse et des premiers beaux jours!
Un cervelas, du pain, les fruits âpres desliaies,
La dernière venue à l'ombre des futaies.
Quels dîners ! quels amours !... si bons, faits d’appétit ! Comme leur souvenir reste vivant dans l’âme !
Quel cervelas, ! quel pain ! quels fruits ! et quelle fmœet On n’en fait plus ainsi dans ce siècle néant.
Qu’on était riche alors ! qu’on est pauvre à présent I Qui n’a trop & vingt ans n’aura rien à quarante.
11 faut que la jeunesse, immodérée, ardente,
D’une béve exceesire enflant ses beaux rameaux,
' 'Tant de trop de fleuri m tète Terdoyant»,
Fasse la part du vent, des frimas, des ciseaui*.
Je l’ai dit bien souvent : « Honorons la vieiliesse; Les vieux sont des amis qui s'en vont, et qu’il faut Conduire avec un peu de tendre politesse. »
Mais le temps ne fait pas à lui seul la sagesse ;
On ne devient pas sage à force d’Être sot.
Eût-on cent ans et plus, je tiens qu’on déraisonne b'ur la jeunesse, si l’on croit faii-e plus tôt Mûrir les fruits tardifs qu'amènera l'automne,
En secouant les fleurs dont avril la couronne^
■*mo in adolescente quoi reseearl potut.