Àlbumina ouorum numéro vj
Boli armenij, sanguinis draconis, gypsi, terrtc sigillata", aloës, mastichcs, gallarum combustarum ana 5 . ij.
Puluerisentursubtiiissimectbeneagitcntur :
adde olei rosati et myrt. ana 5 . j.
Fiat defensiuum ad formam mellis.
» Cestuy vnguent soit ajipliqué auec esloupjies imbues en oxycrat sur ladicte partie et plus hault vn petit, comme si tu as coupé la iambe, fault appliquer à quatre doigts ou plus au dessus du genouil. Les compresses ou bandages soient pareillement imbus audict oxycrat, et après fault situer le membre
DES CONTVSIONS, COMBVSTIONS ET GANGRENES.
eschapper deux : encore estoient-ils long-temps malades, et mal-aisément estoient les playes ainsi bruslées menées à consolidation, pource qu'vne telle vstion faisoit des douleiirs si véhémentes, que les malades tomboient en fleure, en spasme, et autres mortels accidens : auec ce que le plus souuent , l'escarre cheute , suruenoit nouueau flux de sang qu'il falloit encore estancher auec les cautères ac-
sur coaimns faictz de paille d'aueine, en figure médiocrement haulte. Cestuy appareil en temps d'yuer ne faut oster deuant quatre ou cinq iours: mais en esté plus test.
» Or si le cas adulent (comme il se faict souuent) que amputation de quelque membre brisé et rompu par coup d'artillerie ou autrement, soit nécessaire : toutefois que tu ne puisses auoir cautères actuelz,|pour en vser après l'amputation faicte: en lieu desdicts cautères, tu mettras sur les Aaisseaux pouldre catheretique, comme sublimé cuisiné, vilreol bruslé , pouldre de mercure rnedée en escjalle portion auec ■pouldre d'alun, ou autres semblables : à fin d'arrester la fluxion de sang. Feras aussi vn restrainctif de pouldre de bol; piastre , folle farine , samj de dragon, alocs , mastic et mijrfhe incorporez auec aulbins d'oiiifz: lequel appliqueras sur le vulnerc et aux autres parties voisines , pour cinpescher la fluxion des humeurs , prouenant à raison de la douleur. Apres appliqueras vne canule à nud sur la partie la plus declisie qui soit en l'vlcere, euitant l'orifice des vaisseaux, à fin que les liqueurs et humiditez qui resudent de la partie blessée, se puissenteuacucrparladictecanule.ee faict, tu n'osterns l'appareil sitost ; autrement danger seroit (veu que les cautères actuelz n'ont esté appliquez) que le flux de sang de rechef suruint, plus difficile à restraindrc et supprimer, qui n'estoit auparauant.
» La ligure de l;ulicle canule doit cstre ronde, de grosseur d'vn doigt, de longueur de quatre doiglz ou enuiron.- et à l'endroit qu'elle passera sur la partie , plate : icelle eslouperas auec vne petite cheuille, à fin
tuels ou potentiels, lesquels répétés consommoient vne grande quantité de chair et autres parties nerueuses.
Pour laquelle déperdition les os demeuroient puis après nuds et descouuerts : ce qui a rendu à plusieurs la. cicatrisation impossible , ayans tout le reste de leur vie gardé vn vlcere au lieu du membre coupé, qui leur ostoit le moyen de se pouuoir seruir d'vne iambe ou bras faits artiflciellement.
que rien ne sorte, sinon à ta volonté : comme tu vois par ce pourtraict. »
Après quoi le texte reprend à peu prés vers le milieu du chapitre 27 : D'auantage, longtemps après l'amputation faicte, les patientz disent encore auoir la partie qui a esté amputée, etc. — Édition citée, fol. 62 à 67.
On retrouve dans ce texte de 1552 la formule d'un onguent qui a été conservé au chapitre 25 avec quelques mots sur la levée de l'appareil ; on retrouvera de même les figures des cautères au Liure de la grosse vcrolle , chap. 3-3; j'ai cru toutefois devoir tout reproduire ici pour ne pas laisser la moindre lacune. Quant aux figures de la canule, elles ont été supprimées dans toutes les éditions postérieures; et leur reproduction a en quelque sorte le mérite de la nouveauté.
Voyez aussi tome I, page 29G, en note, un passage fort curieux de la Briefue Collection unaiomigue , sur la section des os el de la moelle dans les amputations.
LE DIXIEME LIVRE
Parce ie conseille au ieune Chirurgien (le laisser telle cruauté et inhumanité, pour plustost sniure ceste mienne façon de prntiqner , de laquelle il a pieu à Dieu m'aduiser sans que ianiais l'eusse veu (aire à aucun , ouy dire, ne leu , sinon en Galien au 5. liure de sa Méthode , où il escrit, qu'il faut lier les vaisseaux vers leurs racines, qui sont le loye et le cœur, pour estancher le grand flux de sang.
Or ayant plusieurs fois vsé de ceste manière de coudre les veines ef artères aux playes récentes , esquelles se faisoitvne hemorrhagie, i'ay pensé qu'il s'en pouuoit bien autant faire en l'extirpation d'un membre. Dequoy ayant conféré auec Esiienne de la Riuiere , chirurgien ordinaire du Roy, et autres Chirurgiens iurés à Paris •, et sur ce leur ayant déclaré mon opinion , furent d'aduis que nous en fissions l'espreuue au premier malade qui s'offriioit, combien que nous eussions les cautères tous presls pour en vser au défaut de la ligature Ce que i'ay pratiqué à l'endroit de plusieurs auec très-bonne issue : encore depuis peu de iours en çiî, en la personne d'vn postillon seruileur de Brusquet, nommé Pirou Garbier, auquel fut coupée la iambe dextre , quatre doigts au-dessus du genoiiil , pour vne Esthiomene qui luy estoit suruenue à cause d'vne fracture.
Parlant ie conseille au ieune Chirurgien de laisser celte misérable manière de brusler et carnacer (si (luelque reliqua de gangrené ne le
» Les éditions de 1564 el 1575 disent seulement :
Jù François Russe, tous deux chirurgiens à Paris. — Le nom de François Rasse a été . eri'acc et le texte rédigé comme ou le lit aujourd'hui, à partir de l'édition de 1579.
conlraignoit de ce faire ' ), l'admonnestant de ne plus dire, le I'ay leu au Hure des anciens iralicien$ , le i'ay veu faire à mes vii ux pères et maistres, suiuant la pratique desquels ie ne puis aucunemtnl faillir. Ce que ie t'accorde, si lu veux entendre ton bon maistre Galien au liure cy dessus allégué, et ses semblables : mais si tu te veux arrcsler à Ion père et à les maislres, pour auoir prescription de temps et licence de mal- faire , y voulant tousiours perseuerer, ainsi mesmes que que l'on fait quasi ordinairement en toutes choses , tu en rendras compte deuant Dieu , et non deuant ton père ou les bons maistres praticiens , qui traitent les hommes de si cruelle façon.