LES SIGNES DÉS VLCERES
Selon la diuersité et différence des vlceres , il y a aussi diuers signes.
Car lors qu'il y a pourriture , et que d'icelle sort vapeur fétide et cadauereuse accompagnée de sordicie , c'est signe d'vne vlccre putride. Ainsi, vlcere commue est câlle qui, par la malignité de sa matière, ronge et consomme les parties qui luy sont voisines.
L' vlccre sordide est pleine de gros excremens et visqueux, auec vne chair molle , superflue et crousteuse.
Vkere cauerneuse a Forifice petit et estroit, avec profondité non apparente, et plusieurs anfractuosilés de coslé et d'autre, sans toutefois qu'il y aye callosité ny dureté.
ÏA^lcere fistuleuse est semblable à la susdite, sinon qu'il y a callosité et dureté des labiés et parois de la profondeur et cauernosité.
Vvkere chancreuse est horrible à voir, ayant les léures dures et renuersées, de laquelle sort un virus puant et fétide, et quelquesfois ihi sang, et autour d'icelle sont les veines tuméfiées, comme nous auons monstre au chap. du Chancre.
Vlcere dyscrasiée est celle qui est ac fompagnée de quelque intempeialure froide, chaude , humide ou seiche, ou compliquée d'iceiles.
Vlcere caroëlhe est celle qui ne se peut guarir par remèdes deuëment appliqués, à cause qu'il y a au corps, ou à la partie ulcérée , quelque cause occulte , de laquelle n'est possible donner raison, qui empesche la guarison.
Vvlcere rheumaiique est lors qu'en la partie flue quantité d'humeur qui l'entretient , comme l'on voit en l'vlcere variqueuse, lors qu'elle est accompagnée de varices, c'est-à-dire grosses veines eminentes, tortues et anfractueuses , remplies de gros sang.
V vlcere apostemateuse est celle à laquelle y a tumeur contre nature, comme phlegmon, erysipelas, œdema, scirrhe.
Vlcere chlroniqiie est celle de laquelle Chiron le Centaure, homme bien versé en la connoissance des simples , a guari plusieurs par le moyen de l'herbe dite de son nom , Centaurium minus : ainsi que semble monstrer Dioscoride , chap. 7, liv. 5 , ou bien pource que Chiron en a esté guari 1. Certes Galien, sur FAph. 22 de la 5. section , estime tels vlceres malins, et ne faire jamais suppuration louable : comme vlcere Telephien, de laquelle a esté affligé Telephus.