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CHAPITRE XIV

DES VLCERES EN l'ARTICVLIER , ET PEEMIEREMEiNÏ DES YEVX.

Nous avons par cy deuant exposé les différences, causes , ignés des vlceres, et combien elles sont, et quelle est l'indication d'vne chacune, ensemble leur curation : maintenant reste à specitier celles qui occupent quelques parties : car selon Gaiien ,

' Iiip[)Ocralei> n esté premier iniiciiicur de ceslc manière de bander. — A. P.

liure quatrième de la Méthode, diuerse indication doit estre prise de la situation, forme et Cgure, de l'vtilité et vsage, et du sentiment aigu ou hébété de la partie. Et pource commencerons aux vlceres des Veux.

Telles vlceres aduiennent souucnt , comme dit Celse , liure sixième , chapitre sixième , à raison de quelque; pustule , ou pour quelque fluxion d'humeurs acres qui corrodent les membranes, ou pour quelque coup.

Paulus /Egineta, liure troisième, en remarque telles différences. Si l' vlcere est située en la membrane cornée , et qu'elle soit cane (dit-il) , estroitte et nette , les Grecs l'appellent Botryon:q\\Q si elle est plus large et moins caue et profonde, est nommée Cœloma: et lors que l'vlcere est au cercle delà pupille, est dite Argemon. Si elle est < rousteuse et sordide, est appelée Epicauma.

Icelles en gênerai requièrent vue semblable guerison comme les autres, à sçauoir estre monditiées, incarnées, desseichées, et cicatrisées : mais particulièrement la partie demande remèdes plus doux et moins douloureux. En premier lieu, le malade sera purgé , baigné, saigné, tant du bras que des veines et artères temporales:

et pour les remèdes Topiques, à fin de détourner la fluxion , lui seront appliquées ventouses derrière les espaulesauec scarification, s'il en est besoin : ou bien un gros pain bis chaud enrousé d'eau de vie et bon vin sus la nuque du col , et sus le front et temples en forme de frontal:

et vne emplastre astringente , comme ceWa contra rujyluram^ ou l'onguent commilissœ et desiccaliuum ruUrum mesks ensemble. El dedans l'œil sera mis tel collyre descrit par Celse au lieu sus allégué, approuué par Hollier :

2 Go

2:. -Eris Ysli, cadmiœ vsta' et loto; ana 3 • j- 3Iyrrh. opij, ana 5. ij.

Acac. guni. aiab. ana 5. iij.

Aqua Ongilur collyriuni , quotl iiquore ou dissoluitur.

LE ONZIi;3IE I.lVRh ,

Si la cicatrice est grosse et esleuée, il recommande tel collyre.

Le Chirurgien doit prendre garde à ladouleur , et pource par interualle sera bon d'user de quelque collyre anoiiin , à fln d'aecoustumer lœil au susdit. Aussi on pourra faire collyres de décoction de plantain , absinthe, fenugrec, y dissoluant sucre candi, tuthie, gomme dialragacant, myrrhe, et vn peu de vitriol. L'vlcere estant mGudifiée, sera incarnée d'yn tel remède.

2i. Sarcocolhc nutri'.a' in lad. niulieb. 5. iij. Pul. di;ereos simpl. gummi arabici, tra-

gacanthi, ana 5. fi .

Mucag. fœnug. quan. siill'. \l inde fiai

collyrium.

Il faut noter qu'aux vlceres qui sont fort humides, les poudres sont plus conuenables que les collyres.

L'vlcere remplie , la cicatrice sera faite par vn tel collyre.

2i.Tuthia?, cadmiae praeparatœ vtdecet, cerusa", anlim. olibani ana 5. fi.

Mynha*, sarc. sang, draco. aloes, opij ana 3 . ù .

Cum aqua plantag. liât collyrium.

Ou bien la poudre sera mise seule.

Celse, livre sixième, chapitre sixième, remarque deux vices d"icelles cicatri- <'es: car ou eHes sont grosses, comme enleuées, ou bien canes. Si elles sont canes, elles demandent eslre remplies par \n tel remède.

if.. Papauer. lachrym. 5. ù.

Sagapeni, opop. ana 7-). j. i.'i.

.Erug. 5. j.

r.umini 5. iiij.

Pipcris 5. ij.

Cadm!a;l()ta\ ronis.ana 5. j. fi.

Cuni aqua pluuiali liai colijritiîu.

2^. Cinamo. acaciie ana 5. fi.

Cadtnia? lotae, croci, myrrha-, papauerih lachryma», gummi Arabici. ana 5. j.

Piperis aibi, Iburis ana 5.j. fb.

•Kris cumbusli 5. iij.

(>um aqua pluuiali iial collyrium.

Or si la cicatrice est sus la cornée et qu'elh^ couurela pupille, le malade ne pourra voir de cest œil, à raison que l'esprit visuel ne peut reluire au trauers, n'estant transparente et lucide comme auparauaut. Et est à notei- , que les cicatrices qui sont à la cornée sont blanches , et celles de la conionctiue sont rouges: d'autant que la conionctiue est plus garnie de veines que la cornée, lesquelles remplies de sang qui y est coulé et sorti dehors, fait que cette partie demeure rouge. Or la cornée estant du tout spernialique et exangue, ne peut receuoir telle fluxion de sang : mesme la matière qui la doit nourrir , enuoyée àicelle pour s'assimiler, est de couleur lucide et transparente , laquelle matière endurcie par la chaleur dénient blanche , comme il appert au blanc d'un œuf, qui dénient blanc estant durci par le feu.

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