‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 150 sur 511 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

DES VLCERES DE LA BOVCHE.

Les vlceres de la bouche , des Grecs sont dites Apluhœ , maladie familière aux petits enfans, comme il est noté au 3. liure des Aphorismes. Telles vlceres souuent commencent par les genciues, et cheminent iusqu'au palais, et en fin gaignent jusques à la luette et gauion , comme monstre Celse liure (5. chap. 11. Galien comm.

du 3. des Epidémies , en fait de deux especes,dont les vnes sont assez traitables , les autres malignes et rebelles.

Lacause pour les petits enfans vient à raison de la délicatesse de leur bouche, estant mollasse , tendre et facile à exulcerer : ensemble aussi les excremens acres , dont s'ensuit vlceres malins.

Pour la guerison, faut euiter toutes viandes qui eschauffent : et si c'est vn nourrisson, faut que le lait de la nourrice soit rectifié par viandes refraicliissantes, bains, et fomentations à ses mammelles d'eau tiède, comme commande Celse liurcî G. chap. 11.

Et quant aux remèdes Topiques,

LE ONZIEME LIVRF-

ayanf esg^ard à l'ange, faut vser de remo(U'.s qui oporeul proinploment, attendu qu'ilsnepcuuent demeurer longu(;ment sur la partie vlcerée : et pour oe ont besoin d'cstre de subite opération, à fin qu'ils fassent en \n instant telle action , comme , s'ils esloient foiblcs, ils pourroient faire en vingl et quatre heures, dc^meurans tousiours sus la partie. Donc si l' vlcere est malin , sera touché d'eau forte esleinte ( dite eau de Séparation ) ou auecques la commune qui n'a serui , à laquelle on adioustera pour vue goutte d'icelle cinq ou six d'eau de fontaine ou (!e puits, plus ou moins selon la malignité. Aussi on pourra vser d'huile de vitriol, de soulphre d'antimoine , d'eau de sublimé, et autres semblables. Aëce veut que telles vlceres putrides soient corrigées auecques huile bouillante, trempant en icelle vu floc de laine attachée au bont d'vnî» esprouuette, puisl'appliqiu^r sur la partie vlcerée, iusques à ce que de toute part elle apparoisse blanche, et que l' vlcere soit applanie. Par ce moyen on arreste la Corrosion de r vlcere. et fait on que la chair saine s'anauce pour remplir et couurir ce qui est rongé et consounué. Apres telle cautérisation , on vsera d'vn tel gargarisme, lequel profitera aux vlceres non malignes.

"}(.. Hordei integ. p. j.

Plan, cetcrac, pilosel. agrim. anam. j. Fiat decoct. ad K>. j in qua diss.

Met. ros. 5 . ij.

Diamor. 5 . fj .

Fiat gargarisai.

Semblables gargarismes peuueut eslre laits d'escorce de grenade, ba lauste, sumac, berberis, roses rouges, y dissoluant û\\ diamorum et clianucum auecques un peu d'alun. Galien

chap. 10. liu. (». de la Méthode, dit que les vlceres de la bouche simples doiuent estre guéries par medicamens quidesseichent médiocrement, comme diamorum et ('ianucum, et que si elles sont" autres, faut vser de plus forts remèdes.

Lors que telles vlceres sont au palais , faut les traiter plus soigneusement, craignant que par la chaleur et humidité de telle partie , l'os estant rare et spongieux , il ne s'altère et corrompe : qui feroit qu'estant tombé, le malade parleroit regnaiiU , comme nousmonstrerons au Wyxr&Ci' Adiouster ce qui défaut.

Que si l'vlcere est verolique , faut auoir recours à son alexitaire, qui est le vif-argent, laissant tous remèdes communs.

Or souuent il y a des vlceres fistuleuses aux gencines, dont s'ensuit carie à la racine de la dent, et en fin l'vlcere pénètre par dehors comme sous le menton : ce qu'aucuns estiment estre escronelles, estimans estre incurables, ne se pouuans guérir par aucun remède susdit. En telles vlceres faut suiure le conseil d'Aëce et de Ceîse,liure G. chap. 13. qui est arracher la dent otTensée : car par ce moyen on extiipera la fistule, la genciue s'abaissera, et ce qui reste de la curation sera plus facile, pource qu'il n'y anoit que la pourriture de la dent qui l'entretenoit.

Et quant est des vlceres de la langue, elles ne requièrent autres remèdes que celles de la bouche : vrai est , comme dit Celse Iju. G chap. 12. que celles qui sont aux costés sont plus difficiles à guérir, et qu'il faut prendre garde s'il n'y a point quelque denl aigiie qui lui touche, laquelle s'il esloit ainsi , la faudroit limer.

DES VLCEillS, FiSTVLES ET HEMORRHOlDES.

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