CHAPITRE VIÎI
VSAGE DES FERVLES, ASTELLES, TORCHES ET OVESSES.
Après auoir parlé des bandes et compresses, à présent nous faut traiter des férules et astelles , et autres choses qui seruent à tenir les os en leur place, comme sont sachets, coussins , oreillers , torches de paille et quesses *.
1 L'édition de 1545 se borne à énumércr les bandes et compresses, esclacs, asle Lies faites de boys , plomb, fer blanc, cuir corroijc, gros papier de chartes, ou escorce d'arbres, folio 37. Celle de 1552 répète les mêmes termes ; seulement le mot esclncs est orthographié esclatz; ce sont sans doute des attelles faites en fendant des planches de certains bois , comme dans les campagnes on en improvise encore en fendant des fonds de boites de sapin.
L'édition de 1564 ne dit également qu'un mot des astelles et férules qui peuuent estre faites de boys, de plomb, de fer blanc, de gros papier de quarte , ou d'escorce d'arbres , folio 42, verso.
Nous verrons au chapitre des fractures de l'avant-bras, que le plomb avait été employé pour fabriquer des gouttières destinées à soutenir le membre, et qu'il avait été ensuite abandonné pour le fer-blanc. Je me suis assuré toutefois qu'avec des lames de plomb d'une demi -ligne d'épaisseur, on peut parfaitement modeler sur le membre des gouttières à la fois très solides et très malléables, préférables peut-être à celles de fer-blanc, mais sans aucun doute aux appareils en fi! de fer de M. Mayor.
Quant aux quesses , ce mot est ici l'équivalent de caisses avec une mauvaise orthographe. Les cassoles sont de petites caisses. La caisse se rend en latin par capsa , mot que l'on retrouve dans Guy de Cbauliac ; la cassole par capsula, et la traduction latine d'A. Paré^s'est servie de ce dernier mot pour désigner et les unes et les autres.
Les férules, on aateUes, sont faites do papiers collés ensemble, ou de bois mince ou délié , ou de cuir, de quoy on fait des semelles aux souliers : ou d'escorce d'arbre , ou lames de fer blanc , ou de plomb, ou d'autre matière semblable, qu'on pourra commodément recouurer : bref, comme dit Auicenne , de matière qui en sa dureté soit douce, et se puisse ployer ». Vray est, que ie conseille qu'on prenne vue matière la plus leg^ere qu'il sera possible de trouuer, de peur que par sa pesanteur elle ne blesse la partie^, comme d'escorce de férule, qui est fort propre, ou papier collé, enueloppé de laine ou de coton ou de linge mollet , de peur qu'on ne fasse douleur. Pareillement faut qu'elles soient de longueur et largeur et en nombre tel qu'il sera nécessaire :
aussi qu'elles soient courbées ou droites, selon que la partie le requerra : et qu'elles ne portent sur les eminences des os, comme sur les cheuilles des pieds , aux genoiiils , aux couldes, et autres parties eminentes, de peur qu'elles ne les blessent : et qu'elles soient plus minces vers leurs extrémités , et plus espaisses vers la fracture. Leur vsage est de tenir fermes les os fracturés ou luxés , à fin qu'ils ne vacillent d'vn costé ny d'autre. Et pour ce faire , ne faut qu'il y ait beaucoup de compresses et de reuolutions de bandes, parce qu'elles seroient tenues trop laschement sous le nombre des reuolutions ou espaisseur des compresses.
Les torches ou ferions, sont faites de
' Cette citation d'Avicenne n'appartient pas à la rédaction primitive de ce livre ; elle n'a été ajoutée qu'en 1579.
^ Le reste de la ptirase manque dans les éditions de 1675 et 1579 , et a été ajouté en
LT. DOVZIEME LIVRE,
bastons de grosseur d'vn doigt, lesquels on enueloppe de paille , puis d'vn demy linceul : et sont appropriés principalement aux iambes et cuisses rompues'.
. 1 C'est ici la première fois qu'apparaît en chirurgie le mot de funons, dont j'ignore absolument la valeur étymologique et l'origine. En 1545, A. Paré ne le connaissait pas ou du moins ne l'employait pas encore; il parle seulement à l'occasion des fractures de jambe des torches de paille, au milieu desquelles, pour plus fermement tenir, l'on mettra vne verge de boys , les rcuoluanl d'un drap : fol. 37 , verso. — L'édition de 1552 n'en dit pas davantage ; celle de loCl dit, toujours pour les fractures de jambe :
Apres les astelles seront appliquées les torches de paille , dans lesquelles faudra mettre des bastons asses menus et forts pour tenir la paille ferme et roide. Aussi faudra enrouler lesdittes torches dans vn drap de linge, et les mettre à dexlre et à senestre du membre rompu, pour le tenir en figure draille, fol. 52.
En sorte que c'est seulement en 1575 que nous rencontrons le mot fenons, transformé depuis en celui de fanons. L'édition latine donne pour équivalents les mots de toruli seu cesiicelli, que j'ai vainement cherchés dans les lexiques de Blancard et de Castelll. Quoi qu'il en soit, A. Paré ne donne pas ce nom comme une chose nouvelle; il semble n'avoir fait que le transporter du langage usuel des chirurgiens de son temps dans la langue écrite, comme il avait fait déjà pour le mot historié. Recherchons maintenant leur origine et leur histoire, et voyons par combien de modifications ont passé les fanons, jadis si fort en usage, et si négligés aujourd'hui.
Le premier auteur qui en parle est Guy de Chauliac. A l'occasion des fractures de cuisse, après avoir exposé les divers appareils d'Albucasis et des chirurgiens italiens, il ajoute : Alii, ut magister Pelrus, cum suslenamcntis faclis de paleis longis secundum longitudinem pcdis involulis cum linieamine et sutura : desuper ligaut cum tribus aut quatuor vitiis. Joubert a traduit littéralement : Les autres, comme uuiistre Pierre, auec deux sous-
Les quesses sont faites de fer blanc ou de bois. Leur Asagc est de tenir les os en bonne figure, et mesniement
icnemcnls faicts de pailles longues selon la longueur du pied, enveloppées d'in linceul cl cousues : lient par-dessus auec trois ou quatre lyssus. Ce serait donc ce maître Pierre qui en serait l'inventeur; du reste, comme on voit, ils n'avaient point encore de dénomination spéciale, et Guy de Chauliac, qui les employait quelquefois, les api)elle un peu plus loin les susdits appuyonents de puille, cum islis appodiamentis de paleis.
Pierre d'Argelala analyse très sèchement le chapitre de Guy, et en conséquence répèle quelques mots de ces soutiens de paille; après quoi il n'en est plus question jusqu'à Paré, qui les décrit avec cette modification inconnue à Guy et qui consiste à placer un petit bàlon au centre.
Il est remarquable que ni Fabrice d'Aqua- |)endente,ni Fabrice de liilden,ni Scultet,ni Wiseman, ne font aucune mention des fanons ; en sorte que jusqu'au xvuf siècle ils semblent être demeurés uniquement dans la pratique des chirurgiens de France. Je les retrouve dans Fournier, L'Economie chirurgicale pour le r' habillement des os du corps humain, 1671, p. 208, déjà sous le nom moderne de fanons, et offrant deux variétés, selon qu'ils sont faicts auec deux basions enueloppcz de paille ou de linge. Tous les chirurgiens de Paris ne les avaient pas même adoptés ; car Lavauguyon et Yerduc les passent absolument sous silence. Enfin Arnaud se déclara en leur faveur dans des cours publics fort célèbres , et dont Leclerc nous a conservé quelques idées ; J.-L. Petit les prit ensuite sous son puissant patronage, cl leur usage ou du moins leur nom se répandit dans presque toute l'Europe. Arnaud les fabriquait avec un pelil drap en double qu'on roule pur les bouts, dans lesquels on renferme de la paille et un petit bdlon au milieu pour les soutenir. Ce n'est pas autre chose que la description donnée par A. Paré. Mais pour supporter le talon, Arnaud avait imaginé ce (ju'il appollait de /'aux fanons, faits sans bâto)i et sans paille dycc une bande d'environ qua- Ire doigts de large roulée à deux globes;
DES BANDAGES. 209
quand le malade r,e fait leuer d'Mi
lit pour se faire porter en vn autre, ou quand il va à ses affaires : et pour
chaque cheville de la jambe portant sur chaque rouleau , et le talon appuyé sur la bande simple entre les deux rouleaux.
J.-L. Petit les décrivit d'une autre manière. Il rapporte l'hisloire d'une fracture de cuisse pour laquelle il employa les fanons, qui ne sont autre chose que deux rouleaux de paille entourés de linge et qui s appliquent de chaque côté le long de la partie. \\s avaient environ deux pouces de diamètre ; la toile qui les enveloppait faisait assez de circonvolutions autour pour que l'inégalité de la paille en fût effacée et qu'ils ne blessassent point les endroits sur lesquels ils pourraient appuyer. Comme on le voit. Petit employait les fanons primitifs de raaitre Pierre, à part le drap qui les réunissait , comme il va être dit : il y joignit ce qu'il appelle à son tour de faux fanons; c'étaient des fanons beaucoup plus mollets, plus garnis de linge, mais qui, non enveloppés d'un même drap, formaient deux cylindres séparés. Ils avaient chacun quatre lacs qui venaient se lier pardessus le membre pour empêcher ces faux fanons de s'écarter. Ils devaient servir, étant placés sous les vrais fanons, à tenir le membre tout entier suspendu sur la toile de ceuxci comme sur un branle, et sans toucher pour ainsi dire au matelas. Petit avait aussi modifié les vrais fanons en ce sens, d'abord qu'ils n'étaient point roulés dans un même morceau de linge, comme c'était la coutume avant lui; mais dans deux linges séparés , dont l'un les unissait depuis la partie qui est au-dessus des condyles du fémur jusqu'en bas, et l'autre depuis quatre doigts au-dessus de la fracture jusqu'en haut ; ainsi il n'y avait point de toile entre eux dans presque toute la partie [postérieure de la cuisse, ce qui, pour une fracture compliquée, facilitait beaucoup les pansements; de plus il les mit dans une situation telle qu'ils étaient un peu en dessous de la grande épaisseur ou du diamètre transversal de la partie, en sorte que le membre était appuyé dessus et non enfermé dedans.
Duverney emploie aussi les fanons; mais
âof)
LE tyoytiàmt livre,
le dire en vn mol, quand il faut appuyer et situer U;s parties (Vacturées et luxées lerinement, delaron qu elles
ce ne sont plus ceux que nous connaissons. Il les veut plais d'abord, pour (lu'ils soient j)ius fermes et ne blessent pas les parties ; pt»ur cela il prend une espèce de tringle faite de bois de liélrc ou de sapin, large de 1 pouce 1/2, épaisse de » à 5 lignes, sur laquelle on roule un bout d'un drap mis en double, que l'on assujettit par quelques points d'aiguille. Ses fanons revenaient à peu près à nos grandes attelles d'aujourd'hui. 11 plaçait en outre sous la jambe, pour lai donner le même volume qu'à lu cuisuc, un drap roulé en Juax J'anon.s ; ceux-ci étaient placés conséquemment en dedans des vrais fanons.
Heisler ne connaît que les fanons de paille , enveloppés à la manière ordinaire, dans \m drap uni(|uc; il leur conserve leur nom français , et , chose remarquable , il ajoute que les plus habiles chirurgiens de son temps leur donnaient la préférence, comme à ce qu'il y a do plus i)roprc à conlenÏF les pièces fracturées.
Nous avons vu jusqu'ici les fanons, d'abord en paille, se munir d'une lige centrale plus solide, et enfin sous les mains de I)u- Verney, se changer en véritables attelles inflexibles ; Dcrlrandi leur lU Subir une autre métamorphose. Il décrit sous le nom de fanon , il fanonc , un dra^ plié en plusieurs doubles avec une toile cirée entre les doubles, et roulé par les bords de manière à former un demi canal. Le corps du fanon est le fond de ce demi canal, les rouleaux sont ses parties latérales.
B. Dell a plus encore écarlé ce mot de sa signification primitive. Fanon et attelle sont pour lui synonymes. Attelles de carton, attelles de bois mince collé sur du cuir, taillées d'ailleurs dans les formes les plus compli- (juées, tout cela est fanon ; des deux attelles de Sharp pour la fracture de la jambe, celle de dessous qui embrasse le genou et le pied, est appelée par liell vrai fanon ; celle de dessus moins étendue , faux /««ti»; c'est une ■ confusion des plus étranges,
(Jq, aclklc de ï ù^Jicydopcdic méihoUtquc,
ne .se puissent mouuoir à dextre ou à .senestre, en haut ni en bas, soit en veillant ou en dormant : aussi qu'elles
emprunté du reste à l'ancienne Encyclopédie, décrit les fanons, en \iil\n J'entlœ tiramineie, coinme étant généralement employés à cette épo(jue, et donne quelques détails nou\eaux sur leur fabrication, l.e bâton central élait de la grosseur du doigt, et la paille était assujettie à l'enlour avec une Jieelle. On se servait aussi des faux fanons de -i.-L. Petit. Kniin, au lieu de garnir de compresses le» intervalles entre les fanons et le membre, dans quelques hôpitaux on se servait de sachets ren)plis de balles d'avoine; innovation qui, comme on le voit, ne reutonte pas bien haut, et dont l'auteur est resté inconnu.
Desautt rejeta les fanons du traitement des fractures , et leur substitua les grandes attelles qu'il croyait avoir imaginées et qui renvonteul à Duvevney et même à Avicenne; il généralisa l'interposition des coussins de balles d'avoine enire l'attelle et le membre. Je remarque que l'expression de drap fu non pour indiquer le drap dans lequel on roule les attelles ne remoule qu'à Desault; je ne l'ai pas trouvée indiqiiée avant lui.
Monteggia a conservé le nom ûQjunons ou roKili lia italien ; mais il désigne ainsi en réalité de Wirges attelles, et se range donc à la suite de Dcsault et de Duverney.
Boyer indique, pour les fanons, la même structure que A. I*aré, pour les faux fanons, le procédé d'Arnaud. M. Sanson a copié au contraire lUchler, qui décrit les fanons tels que je les ai vus encore employés en Pologne ; un rouleau de paille avec une baguette d'osier au centre; et itt. A. Bérard a copié M, àanson. Entln parmi nous Al. Larrey, le dernier défenseur des fanons en France, en est revenu à leur fabrication primitive, c'està-dire à des cylindres de paille serrés fortement avec des ficelles, et du diamètre d'un pouce et demi environ.
J'ai poursuivi jusqu'à nos jours celle histoire des fanons, parce que je ne lai trouvée faite nulle part, et qu'on peut les considérer comme des instruments de la chirurgie du moyen âge , qui n'appartiennent presque plus qu'à l'histoire; et qui du moins ont déjà
©ES BAHDAtJÈS»
ne tombent en bas, et qu'elles ne soient trop liées et serrées , de peur que les humeurs ne courent à la partie blessée, et qu'il n'y suruienne douleur, inflammation, apo teme, gangrené et morlificat on. On peut appeler, selon Hippocrates, les cassoles, torches, et tous autres instrumens qu'on accommode aux fractures pour tenir le membre en figure droite et indouloureuse, Glo>.!focoînes, c'està-dire engins ou machines , lesquels
disparu parmi nous de la pratique générale. J'ajouterai cependant quelques mots sur leur valeur réelle, qui me paraît avoir été trop méconnue, surtout par les partisans des grandes attelles.
Desault surtout a fait une rude guerre aux fanons ; il leur reprochait de glisser en avant ou en arriére, et de laisser ainsi la jambe sans soutien et le pied lîWe de s'incliner en dehors. A cet égard il convient de remarquer que les véritables fanons n'ont jamais servi d'attclfes latérales; que tous les chirurgiens, ou bien ont commencé par placer des attelles sur la jambe où fa cuisse, ou biew, comme Pierre d'Argelata et M. Larrey, oi^t entouré le membre d'un appareil sotidifî'abJ«; et que les fanons^nc servaient qu'à former sous le membre une sorte de canal élastique mais résistant, durit la plus nette expression se trouve dans l'appareil de J.-I>. Petit. Les fanons posant sur le lit ou sur un coussin, enveloppés dans leur linge, ne pouvaient donc glisser en avant ni en arrière ; et De^ffult, qui, en adoptant les grandes attelles âe Duverney et d'Avicenne, a oublié les petites attelles admises en même temps par ces chirurgiens, n'avait certainement pas assez fait pour la solidité de son appareil. Les grandes attelles, trop minces pour poser solidement sur le lit ou sur le coussin, écartées d'ailleurs de la jambe par les sachets de balles d'avoine, glissent facilement dès que les tiens se relâchent, et sont plus aptes à se déranger que les fanons. D'ailleurs elles laissent satis soutien la face postérieure du membre, et sous ce rapport l'appareil de Désunit pèciie au pl«s haut degré. Aujourd'hui
agi
on applique pour tenir les membres en \n estât sans que le malade les puisse remuer aucunement à dextre ou à senestre , haut ou bas , soit en veillant ou en dormant : et pour le dire en vn mot , Glossocomes signifie tous instrumens qui seruent à réduire les fractures ou luxations.
Hippocrates appelle les plumaceauœ les linges de quoi on fait les compresses , et ce qu'il appelle fulcimens , c'est-à-dire appuis qui affer-
elles semblent partager la défaveur qui s'attache aux fanons, et elles cèdent le pas aux appareils solidifiables. Je n'ai pas ici à discuter la question de ces appareils; souvenons-nous seulement qu'ifs étaient déjà employés par les arabistes, et qu'ifs avaîèht été remplacés au xvi<" siècle parles fanons, comme ceux-ci 16 furent vers la fin du xvrii"^ siècle par les attelles, qui elles-mêmes n'étaient pas plus nouvelles; et puisque tour à tour ces appareils ont eu la vogue, puisque certainement tous ont des avantages qui leur sont propres, faisons en sorte, en adoptant ceux qui nous paraissent préférables, de ne pas rejeter les autres dans un si complet oubli, alin que l'expérience des temps passés ne soit point perdue, et que la science ne soit pas condamnée à marcher toujours dans le même cercle où elle s'agite depuis plus de deux mille ans.
Voyez Leclerc, Chirurrjie coniptcte, édit. de 1731), p. 349 et 351; — J.-L. Petit, Mat. des os. édit. de 1758, t. II, p. 204 et :209; — Duverney, Mal. des os, t. I, p. 143 et 146; — Heister, Inst. de cfiir., trad. franc. in-S», t, I, p.35Ô;— Éertrandi, Malaltie délie ossa, p. 124;— B. Bell, Cours de chir., trad. ffatrçaise, t. VI, p. 286 et suiv.; — EncycL mélliod., chirurgie, art. /-«non*; — Desault, OEnvres posthumes, t. I, p. 275;— :Monleggia, Isiiiuzioni chir., édit. de 1830, in-12, t. IV, p. 46; — Boyer, Mal. chir.;— Sanson , art. Fraciures du Dicl. de méd. et chir. prat. ; — A. Bérard, art. Fraciures du Dicl. de méd. en 2.'> vol.; — et enfin Hipp. Larrey, Traimciii des fractures des membres par l'appareil inamovible, thèse inaug., p. 8.
LK UOVZIEME LIVllE.
missent , comme font les bandes , compresses , canaux , astclles, et antres choses qui appuient 1.
Ceux qui lu; sont encore exercés en la pratique de Chirurgie ne peuuent honnement entendre ces choses : car il est très difficile de mettre par escrit la diuersilé des bandes, compresses, astelies, férules, et autres choses qu'on fait par la main. Mais il faut imaginer ce qui en est icy escrit, et aussi auoir veu besongner les bons maistres auparauant que d'y pouuoir bien mettre la main. Et m'asseure que ceux qui auront pratique et veu pratiquer prendront grand plaisir en ceste lecture , parce que ce qu'on v-oit par les sens est plus croyable que ce qu'on comprend par raison.
Toutesfois i'aymis peine, non seulement en cest endroit mais par tous mes escrits, d'enseigner et exposer aux jeunes Chirurgiens le plus clairement ciu'il m'a esté possible , leur mettant quasi l'image des choses deuant les yeux.