‹ OEuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 211 sur 511 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

CVRE PARTICVLIERE DES LVXATIONS ' ET PARTICVLÏEREMENT DE LA MANDI- BVLE INFERIEVRE.

En la mandibule inférieure se fait luxation : ce qui aduient souuent en baaillant et ouurant grandement la bouche. Et icelle se fait en la partie antérieure, et peu souuent en la postérieure, à cause des deux additamens mammiilaires , qui l'engardent estre reculée en arrière.

Elle se fait en deux manières , à sçauoir, seulement d'vn costé, et quelquesfois des deux.

Le signe qu'elle n'est deloiiée que d'vn costé, c'est qu'elle est tournée de trauers,etle costé dont elle est luxée se monstre plus plat et caue, et celuy de la partie saine plus esleuéet auancé : et la bouche du malade demeure ouuerte , ne la pouuant fermer , ni mascher les viandes : et les dents sont plus auancées en deuant, que celles de la mandibule supérieure et aussi ne sont à l'endroit de leurs pareilles : au contraire les canines se rencontrent sous lesincisiues , et la partie deloiiée et le menton sont tournés et inclinés vers le costé qu'elle n'est deloiiée.

Les signes qu'elle est deloiiée des deux costés, sont, qu'elle pend sur la poitrine , et tout le menton s'auance en deuant, et par dessus la maschoire on voit les muscles temporels tendus, et la saline coule de la bouche du malade, ne la pouuant retenir : et ne peut fermer la bouche , ny remuer la langue pour parler, mais balbutie.

Lorsqu'elle est luxée des deux costés, elle est plus difficile quel^quand

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elle n'est que d'vn costé, et pareillement les accidens sont plus grands.

Parquoy elle doit eslre soudainement remise, ou autrement le malade tombe en extrême douleur, fiéure , inllammation autour de la gorge , est en danger de mort, et le plus souuenl en dix iours , plus ou moins , selon l'habitude du corps : à raison (comme dit monsieur Dalechamps) des cinq rameaux de neris qui viennent de la seconde et cinquième coniugation du cerucau, qui se distribuent aux muscles qui la font mouuoir : au moyen de quoi lors qu'ils sont violenlement eslendus, causent les accidens susdits Les praticiens tiennent qu'en douze îours, après estre réduite, elle est assurée de non plus retomber.

Et où elle aura esté quelque temps sans estre réduite, faut vser de remèdes rcmollitifs et relaschans , comme f(mienlalions, iinimens, cataplasmes , et siunblables choses qui ont vertu de ce faire. Et après la réduction faite, on y appliquera vn médicament fait de blancs d'œufs et huile rosat, pour seder la douleur : et les c^xnpresses seront trempées en oxycrat : et au second appareil on y en mettra vn autre, qui aura puissance d'agglutineret reserrer les ligamens et autres parties qui auront esté relaschées, à fin aussi que la partie remise soit tenue immobile, et soit astrainte.

Exemple.

If. Put. boli armen. sang. drac. farina; volatil, maslich. picis resinaî ana 5 . ft . AU)um. ouor. q. s.

Fiat nicdicam.

Et après on pourra vser de Templaslre:dù/c/ia'rJ'cos fondue en huile rosal et vn peu de vinaigre, et autres qu'on verra; eslre nécessaires.

ME LIVRE

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