CHAPITRE XVI
LA MANIERE DE REDVIRE L'eSPINE LVXÉE EN LA PARTIE EXTERIEVRE.
Pour réduire les vertèbres gibbeuses , c'est-à-dire , luxées en la partie extérieure , faut situer le malade sur vue table, le mettant sur le ventre, et le faut estendre au long- d'icelle, et le lier commodément par dessous les aisselles et au dessus des hanches, auec la tierce partie d'vne nappe. Pareillement luy faudra lier les cuisses et les pieds : puis sera tiré en haut et en bas, et estendu le plus qu'on pourra , sans toutesfois grande violence :
car où telle extension ne se feroit , il seroit impossible de réduire la vertèbre luxée, à cause des apophyses qui sont receues et reçoiuent pour s'entretenir les vues l-'s autres. Apres l'extension deuëment faite , le Chirurg^ien poussera de ses mains en dedans la vertèbre qui fera eminence.
Et si on ne la peut réduire en ceste manière , il faut enuelopper auec du linge deux basions de grosseur d'vn doigt, et de longueur de quatre , plus ou moins, et les appliquer aux coslés des vertèbres luxées, et presser seulement sur icelles , pour les ietter dedans leur apophyse articulatoire , ainsi qu'il t'est demonstré par ceste fiffure'.
• Je n'ai trouvé ce procédé dans aucun auteur antérieur ni même contemporain ; en sorte qu'on peut en rapporter l'invention à Paré. Il est fort douteux cependant que jamais on soit parvenu par ce moyen à réduire une luxation des vertèbres; bien plus, la luxation des vertèbres dorsales est encore à observer.
LE QVATORZItME LIVRE ,
Et ne faut toucher ny presser sur les apophyses qui sont au milieu , de peur qu'on ne les rompe.
On connoistra la vertèbre estre réduite, quand elle sera égale aux autres qui luy sont proches. Apres la réduction faut lier et presser la partie , et y mettre des astelles ou platines de plomb accommodées à ce faire : lesquelles seront si bien appropriées, qu'elles ne pressent nullement sur l'areste desspondyles, mais seulement aux costés. Aussi faut faire situer le malade sur le dos , et y tenir longuement les astelles, de peur qu'il ne se face réitération de luxation.