DE LA LVXATION DES COSTES
Les costes par vne grande contusion se peuuent desioindre et luxer aux costés des vertèbres où elles sont iointes, et estre poussées au dedans :
dequoy les anciens n'ont point parlé:
toutesfois ils confessent que tous les os en gênerai se peuuent peruertir de leurs iointures.
Le signe qu'elles sont luxées aux coslés, est qu'auec les doigts on trouue vne inégalité, à sçauoir, cauité d'vn costé , et exluberance de l'autre : et lors qu'elles sont poussées au dedans , on trouue vne cauité au lieu où elles adhèrent aux vertèbres.
Telles luxations causent plusieurs et diuers accidens, à scauoir, difficulté de respirer, à cause que leur mouuementest empesché, ioint aussi que le malade ne se peut ployer et dresser. Et pour la contusion faite
sur icelles, la chair contuse dénient boursouflée, pituiteuse, muqueuse, et gîuiineuse, pour les raisons qu'auons decl arées en la fracture d'iccUes.Doncques pour obuier à tels accidens, ùnit promptement faire la réduction, puis on remédiera à ceste boursouflcure.
Si la luxation est faite au costé supérieur des vertèbres, on fera tenir le malade debout, ayant les bras suspendus à quelque porte ou fenestre :
puis on comprimera sur reminenco de la coste luxée, tant qu'elle soit réduite en son lieu. Au contraire , si la luxation est faite du costé inférieur, faut que le malade se ployé, ayant les mains sur les genoux : puis le Chirurgien poussera sur l'eminence tant qu'elle soit réduite. Et si la luxalion est faite en la partieinterieure, il n'est possible qu'elle soit réduite par la main du Chirurgien, non plus que la luxalion des vertèbres faite en dedans, pour les raisons susdites.